Léon Bloy – Projet d’Oraison funebre

C’est à peine si quelques-uns savent qu’il vient de mourir. Quand la multitude de ceux qui se croient vivants apprendra sa mort, il y aura sûrement dans les journaux de vives jérémiades clichées sur le grand écrivain défunt «qu’on a eu la douleur de perdre», après l’avoir si bassement détesté pendant sa vie.

Ces lamentations univoques et professionnelles seront ramassées à la pelle, comme la terre des cimetières, par les fossoyeurs de la chronique, jusque sous les pieds de «l’ami de la dernière heure», romancier saumâtre et vulpin, qui avait besoin de cette réclame et qui confisqua son agonie, lui faisant la mort plus amère.

Contentons-nous de le nommer simplement Lazare, ce décédé dans la plus parfaite indigence, qui avait le droit de porter l’une des plus larges couronnes comtales de l’Occident.
- Je suis, disait-il, de la race des Êtres qui font l’honneur des autres hommes.

Il ne voulut donc jamais qu’on lui parlât d’une «autre patrie que l’exil» et la vie, par conséquent, fut merveilleusement chienne pour ce pauvre diable sublime.

Un peu plus tard, lorsque se seront éteintes les flammes postiches de la canicule des admirations après décès, – un peu ou beaucoup plus tard, – je parlerai de cette mort dont la tristesse et l’horreur, avec soin dissimulées, sont difficilement surpassables.

Car j’ai fort à dire, je vous assure, et la matière noire surabonde.

Tel n’est pas aujourd’hui précisément mon dessein. Je voudrais seulement, à propos de ce Lazare que tout le monde a le droit de supposer imaginaire, vérifier à la clarté d’un déplorable flambeau, l’adage le plus décisif sur les vieilles aristocraties que la Révolution croit avoir tuées.

«Tout homme est l’addition de sa race». Ainsi fut condensée, comme sur une lame d’airain, par le philosophe Blanc de Saint-Bonnet, toute l’expérience des siècles.

C’est-à-dire qu’à l’extrémité du dernier rameau d’un grand arbre élu par la foudre, pend toujours un fruit de délectation ou d’épouvante en qui l’essence précieuse fait escale avant de disparaître à jamais.

Quand il s’agit d’une sève glorieuse, comme dans le cas de notre Lazare, le douloureux être chargé de tout assumer, n’est pas seulement le support unique des splendeurs ou des misères, des joies divines ou des deuils profonds, des abaissements ou des triomphes accumulés par tant d’ancêtres. Il faut encore qu’il porte le Rêve de tout cela, qu’il le porte dans le long, l’interminable désert, «de l’utérus au sépulcre», sans qu’une âme puisse le secourir ou le consoler.

Il lui faut subir le miraculeux et redoutable héritage d’une poitrine houleuse de tous les soupirs des générations dont le nom même agonise…

Et ce n’est pas tout, – ô mon Dieu ! – car voici le gouffre des douleurs.

 

***La destinée de Lazare fut si extraordinaire que sa vie parut comme un raccourci de l’histoire même de la Race altière dont il était la suprême incarnation.

Une espèce d’analogie me fera peut-être comprendre.

Vous rappelez-vous ces chronologiques épitomés qu’infligèrent à notre enfance des pédagogues inassouvis de malédictions ? Chaque époque est condamnée à respirer entre quatre pages étroites, en ces opuscules suffocants où les événements les plus éloignés, les plus distincts, sont empilés et pressés à la manière des salaisons dans la caque d’un exportateur.

Charlemagne y compénètre Mérovée, les premiers Valois ne font qu’un mastic avec les Valois d’Orléans ou les Valois d’Angoulême, Henri III crève les côtes à Charles le Sage, François Ier s’aplatit sur Louis le Gros, Ravaillac assassine Jean Sans Peur et c’est à Varennes que Louis XIV a l’air de signer la Révocation de l’Édit de Nantes, etc. Tout recul est impossible et le chaos indébrouillable.

Lazare, dernier du nom, et n’ayant plus rien devant lui que le Goujatisme grandissant de la fin du siècle, était lui-même, en quelque manière, un de ces terribles abrégés.

Incapable de s’ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre coeur, tel que, dans son antre, un dragon d’avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.

Il portait vraiment en lui les âmes de tous les grands de sa Maison et la liste en était longue. Il confabulait avec leurs ombres, ne cherchant pas irrespectueusement à les démêler, bien au contraire, et finissant par être heureux de ne plus savoir ce qui revenait, en bonne justice, à chacune d’elles.

Il était, d’ailleurs, un de ces rares adeptes qui nient la mort, se persuadant que l’autosurvie est un acte simple de la volonté, et qu’il est incomparablement plus facile de s’éterniser que de finir.

Selon lui, la mort dont parlent tant les imbéciles n’était qu’une imposture, une insoutenable imposture inventée par les fabricants de couronnes et les marbriers.

Il avait même écrit, pour son usage personnel, une fantaisie, – hégélienne, hélas ! – sur cet objet, en vue d’établir qu’êtres et choses ne peuvent avoir d’autre maintien devant l’Infini que celui qu’il plaît à notre conscience de leur accorder.

Il vivait donc au milieu d’un groupe superbe dont il avait, depuis longtemps, obtenu la résurrection, – nullement ému d’aboucher ensemble des guerriers ou des magistrats séparés par toute la largeur des siècles, et dont la personnalité même se perdait pour lui dans l’admirable cohue des individus de son sang.

 

***L’existence infernale de cet homme est suffisamment connue. On en fait une légende merveilleuse, quoique les circonstances bizarres, dont l’imagination de quelques-uns l’a surchargée malicieusement, aient été beaucoup plus rares, en réalité, qu’on ne le suppose.

Le trouble célèbre de son esprit n’était, au fond, que le trouble de sa pauvre âme et c’était, comme cela, bien assez tragique.

J’ai dit que sa vie se trouva configurée à l’Histoire même de sa Race et que tel fut le principe de douleurs sans nom. Mais comment faire entendre un pareil langage ?

Cette histoire qui est juste au centre de l’Histoire universelle et qu’on apprend si mal dans les écoles, était, en lui, tout à fait vivante et contemporaine. Elle le brûlait, le dévorait comme une flamme furieuse dont il eût été l’aliment dernier.

Dans la flagrance des tortures, ses moindres gestes récupéraient aussitôt les gestes anciens de la Lignée quasi royale tout entière qui mourait debout dans les ventricules de son coeur.

Très peu le comprirent, et ceux-là, que pouvaient-ils pour un si grandiose malheureux ? Dieu lui-même, le Dieu Moloch ne voulant plus d’aristocratie, l’holocauste s’imposait.

Le génie littéraire lui avait été donné par surcroît, mais ce fut la broutille de son supplice.

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Qu’ils avaient été beaux les commencements ! On avait vingt ans, on éblouissait les hommes et les femmes, toutes les fanfares éclataient sur tous les seuils, on apportait au monde quelque chose de nouveau, de tout à fait inouï que le monde allait sans doute adorer, puisque c’était le reflet, l’intaille fidèle des primitives Idoles.

Qu’importait qu’on fût très pauvre ? N’était-ce pas une grandeur de plus ? On avait, d’ailleurs, une besace pleine de fruits qui ressemblaient à des étoiles, ramassés à pleines mains dans la forêt lumineuse, et on ne doutait pas de l’Espèce humaine.

Mais on s’aperçut un jour que le peuple, dégoûté du pain, réclamait à grands cris des pommes de terre, qu’il voulait qu’on lui frottât la plante des pieds avec le gras des petits boyaux des Princes de la Lumière, – et ce fut le commencement de l’agonie qui dura trente ans.

Elle eut trop de témoins pour qu’il soit nécessaire de la raconter. Le courage, d’ailleurs, me manque. Je ne me réserve, comme il fut dit un peu plus haut, que la dernière et suprême phase très ignorée, celle-là, très profondément ignorée, je vous assure, et dont je veux être le divulgateur implacable.

Nous verrons alors la couleur du front d’un certain pontife.

 

Léon Bloy – Le Parloir des Tarentules

Ce fut chez Barbey d’Aurevilly, en 1869, au temps de ma jeunesse radieuse, que je rencontrai ce poète. Il m’intéressa tout de suite par ses cheveux et son coup de gueule.

C’était un hirsute blanc dont le port de tête continuel semblait un défi à tous les tondeurs. Bien qu’il eût à peine quarante ans, l’épaisse toison couleur de neige qu’il secouait dans les vents lui donnait, à quelque distance, l’aspect d’un Saturne pétulant ou d’un Jupiter de la panclastite prématurément vieilli par un abus incroyable des carreaux de la volupté.

La mauvaise petite figure de brique pilée, qu’il exhibait sous les flocons, se manifestait plus bouillante et plus cuite chaque fois qu’on la regardait.

Son agitation chronique l’étonnait lui-même :
- Je suis le Parloir des tarentules ! criait-il de sa voix de promis à la camisole, qui faisait presser le pas aux petites ouvrières, dans la rue.

Il avait toujours l’air d’un Samson faisant éclater les cordes ou les entraves dont les Philistins naïfs auraient prétendu le fagoter pendant son sommeil.

L’infortuné d’Aurevilly, qui devait un jour succomber aux trames d’une araignée noire de l’occultisme languedocien, ne haïssait point d’attiser la rage de ce métromane volcanique, décidément incapable d’accepter une considération, même distinguée, qui n’eût pas été la première, ou mieux encore, l’exclusive considération.

Damascène Chabrol avait été médecin, ou plutôt il l’était toujours, car on dirait que la médecine imprime caractère aussi bien que le Sacerdoce. Mais, n’ayant pas absolument besoin de gagner sa vie, il s’était, de très bonne heure, dégoûté de purger des négociants ou d’analyser leurs sécrétions. En conséquence, il avait lui-même vomi sa clientèle, – pour ne pas employer un terme plus fort dont il faisait un fréquent usage, – et s’était généreusement acharné à la plus intensive culture des vers.

Je crus, dans le temps, qu’il n’était pas tout à fait indigne de pincer la lyre et, si ma mémoire est fidèle, ce fut l’opinion de quelques autorités.

Dieu sait ce que j’en pourrais penser aujourd’hui ! Mais la vie est si courte, hélas ! et de durée si peu certaine, que je craindrais vraiment d’élimer le tissu précieux de mon existence en recherchant, sous les poussières accumulées de vingt-cinq ans, les deux ou trois recueils oubliés qu’il publia.

J’ajoute qu’en supposant même du génie à ce disparu, nul poème écrit de sa main ne pourrait encore égaler l’inégalable poème de la nuit que nous passâmes ensemble chez lui, rue de Fleurus, quatre jours avant sa terrible mort, et qui ne fut pas, – je vous prie d’en être inébranlablement persuadés, – une nuit d’amour.

 

***Trois passions fauves habitaient en lui. Les petites femmes, les grands vers, et le désir de la gloire.

Chacune d’elles ayant les caractères indéniables du paroxysme, je n’ai jamais bien compris comment elles pouvaient subsister ensemble et surtout la première avec les deux autres.

C’était une chose funèbre que l’emportement de cet homme, semblable à un patriarche possédé, vers les souillons et les guenillons adorés de feu Sainte-Beuve qui, du moins, n’avait rien de patriarcal, et ce fut un bienfait du Second Empire que la violence de ses fantaisies soudaines ait toujours pu s’amortir dans les garnos circonvoisins ou dans les taillis du Luxembourg, sans fâcheux esclandre.

Dans les intervalles de ces crises, et en attendant que le bouc repoussât en lui, il se jetait à la copie, se précipitait dans le tourbillon des souffles inspirateurs, comme le pétrel dans l’ouragan.

Et c’était alors une cohue de visions, de demi-visions, d’éclairs de chaleur, d’éclipses totales, de blasphèmes gesticulés contre la voûte irresponsable du firmament et d’invocations familièrement chuchotéees à l’oreille de tous les démons, jusqu’au moment où il se vautrait sur son tapis en grinçant des dents, tordu par des convulsions d’épileptique.

Difficilement on s’introduisait chez lui. Il semblait toujours avoir peur que quelque chose de subtil, d’infiniment rare et précieux, ne s’évadât par la porte ouverte, ne descendît l’escalier, ne passât devant le morne concierge et n’allât se profaner parmi la honte infinie des chiens de la rue…

En conséquence, il n’ouvrait pas quand on frappait, ou s’il ouvrait, c’était à peine, maintenant la porte à un millimètre du chambranle et, de sa main libre, dessinant de grands gestes silentiaires, comme s’il y avait eu, dans sa demeure, un agonisant sublime dont il eût été nécessaire à l’équilibre des univers de ne pas rater le dernier soupir.

Et si l’arrivant, non effarouché par les yeux de flamme du solitaire, voulait passer outre, malgré cet étrange accueil, il ne pouvait jamais s’introduire avec trop de rapidité, et la porte, à l’instant même se refermait en coup de vent, comme un piège à rats sur un musaraigne. Témérité rare dont peu d’hommes, je vous en réponds, furent capables.

Le redoutable Damascène, alors, à demi courbé, se frottait les mains, la pointe en bas et les paumes tout près du menton, exprimant ainsi l’allégresse d’un cannibale sûr de sa proie.

Et la fanfare de ses récriminations éclatait pendant une heure. Il devenait un torrent de plaintes dont on entendait, d’abord, le grondement sourd et la grandissante rumeur quand il arrivait, au loin, des montagnes bleues ; puis le rauque mugissement, de plus en plus clair, qui s’épandait à la façon d’une nappe immense ; et enfin, le fracas énorme des dislocations, des écroulements qu’il apportait, de toutes les clameurs confondues.

Il en avait fameusement sur le coeur, allez ! Et je suppose qu’il aurait fallu la mort pour qu’il cessât de vociférer, jusque pendant son sommeil, contre les éditeurs, les journaux, l’Académie, les sociétaires de la Comédie-Française et, en général, contre toute la clique humaine qui s’obstinait à ne pas le récompenser.

 

***Peut-être avait-il raison. Je vous répète que je n’en sais rien et que je ne veux pas le savoir. Je suis assez ivre déjà de mes propres indignations, sans avoir besoin de me soûler de celles des autres.

J’arrive au poème de cette nuit, fameuse entre toutes, qui ne fut pas une nuit d’amour.

Très exceptionnellement, Damascène Chabrol m’avait invité par lettre à venir chez lui, non pour dîner, ce qui n’eût été que salutaire et, par conséquent, archi-banal, mais pour entendre la lecture d’un de ses drames, ce qui me parut dangereux et fort effrayant.

Sa lettre, d’ailleurs, beaucoup plus comminatoire que fraternelle, ne pouvait me laisser aucun doute sur la gravité du cas. Il exigeait absolument que je fusse exact, déclarant que la justice le voulait ainsi.

Cette forme d’invitation ne me révolta pas. Ma curiosité vivement émue établit aussitôt l’accord entre la justice et ma volonté. Je fus exact et voici tout net ce qui arriva.

Dès le premier coup, la porte s’entrouvrit et je fus introduit selon le rite mentionné plus haut.

Damascène était plus calme que je n’eusse osé l’espérer. Il était même prodigieusement calme et je ne pus m’empêcher de le comparer à un opérateur ou à un bourreau sur le point de fonctionner. Analogie dont j’étais infiniment loin de soupçonner la rigueur.

Deux grogs étaient préparés et, sur la table, grand ouvert devant l’une des deux chaises, le manuscrit redoutable s’étalait.

Le temps était doux, par bonheur. S’il avait fait trop froid ou trop chaud, je pouvais très bien mourir cette nuit-là, les plus claires précautions ayant été prises pour que je comprisse l’inutilité absolue d’une tentative d’interruption, quelque courte et légitime qu’elle fût.

- La Fille de Jéphté ! drame biblique en cinq actes, commença-t-il, me fixant d’un oeil implacable.

L’exercice, d’abord, ne me déplut pas. Le lecteur avait une voix bizarre de gastralgique, s’élevant sans effort des basses profondes aux notes enfantines les plus aiguës. Il parlait ainsi et jouait véritablement son drame, multipliant les gestes jusqu’à se précipiter à genoux pour une prière, quand la situation l’exigeait. Curieux spectacle qui m’amusa pendant une heure, c’est-à-dire pendant tout le premier acte seulement ; car le monstre poussait la conscience jusqu’à recommencer plusieurs fois des scènes entières dont il craignait de ne m’avoir pas fait sentir toute la beauté, sans qu’aucune admirative protestation pût le rassurer.

Au deuxième acte, la mimique ayant perdu le charme de l’imprévu, je m’avisai d’écouter véritablement.

C’était lamentable. Imaginez le poncif le plus poussiéreux, le plus culotté, le plus crasseux, le plus fétide. Un amalgame effrayant de Racine, du bonhomme Gagne et de Désaugiers. Je me rappelle un interminable discours de son impossible Juge sur l’agriculture et l’économie sociale…

Vers la fin du troisième, je feignis un besoin subit de l’espèce la plus vulgaire, espérant ainsi gagner la porte de l’escalier. Cet homme nuisible m’accompagna…

Il fallut tout avaler et cela dura jusqu’à minuit. J’étais presque aussi sacrifié que la fille elle-même du Libérateur d’Israël.

 

***Mais que devins-je, lorsque m’élançant sur mon chapeau, Damascène me dit ces mots qui me parurent tirés de l’Apocalypse :
- Oh ! ne vous pressez pas, nous n’avons encore rien lu. Je ne vous lâche pas avant que vous n’ayez entendu mes sonnets.

Un ignorant de la langue française aurait pu croire qu’il m’offrait une tasse de chocolat. Or, il m’annonça quinze cents sonnets, plus de vingt mille vers ! et sa voix, loin d’être affaiblie par le précédent effort, était maintenant plus claire, plus fraîche, mieux entraînée, capable, semblait-il, de tromboner jusqu’à la chute, si malencontreusement ajournée, du ciel.

Que faire ? Il m’était démontré que je ne pourrais sortir que sur le cadavre de cet enragé et je n’avais pas alors, comme depuis, l’habitude vénielle de tremper mes mains dans le sang.

Je me rassis, étouffant un râle de désespoir.

Cinq minutes plus tard, je dormais profondément. Le carillon d’une clarine alpestre, vivement agitée à mon oreille, me réveilla.
- Ah ! Ah ! vous dormez, je crois, me dit mon bourreau.
- Mon Dieu ! répondis-je, je dors, sans dormir… J’avoue que je sens un peu de fatigue.
- Très bien, je connais ça.

Il ouvrit alors son tiroir, en tira un revolver qui me parut de dimensions anormales, l’arma soigneusement, le posa sur la table sans lâcher la crosse et, reprenant de la main gauche son manuscrit, ajouta simplement :
- Je continue !…

Ce supplice dura jusqu’au lever du soleil. À ce moment, il se leva mécaniquement, ferma son accordéon et me déclara qu’il allait prendre le train.
- Je vais voir papa, m’expliqua-t-il.

Quelques heures plus tard, il giflait son père âgé de soixante-quinze ans, en arrivant à Orléans, et se jetait, aussitôt après, dans un puits du fond duquel on le retira fou furieux pour l’enfermer dans un cabanon où il mourut en pleine frénésie, le surlendemain.

À mon extrême surprise, j’héritai d’une partie considérable de sa fortune et c’est avec son argent – si on tient à le savoir – que je me suis tant amusé de vingt-cinq à trente, comme chacun sait.

 


Léon Bloy – La Religion de M. Pleur

Généralement, les individus
qui ont excité mon dégoût en ce
monde étaient des gens florissants
et de bonne renommée. Quant aux
coquins que j’ai connus, et ils ne
sont pas en petit nombre, je pense
à eux, à eux tous sans exception,
avec plaisir et bienveillance.
THOMAS DE QUINCEY

L’aspect de ce vieillard fécondait la vermine. Le fumier de son âme était tellement sur ses mains et sur son visage qu’il n’eût pas été possible d’imaginer un contact plus effrayant. Quand il allait par les rues, les ruisseaux les plus fangeux, tremblant de refléter son image, paraissaient avoir l’intention de remonter vers leur source. Sa fortune, qu’on disait colossale et que les bons juges n’évaluaient qu’en pleurant d’extase, devait être cachée dans de furieux endroits, car nul n’osait hasarder une ferme conjecture sur les placements financiers de ce cauchemar. Il se disait seulement que, diverses fois, on entrevit sa main de cadavre dans certaines manigances d’argent qui avaient abouti à des débâcles sublimes dont quelques éleveurs de grenouilles le supposaient artisan. Il n’était pas juif, cependant, et lorsqu’on le traitait de «vieille crapule» il avait une manière douce de répondre : Dieu vous le rende ! qui faisait courir, sur l’échine des plus roublards, un léger frisson. L’unique chose qui parût certaine, c’était que ce guenilleux effroyable possédait une maison de haut rapport dans l’un ou l’autre des grands quartiers excentriques. On ne savait pas exactement. Il en possédait peut-être plusieurs. La légende voulait qu’il couchât dans un antre obscur, sous l’escalier de service, entre le tuyau des latrines et la loge du concierge que ce voisinage idiotifiait. Ses quittances de loyer étaient, m’a-t-on dit, délivrées, par économie, sur des déchirures d’affiches que des locataires pleins d’entregent revendirent à des collectionneurs astucieux. On racontait aussi l’histoire, devenue fameuse, d’une soupe fantastique trempée régulièrement le dimanche soir et qui devait le nourrir toute la semaine. Pour ne pas brûler de charbon, il la mangeait froide six jours de suite. Dès le mardi, naturellement, cette substance alimentaire devenait fétide. Alors, avec les révérencieuses façons d’un prêtre qui ouvre le tabernacle, il prenait, dans une petite armoire scellée au mur et qui devait contenir d’étranges papiers, une bouteille de très vieux rhum vraisemblablement recueillie dans quelque naufrage. Il en versait des gouttes rares dans un verre minuscule et se fortifiait à l’espoir de les déguster aussitôt après avoir englouti son cataplasme. L’opération terminée :
- Maintenant que tu as mangé ta soupe, disait-il, tu n’auras paston petit verre de rhum ! Et déloyalement, il reversait dans la bouteille le précieux liquide. Recommandable finesse qui réussissait toujours, depuis trente ou quarante ans.

***Jamais un spectre ne parut être aussi complètement dénué de style et de caractère. Il avait beau ressembler par ses haillons, et sans doute, par quelques-unes de ses pratiques, aux youtres les plus conspués de Buda-Pesth ou d’Amsterdam, l’imagination d’un Prométhée n’aurait pu découvrir en lui le moindre linéament archaïque. Le surnom de Schylock, décerné par de subalternes imprécateurs, révoltait comme un blasphème, tellement cet avare n’exprimait que la platitude ! Il n’avait de terrible que sa crasse et sa puanteur de bête crevée. Mais cela encore était d’un modernisme décourageant. Son ordure ne lui conférait la bienvenue dans aucun abîme. Il ne réalisait, en apparence du moins, que le BOURGEOIS, le Médiocre, le «Tueur de cygnes», comme disait Villiers, accompli et définitivement révolu, tel qu’il doit apparaître à la fin des fins, quand les Tremblements sortiront de leurs tanières et que les sales âmes seront manifestées au grand jour ! S’il pouvait être innocent de prostituer les mots, il aurait fallu comparer M. Pleur à quelque horrible prophète, annonciateur des vomissements de Dieu. Il semblait dire aux individus confortables que dégoûtait sa présence :
- Ne comprenez-vous pas, ô mes frères, que je vous traduis pour l’éternité et que mon impure carcasse vous reflète prodigieusement ? Quand la vérité sera connue, vous découvrirez, une bonne fois, que j’étais votre vraie patrie, à tel point que, venant à disparaître, la pestilence de vos esprits me regrettera. Vous aurez la nostalgie de mon voisinage immonde qui vous faisait paraître vivants, alors que vous étiez au-dessous du niveau des morts. Hypocrites salauds qui détestez en moi le dénonciateur silencieux de vos turpitudes, l’horreur matérielle que je vous inspire est précisément la mesure des abominations de votre pensée. Car enfin, de quoi pourrais-je donc être vermineux, sinon de vous-mêmes qui me grouillez jusqu’au fond du coeur ? Le regard du drôle était particulièrement insupportable aux femmes élégantes qu’il paraissait exécrer, les fixant parfois d’un rayon plus pâle que le phosophore des charniers, oeillade funèbre et visqueuse qui se collait à leur chair, comme la salive des brucolaques, et qu’elles emportaient en bramant d’effroi.
- N’est-il pas vrai, mignonne, croyaient-elles entendre, que tu viendras à mon rendez-vous ? Je te ferai visiter ma fosse gracieuse et tu verras la jolie parure d’escargots et de scarabées noirs que je te donnerai pour rehausser la blancheur de ta peau divine. Je suis amoureux de toi comme un chancre, et mes baisers, je t’assure, valent mieux que tous les divorces. Car vous puerez un jour, ma souris rose, vous puerez voluptueusement à côté de moi, et nous serons deux cassolettes sous les étoiles…

***Mais il eût été difficile, encore une fois, malgré ce regard atroce, de donner un signe qui pût être appelé caractéristique de ce M. Pleur. La voix seule, peut-être, – voix d’une douceur méchante et qui suggérait l’idée d’un impudique sacristain chuchotant des ignominies. Il avait, par exemple, une manière de prononcer le mot «argent» qui abolissait la notion de ce métal et même de sa valeur représentative. On entendait quelque chose comme erge ou orge, selon le cas. Souvent aussi, on n’entendait rien du tout. Le mot s’évanouissait. Cela faisait une espèce de pudeur soudaine, une draperie tombant tout à coup au-devant du sanctuaire, une crainte inopinée de paraître obscène en dépoitraillant l’idole. Imaginez, si la chose vous amuse, un sculpteur fanatique, un Pygmalion sanguinaire et doucereux, cherchant avec vous le point de vue de sa Galathée, et vous faisant reculer sournoisement jusqu’à une trappe ouverte pour vous engloutir. C’était si fort, cette passion jalouse pour l’Argent, que quelques-uns s’y étaient trompés. On avait attribué d’horribles vices à ce dévot impénitent de la tirelire et du coffre-fort, – soupçons injustes mais accrédités par quelques exégètes savants de la vie privée d’autrui qui l’avaient surpris en de mystérieux colloques de trottoir avec des femmes ou des enfants. Son culte s’exprimait parfois en de telles circonlocutions extatiques, le baveux éréthisme de sa ferveur atténuait si étrangement sa physionomie de fossoyeur calciné, et de si déshonnêtes soupirs s’exhalaient alors de son sein, que les vases de moindre élection dans lesquels il laissait tomber sa rare parole, étaient excusables, après tout, de ne pas sentir passer, entre eux et lui, l’hypocondriaque majesté de l’Idolâtrie.

***On me dispensera, je veux l’espérer, de faire connaître les raisons d’ordre exceptionnel qui déterminèrent un commerce d’amitié entre moi et ce personnage sympathique. J’étais jeune, alors, très jeune même, et facilement accessible à l’enthousiasme. M. Pleur se fit un plaisir de m’en saturer en se dévoilant à moi. Je crois être le seul qui ait reçu ses confidences. J’ajoute que ce souvenir m’a fort aidé à supporter une destinée plus que chienne et, le personnage étant mort, il y a bien longtemps déjà, ma conscience me presse, aujourd’hui, de témoigner en faveur de ce méconnu. Quelques hommes de ma génération peuvent se rappeler sa fin tragique, arrivée dans les dernières années de l’Empire, et qui fit un assez grand bruit. L’assassinat, dont les gazettes m’apportèrent les détails jusqu’aux environs du Cap Nord, était assurément de l’espèce la plus banale et les chenapans qui le perpétrèrent étaient peu dignes, il faut l’avouer, de la célébrité qu’ils obtinrent. Le vieillard avait été simplement étranglé sur sa couche nidoreuse par des bandits jusqu’alors privés de notoriété et qui n’avouèrent d’autre mobile que le vol. Mais certaines circonstances relatives seulement au passé de la victime et demeurées inexplicables, exercèrent en vain, quelques mois, la sagacité des contemporains. Enfin on crut deviner ou comprendre que M. Pleur n’avait pas été ce qu’il paraissait être. Bref, les assassins malchanceux, qui, d’ailleurs, se laissèrent prendre avec une extrême facilité, n’avaient pu découvrir le moindre trésor dans la tanière de l’avare et, quoique ce dernier fût mort intestat et sans héritiers naturels, le Domaine de l’État ne put étendre ses griffes sur aucune propriété mobilière ou immobilière. Il fut établi que le défunt ne possédait absolument rien… sinon l’intendance viagère et l’usufruit d’une fortune gigantesque inattaquablement aliénée dans les mains d’un certain Évêque. Impossible de savoir ce qu’étaient devenues les considérables sommes qui avaient dû lui passer par les mains, depuis tant d’années qu’il donnait lui-même quittance à des escadrons de locataires. Pas un titre, pas une valeur, rien de rien, excepté la fameuse bouteille de rhum vidée par les étrangleurs.

***Comme ceci est à peine un conte, j’ai le droit de ne pas promettre une conclusion plus dramatique. Je le répète, je n’ai voulu que donner mon témoignage, le seul, très probablement, que puisse espérer l’ombre courroucée du mort. Qu’il me soit donc permis de résumer en quelques lignes les paroles assez curieuses qui me furent dites, en diverses fois, par ce solitaire ordinairement silencieux. Je ne crois pas que je sentirai jamais un si noir frisson qu’en ce lointain jour où, côte à côte sur un banc du Jardin des Plantes, il me fit entendre ceci :
- Mon avarice vous fait peur. Eh bien ! mon petit homme, j’ai connu un prodigue, d’espèce moins rare qu’on ne pense, dont l’histoire vous donnera peut-être l’envie de baiser mes loques avec respect, si vous êtes assez doué pour la comprendre. Ce prodigue était un maniaque – naturellement. C’est toujours facile à dire et cela dispense de tout examen profond. C’était même, si vous voulez, un monomaniaque. Son idée fixe était de jeter le PAIN dans les latrines ! Il se ruinait dans ce but chez les boulangers. On ne le rencontrait jamais sans un gros pain sous le bras, qu’il s’en allait, en sautillant d’aise, précipiter dans les goguenots de la populace. Il ne vivait que pour accomplir cet acte et il faut croire qu’il en éprouvait de furieuses jouissances ; mais sa joie devenait du délire quand l’occasion se présentait d’en offrir le spectacle à de pauvres diables crevant de faim. Il avait trente mille francs de rente, celui-là, et se plaignait de la cherté du pain. Méditez attentivement cette histoire vraie qui ressemble à un apologue. Je n’eus pas le désir de baiser les loques de M. Pleur, mais son récit me fut assez clair, sans doute, car je crus entendre galoper, au-dessous de moi, toute la cavalerie des abîmes.

***La dernière fois que je rencontrai ce Platon de la lésine :
- Savez-vous, me dit-il, que l’Argent est Dieu et que c’est pour cette raison que les hommes le cherchent avec tant d’ardeur ? Non, n’est-ce pas ? vous être trop jeune pour y avoir pensé. Vous me prendriez infailliblement pour une espèce de fou sacrilège si je vous disais qu’Il est infiniment bon, infiniment parfait, le souverain Seigneur de toutes choses et que rien ne se fait en ce monde sans Son ordre ou Sa permission ; qu’en conséquence nous sommes créés uniquement pour Le connaître, L’adorer et Le servir, et gagner, par ce moyen, la Vie éternelle. Vous me vomiriez si je vous parlais du mystère de Son Incarnation. N’importe ! apprenez que je ne passe pas un jour sans demander que Son Règne arrive et que Son nom soit sanctifié. Je demande aussi à l’Argent, mon Rédempteur, qu’Il me délivre de tout mal, de tout péché, des pièges du diable, de l’esprit de fornication, et je L’implore par Ses langueurs aussi bien que par Ses Joies et par Sa Gloire. Vous comprendrez un jour, mon garçon, combien ce Dieu S’est avili pour nous autres. Rappelez-vous mon maniaque ! Et voyez à quels emplois la malice des hommes Le condamne ! … Moi, je n’ose plus y toucher depuis trente ans !… Oui, jeune homme, depuis trente ans, je n’ai pas osé porter mes pattes malpropres sur une pièce de cinquante centimes ! Quand mes locataires me paient, je reçois leur monnaie dans une cassette précieuse, en bois d’olivier, qui a touché le Tombeau du Christ, et je ne la garde pas un seul jour. Je suis, si vous voulez le savoir, un pénitent de l’Argent. Avec des consolations inexprimables, j’endure pour Lui d’être méprisé par les hommes, d’épouvanter jusqu’aux bêtes et d’être crucifié tous les jours de ma vie par la plus épouvantable misère… J’avais assez pénétré l’existence mystérieuse de cet homme extraordinaire pour entrevoir qu’il me parlait d’une façon toute symbolique. Cependant les Paroles Saintes aussi rudement adaptées, m’effaraient un peu, je l’avoue. Il se dressa tout à coup, levant les bras, et je le vois encore, semblable à une potence géminée d’où pendraient les haillons pourris de quelque ancien supplicié.
- On dit assez, par le monde, me cria-t-il, que je suis un horrible avare. Eh ! bien, vous raconterez un jour que j’avais découvert la cachette, infiniment sûre, dont aucun avare, avant moi, ne s’était encore avisé : J’enfouis mon Argent dans le Sein des Pauvres !… Vous publierez cela, mon enfant, le jour où le Mépris et la Douleur vous auront fait assez grand pour ambitionner le suprême honneur d’être incompris. …………………………………………………………………………………………………………………………….. M. Pleur nourrissait environ deux cents familles, parmi lesquelles on aurait cherché vainement un individu qui ne le regardât pas comme une canaille, – tellement il était malin ! Mais aujourd’hui, juste ciel ! où donc est la multitude pâle des indigents assistés par le délégataire épiscopal de ce Pénitent ?

Léon Bloy – La Tisane

Jacques se jugea simplement ignoble. C’était odieux de rester là, dans l’obscurité, comme un espion sacrilège, pendant que cette femme, si parfaitement inconnue de lui, se confessait.

Mais alors, il aurait fallu partir tout de suite, aussitôt que le prêtre en surplis était venu avec elle, ou, du moins, faire un peu de bruit pour qu’ils fussent avertis de la présence d’un étranger. Maintenant, c’était trop tard, et l’horrible indiscrétion ne pouvait plus que s’aggraver.

Désoeuvré, cherchant, comme les cloportes, un endroit frais, à la fin de ce jour caniculaire, il avait eu la fantaisie, peu conforme à ses ordinaires fantaisies, d’entrer dans la vieille église et s’était assis dans ce soin sombre, derrière ce confessionnal, pour y rêver, en regardant s’éteindre la grande rosace.

Au bout de quelques minutes, sans savoir comment ni pourquoi, il devenait le témoin fort involontaire d’une confession.

Il est vrai que les paroles ne lui arrivaient pas distinctes et, qu’en somme, il n’entendait qu’un chuchotement. Mais le colloque, vers la fin, semblait s’animer.

Quelques syllabes, çà et là, se détachaient, émergeant du fleuve opaque de ce bavardage pénitentiel, et le jeune homme qui, par miracle, était le contraire d’un parfait goujat, craignit tout de bon de surprendre des aveux qui ne lui étaient évidemment pas destinés.

Soudain cette prévision se réalisa. Un remous violent parut se produire. Les ondes immobiles grondèrent en se divisant, comme pour laisser surgir un monstre, et l’auditeur, broyé d’épouvante, entendit ces mots proférés avec impatience :

- Je vous dis, mon père, que j’ai mis du poison dans sa tisane !

Puis, rien. La femme, dont le visage était invisible, se releva du prie-Dieu et, silencieusement, disparut dans le taillis des ténèbres.

Pour ce qui est du prêtre, il ne bougeait pas plus qu’un mort et de lentes minutes s’écoulèrent avant qu’il ouvrît la porte et qu’il s’en allât, à son tour, du pas pesant d’un homme assommé.

Il fallut le carillon persistant des clefs du bedeau et l’injonction de sortir, longtemps bramée dans la nef, pour que Jacques se levât lui-même, tellement il était abasourdi de cette parole qui retentissait en lui comme une clameur.

 

***Il avait parfaitement reconnu la voix de sa mère !

Oh ! impossible de s’y tromper. Il avait même reconnu sa démarche quand l’ombre de femme s’était dressée à deux pas de lui.

Mais alors, quoi ! tout croulait, tout fichait le camp, tout n’était qu’une monstrueuse blague !

Il vivait seul avec cette mère, qui ne voyait presque personne et ne sortait que pour aller aux offices. Il s’était habitué à la vénérer de toute son âme, comme un exemplaire unique de la droiture et de la bonté.

Aussi loin qu’il pût voir dans le passé, rien de trouble, rien d’oblique, pas un repli, pas un seul détour. Une belle route blanche à perte de vue, sous un ciel pâle. Car l’existence de la pauvre femme avait été fort mélancolique.

Depuis la mort de son mari tué à Champigny et dont le jeune homme se souvenait à peine, elle n’avait cessé de porter le deuil, s’occupant exclusivement de l’éducation de son fils qu’elle ne quittait pas un seul jour. Elle n’avait jamais voulu l’envoyer aux écoles, redoutant pour lui les contacts, s’était chargée complètement de son instruction, lui avait bâti son âme avec des morceaux de la sienne. Il tenait même de ce régime une sensibilité inquiète et des nerfs singulièrement vibrants qui l’exposaient à de ridicules douleurs, – peut-être aussi à de véritables dangers.

Quand l’adolescence était arrivée, les fredaines prévues qu’elle ne pouvait pas empêcher l’avaient faite un peu plus triste, sans altérer sa douceur. Ni reproches ni scènes muettes. Elle avait accepté, comme tant d’autres, ce qui est inévitable.

Enfin, tout le monde parlait d’elle avec respect et lui seul au monde, son fils très cher, se voyait aujourd’hui forcé de la mépriser – de la mépriser à deux genoux et les yeux en pleurs, comme les anges mépriseraient Dieu s’il ne tenait pas ses promesses !…

Vraiment, c’était à devenir fou, c’était à hurler dans la rue. Sa mère ! une empoisonneuse ! C’était incensé, c’était un million de fois absurde, c’était absolument impossible et, pourtant, c’était certain. Ne venait-elle pas de le déclarer elle-même ? Il se serait arraché la tête.

Mais empoisonneuse de qui ? Bon Dieu ! Il ne connaissait personne qui fût mort empoisonné dans son entourage. Ce n’était pas son père qui avait reçu un paquet de mitraille dans le ventre. Ce n’était pas lui, non plus, qu’elle aurait essayé de tuer. Il n’avait jamais été malade, n’avait jamais eu besoin de tisane et se savait adoré. La première fois qu’il s’était attardé le soir, et ce n’était certes pas pour de propres choses, elle avait été malade elle-même d’inquiétude.

S’agissait-il d’un fait antérieur à sa naissance ? Son père l’avait épousée pour sa beauté, lorsqu’elle avait à peine vingt ans. Ce mariage avait-il été précédé de quelque aventure pouvant impliquer un crime ?

Non, cependant. Ce passé limpide lui était connu, lui avait été raconté cent fois et les témoignages étaient trop certains. Pourquoi donc cet aveu terrible ? Pourquoi surtout, oh ! pourquoi fallait-il qu’il en eût été le témoin ?

Soûl d’horreur et de désespoir, il revint à la maison.

 

***Sa mère accourut aussitôt l’embrasser.

- Comme tu rentres tard, mon cher enfant ! et comme tu es pâle ! Serais-tu malade ?
- Non, répondit-il, je ne suis pas malade, mais cette grande chaleur me fatigue et je crois que je ne pourrais pas manger. Et vous, maman, ne sentez-vous aucun malaise ? Vous êtes sortie, sans doute, pour chercher un peu de fraîcheur ? Il me semble vous avoir aperçue de loin sur le quai.
- Je suis sortie, en effet, mais tu n’as pu me voir sur le quai. J’ai été me confesser, ce que tu ne fais plus, je crois, depuis longtemps, mauvais sujet.

Jacques s’étonna de n’être pas suffoqué, de ne pas tomber à la renverse, foudroyé, comme cela se voit dans les bons romans qu’il avait lus.

C’était donc vrai, qu’elle avait été se confesser ! Il ne s’était donc pas endormi dans l’église et cette catastrophe abominable n’était pas un cauchemar, ainsi qu’il l’avait, une minute, follement conçu.

Il ne tomba pas, mais il devint beaucoup plus pâle et sa mère en fut effrayée.
- Qu’as-tu donc, mon petit Jacques ? lui dit-elle. Tu souffres, tu caches quelque chose à ta mère. Tu devrais avoir plus de confiance en elle qui n’aime que toi et qui n’a que toi… Comme tu me regardes ! mon cher trésor… Mais qu’est-ce que tu as donc ? Tu me fais peur !…

Elle le prit amoureusement dans ses bras.

- Écoute-moi bien, grand enfant. Je ne suis pas une curieuse, tu le sais, et je ne veux pas être ton juge. Ne me dis rien, si tu ne veux rien me dire, mais laisse-toi soigner. Tu vas te mettre au lit tout de suite. Pendant ce temps, je te préparerai un bon petit repas très léger que je t’apporterai moi-même, n’est-ce pas ? et si tu as de la fièvre cette nuit, je te ferai de la TISANE…

Jacques, cette fois, roula par terre.

- Enfin ! soupira-t-elle, un peu lasse, en étendant la main vers une sonnette.

Jacques avait un anévrisme au dernier période et sa mère avait un amant qui ne voulait pas être beau-père.

Ce drame simple s’est accompli, il y a trois ans, dans le voisinage de Saint-Germain-des-Prés. La maison qui en fut le théâtre appartient à un entrepreneur de démolitions.

Charles Baudelaire – Le Vampire

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
- Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
- Maudite, maudite sois-tu !

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
” Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile ! – de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire ! “

Charles Baudelaire – Le Soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Eveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le coeur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

Charles Baudelaire – Le Voyage

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

II

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : ” Ouvre l’oeil ! ”
Une voix de la hune, ardente et folle, crie .
” Amour… gloire… bonheur ! ” Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le Pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III

Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

IV

” Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus grands paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

- La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? – Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

” Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. ”

V

Et puis, et puis encore ?

VI

” Ô cerveaux enfantins !
Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
” Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! ”

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
- Tel est du globe entier l’éternel bulletin. ”

VII

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
A qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : ” Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ? ”

A l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
” Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Electre ! ”
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

Charles Baudelaire – Allégorie

C’est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l’amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s’émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l’Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l’heure viendra d’entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu’un nouveau-né, – sans haine et sans remord.

Giosuè Carducci – L’Aminta e la vecchia poesia pastorale

I

L’Aminta è un portento: portento vivo d’armonia tra l’ispirazione e l’espressione e l’impressione rispondentisi negli effetti, che è il sommo nell’arte della poesia riflessa: portento storico nella spirituale continuità della poesia italiana, perché venne al momento opportuno, chiudendo il lavoro della imitazione perennemente innovante e trasformante del Rinascimento e aprendo nella idealizzazione, se può dirsi, della sensualità voluttuosamente malinconica l’età della musica, la quale nel regno della fantasia e dell’arte doveva necessariamente succedere alla poesia.
È un portento. Ma nulla c’è a dire, o fu detto, di nuovo. Nulla, o pure di queste cose. – Che l’Aminta ha la forma la bellezza la serenità d’una tragedia di Sofocle –: il che non è vero; anzi, tanta è la diversità delle condizioni storiche ed estetiche tra le due forme di dramma che non ammette possibile comparazione. – Che è la rappresentazione d’un mondo tutto ideale, pieno di luce, d’amore e d’ebbrezza, di malinconie, di gioia, di voluttà; è come un bel fiore campato in aria, e per pochi sottilissimi fili attaccato alla terra –: il che può esser vero come una sensazione poetica essa stessa di chi lo dice. O si poté, al contrario, affermare – che l’ideale poetico posto fuori della società in un mondo pastorale rivela una vita sociale prosaica vuota d’ogni idealità: che la poesia incalzata da tanta prosa si rifuggiva, come in ultimo asilo, ne’ campi; e là gli uomini di qualche valore attingevano le loro ispirazioni, e di là uscirono i versi del Poliziano del Pontano e del Tasso: – il che è vero soltanto in parte e con molta confusione di tempi e di termini e con nessuna relazione all’Aminta o alla favola pastorale. Ancora – che nell’Aminta il Tasso rappresenta l’anima sua innamorata, la quale vede nel mondo soltanto la donna sua, e tutto il resto è niente, ed ei la trasporta seco in una regione ideale dove ei le dice quanto l’ama, ecc. – che è una bella romanza, non storica.(1)
Dopo ciò, se qualche minore uscí fuori a dire – che il sogno dell’Aminta, tutto splendori e profumo, in vece di metter nell’animo l’entusiasmo della luce fa provare la tristezza languida d’una notte d’estate, pare il sogno d’un prigioniero, la visione d’un febbricitante; e in faccia a questa creazione bisogna pensare che la piú bella cosa che Iddio abbia creato è l’uomo afflitto –(2); non è il caso di ridere. Questo è la conseguenza di quello; e tutt’insieme sono l’azione del romanticismo, che, esaurito in poesia, sopravvisse un poco nella critica e nella storia letteraria. Io non dico che nella critica, massime letteraria, non abbia ad entrare l’arte; ma il romanticismo e nella critica e nella storia indusse l’autonomia dell’egotismo fantastico e sensuale; il che può qualche volta piacere quando gli scrittori siano gente di valore, ma per lo piú nuoce. La critica non va considerata come una nuova arte sofistica, dalla quale né scrittore né lettore cerchino piú il vero, ma quegli cerchi un pretesto e questi un divertimento, pretesto di sfoggiare l’ingegno a carico de’ grandi autori e delle grandi opere, divertimento di vedere le scimmie caracollare su’ dorsi degli elefanti.

II

La favola pastorale, o piú largamente boschereccia e campestre, segna l’ultimo sforzo dell’artistica vitalità e il grado supremo della composizione formale a cui pervenne tra noi nel declinare del secolo decimosesto la poesia bucolica degli antichi, serbataci dal medioevo e poi rinnovata nella letteratura del Rinascimento. Dall’idillio e dall’ecloga ella prese la scena i personaggi il costume, dal dramma pur antico le forme all’atteggiamento delle passioni e allo svolgimento dell’azione, nell’azione e nell’espressione tenendo a mescolare temperatamente il patetico ed il giocondo: fu tragicommedia, nuovo genere misto, ma nobile, e, pur fuori dalle regole degli aristotelici, regolare. Rappresentata, in principio, per feste o per nozze di signori agli Estensi, ai Della Rovere, ai Gonzaga, ai Medici, ai Savoia, nei nobili palazzi, nelle ville e nelle reggie; tra splendore e fasto di apparecchi ove l’architettura la pittura la scultura sfoggiavano nella raffigurazione della scena e nelle macchine degl’intermezzi, e i primi ingenui vezzi della musica adolescente carezzavano le morbidezze passionate d’una poesia sapientissima; tra uditorii di belle dame e pompose, pronte a citare de’ sonetti del Petrarca e delle ottave dell’Ariosto e farne, all’occasione, del proprio, di cavalieri pronti a trattare la spada come a discutere controversie peripatetiche, di poeti che anche potevano leggere filosofia e matematiche al pubblico studio e di filosofi eleganti ne’ madrigali; la favola pastorale cominciava facendo sembiante di contrapporre a tanta lussuria d’arte d’ingegno e di coltura una sua vista di mondissima rusticità con quasi un senso di attraente freschezza.
Ecco il fondo d’un bosco: gli alberi alti e radi lasciano il passo ai raggi del sole, che illuminando scopre lontano monti e monti ancora: il terreno verde e ombrato è libero al pascolo de’ bestiami e ai ritrovi e colloqui de’ pastori. O vero, ecco aperta campagna, con veduta di capanne e di greggi: gorgoglia presso riversando le acque dal colmo bacino una fonte, o stendesi umida tra canne e pioppi la riva d’un fiume che vien di lontano emanando dall’urna di un dio. Siamo in Arcadia, o su le rive del Po dove già cadde Fetonte e lacrimarono l’Eliadi, o in quale altra parte di questa antica terra di Saturno e di Giano? È lo stesso. Entrano in scena due donne o due uomini d’età diversa: i nomi, gli abiti, il costume sono greci; greci gli dèi che invocano, greca la religione della quale celebrano i sacrifizi e fanno i vóti. Sí quei primi personaggi e sí gli altri che poi verranno appaiono essere pastori, cacciatori, coltivatori, bifolchi, qualche volta marinai; ma non de’ comuni: anzi i primari nell’azione sono figliuoli o nepoti di Pan o del dio indígete della contrada e del fiume nativo; e a loro si mescono nell’azione enti d’un ordine superiore, semidèi, satiri e ninfe. Nell’azione ci deve essere ciò che gli aristotelici chiamavano rivolgimento di fortuna, prima di buona in rea, che induce negli spettatori il terrore e ingenera il travaglio tragico, poi novamente di rea in buona, sí che il lieto fine consoli poi le agitate sensazioni con la giocondezza della commedia. Ma eterno e immortale motivo della favola pastorale è l’amore: onde il rivolgimento di fortuna, la crisi, è dal piú al meno sempre una: chi, nel principio, uomo o donna, aborriva dall’amore, finisce, per una ragione o per l’altra, divina o umana, fatale o del caso, cedendo alle lusinghe della dolce passione e rendendosi al desiderio dell’amante. Cosí durezze rivolte in carezze, inimicizie in amicizie, ritrovate le cose o persone care perdute, sono lieti fini. E gli episodi sono le liberazioni e salvazioni da mortiferi animali, da mostri, da satiri: specialmente da satiri. Il satiro è uno degli elementi necessari alla pastorale: amatore e persecutore selvaggio di ninfe, egli rappresenta la rozza sensualità primitiva di contro alla trasfigurazione dell’amore operata nella vita pastorale dalla poesia e dalla musica.
Di tutti questi personaggi, come abitanti di selve e campi, il parlare dovrebbe esser semplice se non rustico; ma il fatto è (i critici lo van sempre notando, e non con lode) che quei campagnoli sono troppo fini dicitori, che quei pastori la sgarano ai cortigiani. Se non che quei pastori, l’abbiamo già detto, sono figli o nipoti di numi, eroi nel senso greco essi stessi, e si atteggiano in conspetto di principi e di principesse, in faccia a uditorii de’ piú cólti che siano mai stati al mondo, in una scena che sfugge i confini del reale. Rimettiamoci dunque in tali condizioni e circostanze, e facciamoci cosí una ragione vera di quella poesia; e tanto piú agevolmente ce la faremo, quanto essa è, quella dico del Tasso e del Guarino, della piú nitida, della piú elegante e squisita che l’Italia abbia mai avuto nell’ordine secondario della sua produzione. La verseggiatura mescola endecasillabi e settenarii, di guisa che il maggior verso corregga il minore con la sua gravità e grandezza, e questo con la sua agilità aiuti l’altro a correre e ondeggiare, sí che riesca un’armonia mezzanamente sostenuta tra commedia e tragedia, che alzi abbassi e varii al bisogno dell’azione e della passione. Gli atti sono cinque: è ammesso il prologo e talvolta l’epicarma, cioè il congedo gratulatorio: non devono mancare i cori, di pastori, di cacciatori, di ninfe; coro parlante, che piglia parte alla commozione della favola; coro cantante, fra atto e atto, non tanto le moralità, quanto le impressioni che da quella vengono.
Tale fu nella sua giovanil perfezione la favola pastorale o boschereccia: alla quale anche, per un di piú non importuno, acquistavan grazia e interesse, almeno nelle prime recite, le allusioni alle costumanze e alle idee, alle persone ed ai fatti del giorno e della corte.

III

Dramma pastorale, come questo nostro del Cinquecento, si può tenere per fermo che i greci non lo immaginarono mai. Dei Bifolchi di Cratino rimane solo il titolo; e la fantasia rifugge dal cercare l’Arcadia nella vecchia commedia attica. Lo stesso è a dire dell’altra di Menandro, Il figlio supposto o il contadino: niente ne resta, e niente autorizza a credere fosse diversa dalle solite favole della commedia nuova, a inviluppo e riconoscimento finale. Il dramma satirico, nel quale a parte dell’azione eroica entravano cantando i satiri con Bacco (solo e bellissimo avanzatone il Ciclope di Euripide), era mitologico; e il Dafni e Lietersa del tragico della pleiade alessandrina Sòsiteo non sappiam bene che fosse. Contesero nel secolo decimosesto Francesco Patrizi e Jacopo Mazzoni, se tragedia o ecloga; ne scrissero e riscrissero, senza fermar nulla:(3) la critica moderna pare si accordi a tenerlo per un dramma satirico come il Ciclope, tendente ad avvicinarsi, concedono alcuni, alle composizioni mimiche e bucoliche dei Dorii di Sicilia, senza designare particolarmente gl’idilli teocritei. Del resto tutta una letteratura, come fu quella del nuovo dramma tra noi, sarebbe ridicolo farla discendere da un frammento di ventiquattro versi, che è quanto ci resta di Sòsiteo, e per di piú ignoti ai primi che scrissero favole pastorali. Ma tant’è: i nostri vecchi avevan bisogno degli alberi genealogici anche per la poesia, e pur troppo, nota argutamente questa volta un grave erudito,(4) ce n’è che somigliano agli alberi di certe famiglie per linea retta da Priamo re di Troia e da Giuba re di Numidia.
Alle origini greche del pagano Cinquecento il Seicento devoto sostituí il popolo ebreo e la bibbia. Cosí mons. Huet, il dottissimo vescovo autore della origine dei romanzi [1670] per introduzione alla Zaide di mad. La Fayette, trovò il primo esempio di pastorale nella cantica detta di Salomone. Certo che in quella lirica popolare d’amori e nozze c’è del colorito bucolico e del movimento drammatico; e vi si posson riconoscere Salomone pastore, Sunamitide pastorella, un coro di verginelle, e altro. Ciò piacque molto in quel secolo a letterati e poeti latini della compagnia di Gesú: e un p. Paolo Serlogo, ravvisando nella Cantica ogni parte di vera favola pastorale, la volle spartita in cinque atti; ma con erudizione piú rara il p. Andrea Pinto Ramirez la espose in scenica rappresentazione, se non che egli stimò averla a scompartire in soli tre atti.(5) Il primo traduttore italiano della Cantica (1686), laico, Loreto Mattei, immaginò distribuirla in otto ecloghe, con intitolazioni quasi romantiche, Il deserto, La campagna, La notte, Il banchetto, Il giardino, Il trionfo della beltà, Il paradiso dell’amore divino. Carmelitano fu il traduttor piú recente e a memoria dei nostri padri famoso, Evasio Leone di metastasiana memoria; e la rifece in otto cantate, a dialogo tra lo sposo e la sposa con le debite ariette. Nel secolo decimottavo, mons. Gius. Ercolani, pastore arcade e governatore per il papa, fece, a mo’ de’ gesuiti, della Sunamitide allegorizzata una boschereccia sacra. Ahimè, Santa Chiesa in foggia di Silvia e Dorinda, tra Dafne e Corisca!

IV

Della poesia pastorale gli antichi (intendo oramai soltanto greci e romani) non ebbero che una forma, l’idillio o l’ecloga: il romanzo pastorale misto di prosa e verso, la favola pastorale drammatica, sono produzioni italiane derivate e composite. Ma composite come? o come derivate? Dopo tanta sazievolezza d’Arcadia, la poesia pastorale venne giustamente in uggia: ma questa non è una ragione per discorrerne leggermente e a traverso, disprezzando. Il critico, o, meglio, lo storico letterario non deve disprezzar nulla: ogni manifestazione dello spirito umano nell’arte del verso e della prosa va studiata, esaminata, spiegata con rispetto; massime quando v’han cooperato una serie d’ingegni molto superiori al volgo dei critici. Però del passaggio e svolgimento della poesia bucolica in Italia chiedo il permesso di raccogliere in breve quel tanto che mi occorre al soggetto.
Gl’idillii di Teocrito erano, come suona il vocabolo, imaginette o bozzetti di caratteri e scene non pur tratti dalla vita dei bovari e pastori, ma dei pescatori, dei contadini, della plebe e cittadinanza minuta delle città di provincia. E in questa larghezza nella piccolezza è il gran valore di Teocrito, che fu certamente nell’età alessandrina il maggiore se non l’unico poeta; e disegnava dal vero, superiore al reale soltanto quando la visione passando per il filtro della concezione poetica prendeva l’impronta dell’arte. Ma non pare esatto ciò che fu ultimamente supposto, che il dialogo sia piú frequente nell’ecloga posteriore che nel primitivo idillio. Il dialogo fu sempre la forma prediletta, perché naturale e necessaria, della poesia bucolica. Dei ventisette idillii di Teocrito i veramente bucolici sono undici; dei quali, nove a dialogo e due monologhi rappresentativi. Oltre il dialogo propriamente detto prevale nell’idillio bucolico di Teocrito il canto amebeo e l’intercalare: ultimo testimonio questo d’un qualche attacco alla poesia popolare, se non di provenienza diretta: indizio quello d’una tendenza primordiale al dramma. Tendenza, perché in fondo la sostanza è racconto: racconto, non del fatto eroico, sebbene qualche volta del mitico sí, ma specialmente dell’amore o d’altra minor passione o tenue avvenimento. Né, oltre il racconto, manca all’idillio un certo fondamento epico: Dafni, il primo pastore, il figlio di Hermes e della ninfa ignota, è per questa poesia ciò che per l’epos propriamente detto l’eroe: di piú epica è la verseggiatura, l’esametro. Sicché l’idillio bucolico viene ad essere un genere misto tra drammatico ed epico: se non che il movimento e fervore del canto nella passione lo fa anche lirico. Finalmente, la poesia bucolica, sorgendo sempre di mezzo a un’età raffinata, aspira e prosegue almeno esteriormente l’idealità d’una vita semplice e pura, che essa cerca di restaurare nella rappresentazione dell’idillio: indi l’espressione o l’atteggiamento sentimentale, che vedesi a pena in Teocrito, si rileva in Virgilio, cresce poi sempre fino alle caricature di Gessner.
Con Virgilio il poeta entra personalmente nella rappresentazione bucolica, e v’introduce argomenti e trattazioni che paiono meno acconci a quel genere. Il che non solamente Virgilio fa esponendo con molta poesia nel Sileno un sistema filosofico e dei mitici colori adornando nella quarta ecloga e nella decima l’ambizion di Pollione e l’amicizia di Gallo, ma anche nei colloqui e nei canti e nelle querele de’ pastori adombra e ritrae i tristi effetti delle guerre civili e i lieti delle riparazioni di Mecenate e Ottaviano. E chi può risolutamente negare che il Dafni della quinta sia Cesare?
Tale passò Virgilio co’ suoi imitatori Calpurnio e Nemesiano al medio evo; all’età vaga dell’oscuro e del sottile, all’età mistica e scolastica piacendo sopra tutto per ciò ch’ella credea vedere e intravedere nelle figure dei pastori e sotto i veli dell’allegoria. Cosí l’accademia carolina del secolo ottavo, che prima dié l’esempio d’imporre nomi etnici a persone cristiane, e le sue erano tedeschi o britanni, mandava con Angilberto Omero ecloghe-epistole all’onor di Carlo e di Pipino, cantava con Alcuino Flacco cuculi e Coridoni allegorici, cantava con un Nasone in due proprie ecloghe virgiliane l’alto Palemone che dalla rinnovata Roma domina i regni; e solo in un Conflictus veris et hiemis, o del venerabile Beda o di un discepolo d’Alcuino che sia, trovava l’accomodamento della natura e della tradizione germanica con la forma latina. Cosí la poesia monastica dei secoli decimo e undecimo faceva di Fille e Galatea velame ai lutti delle abazie vedovate, e nella Bucolica quirinalium di un Metello benedettino [circa 1160] alternava in dieci ecloghe vóti, punizioni e premii di Melibei e Titiri e del nuovo santo Quirino.(6) Da allora incomincia il vocabolo e il concetto allegorico dell’ecloga, quale durò fino al Rinascimento. Idillio ed ecloga son denominazioni che rimasero alle due opere bucoliche di Teocrito e di Virgilio; ma quanto felice la prima, altrettanto impropria e non rispondente la seconda, che in somma vuol dire «alcune cose scelte da molte piú»; e forse il grammatico, che primo l’appose, congetturava o sapeva d’una scelta fatta da Virgilio tra le sue bucoliche: ché tale è il termine proprio a questa poesia nell’antichità greca e romana. La denominazione d’ecloga invalsa nell’epoca carolingia fu propagata anche alle poesie descrittive e alle giocose, ma piú specialmente significò le rappresentative pastorali. Cosí l’usarono i poetanti in latino del nostro Trecento, e cosí venne alle lingue nuove latine.

V

Primo scrittore di ecloghe, primo Tirsi dell’Arcadia nuova in Italia, fu Dante, a istanza d’un romagnolo, o d’onde altrove si fosse Giovanni del Virgilio. E dopo Dante abbondano ecloghe latine per tutto il secolo: le mal tribuite ad Albertino Mussato, e che potrebber essere d’un poeta aulico, lombardo o veneto, dei Visconti: le molte, e alcune veramente belle, del Petrarca e del Boccaccio: le ancora inedite di Giovan de’ Boni aretino: le otto che avea composte Coluccio Salutati. Tutte a dialogo; e i loro poeti, passando oltre, o anzi ignorando i cuculi del venerabile Beda e d’Alcuino, tornaron diritti a Virgilio e un po’ a Calpurnio: e, se di Virgilio non appresero la suprema eleganza, assunsero al piú alto e austero concetto di verità la forma allegorica, per mezzo la quale credevano esser passata la voce della Sibilla annunziante Cristo nato. Di Teocrito non seppero che per udita e non lessero che per citazione. Quell’ecloga nell’Ameto del Boccaccio, ove cantano in gara il pastor siculo Acate e Alceste pastore arcade, adombra ella da vero, come un dotto e ingegnoso uomo avvisò,(7) la differenza, qual vedevala il medio evo, tra l’idillio teocriteo reale e l’allegorica ecloga virgiliana? Anche se no, esso il Boccaccio nell’epistola dichiarativa della sua bucolica(8) affermava che Teocrito nulla intese oltre quello che la corteccia delle parole dimostra, ma Virgilio asconde sotto la corteccia piú sensi. Cosí le ecloghe latine del Trecento ricuoprono dell’involucro pastorale o avvenimenti personali degli autori o grandi fatti della storia politica e religiosa dei tempi; e Franc. Petrarca ribattezza Mition il pontefice Clemente V e dà del Panfilo a san Pietro, che il Boccaccio chiama invece Glauco e chiama Dafni l’imp. Carlo IV. Che resta dunque l’affermazione di Francesco De Sanctis a proposito del Tasso e del Guarino, che l’ideale poetico posto in un mondo pastorale rivela una vita sociale prosaica e vuota d’ogni idealità? Cotesti trecentisti, anche Dante, anche il Petrarca, ai quali certo idealità non mancavano, andarono a cercar la poesia nel mondo pastorale, come gli estetici direbbero con espressione né filosofica né italiana. Ma perché? Per due ragioni, imagino io: una sociale e una letteraria. Non ne potevano piú di quei baroni e cavalieri, epici quanto volete nelle canzoni di gesta e nei romanzi, ma rozzi e brutali nella vita; di quei frati e monaci, santi quanto volete nelle auree leggende, ma abbuiatori e accidiosi e un cotal po’ ancor puzzolenti; di quei cittadini, valenti e magnanimi nelle croniche, ma di picciol animo in fatti e ringhiosi e ignoranti; e si rifugiavano nella libertà fraternità egualità dell’Arcadia. Nell’arte della poesia sentivano mancarsi qualche cosa, la forma drammatica; e disdegnando cercarla nelle laudi e ne’ misteri né osando ciò che il Mussato, crederono trovarne un’apparenza nei dialoghi dell’ecloga.
Quanto invalesse tuttora nell’arte anche pastorale del Trecento l’allegoria, lo mostra Giov. Boccaccio nell’Ameto. Composto del 1342, quando il ventottenne amante di Fiammetta dalle voluttà di Napoli si fu restituito alle bellezze di Firenze, l’Ameto vorrebbe essere in principio un’opera uscita tutta classica dai recenti studi latini. Giocondo rivelatore di forme e apritore di nuove fonti alla poesia, messer Giovanni dà qui il primo esempio del romanzo pastorale misto di prosa e di versi; e nei versi deduce primo l’antica ecloga dall’esametro latino a mormorare scorrevole pe’ freschi e molli canali della terzina; e in questi versi la purità del Trecento e la peregrinità classica si assorellano ingenuamente tanto che no ‘l potranno sentir mai né capire i giudicanti stranieri e tali altri nati e cresciuti a essere tuttavia stranieri. La commedia delle ninfe fiorentine, come s’intitola l’Ameto, pare in principio un’opera del giorno: l’azione è nei dintorni di Firenze: e i templi s’intendono chiese, e le feste son sacre. Le donne, alcune coi nomi che infioreranno poi il Decameron, sono, s’intende, tutte belle; e le descrizioni delle varie bellezze, fatte lungamente secondo gli schemi dei romanzi, riescono a essere piú raffinate e provocanti che non le simiglianti della maggiore opera. Tutte innamorano il rozzo Ameto, e tutte hanno i loro amori, non coniugali, ma, in onta del coniugio, conducenti a perfezione; e di quegli amori si contan le storie, e anche del padre e della madre del Boccaccio che è detto Caleone, e dell’amata Fiammetta, con intermezzi pastorali e descrizioni naturali. Tutto va bene, in pieno classicismo, in calda e rosea sensualità di primavera toscana, fino a un certo punto, quando a un tratto tutto muta. L’idillio è la visione del canto vigesimonono del Purgatorio: le sette ninfe fiorentine sono l’umanazione delle virtú teologali e cardinali, Noi sem qui ninfe e nel ciel siamo stelle; ed Emilia, per esempio, è la famula di Diana, la quale è la Giustizia; e Fiammetta è la sacerdotessa di Vesta, la quale è la Speranza; e Lia è sotto il potere di Cibele, che è la Fede. E finisce con l’apparizione di Venere, che è la Carità: alla cui luce Ameto si trasforma e diviene perfetto.
Come del romanzo pastorale, cosí il Boccaccio fu autor primo del poema pastorale. Tutto l’opposto dell’Ameto, che move dalle circostanze reali per metter capo alle allegorie teologiche, il Ninfale fiesolano move dal mito preistorico per riuscire alla vita reale del Trecento: comincia dal coro di Diana che scorre i monti dove poi Atlante fonderà Fiesole, segue con le fantasie ovidiane delle ninfe converse in ruscelli dai noti nomi, e riesce alla rappresentazione viva della passione umana e degli affetti domestici. Mensola che si rimorde del fallo; Giraffone (è già nel nome l’urto della nuova rusticità con le leggiadrie mitologiche) che recasi su le spalle il cadavere del figliuolo mortosi per amore; la vecchia ninfa che presenta a’ due genitori orbati il fanciullino nato dell’amore punito da Diana, paiono creazioni moderne e sono dell’antica verità eterna; e l’idealità mitica pastorale finisce con la realità sociale politica, che abolisce il rito di Diana, marita le ninfe e fonda la città. E il poema liberandosi quasi súbito dalle fasce dell’idillio distendesi a scendere naturale con una favella e una verseggiatura limpidamente rispecchiante le cose nell’intimo della verità semplice che non urta né offende. Non mai il Boccaccio fece meglio in versi, e di rado la pastorale italiana fu cosí poetica.

VI

E poi fu un lungo silenzio alle zampogne ed ecloghe sí in latino come in toscano; interrotto (chi se lo ricorda o lo ha letto?) sol da Giusto de’ Conti. Il quale un bel giorno dimenticò le tornite imitazioni della Bella Mano, per mettere insieme una strana rima tra ecloga e frottola (La notte torna, e l’aria e il ciel si annera); a dir meglio, compose una vera ecloga, ove entra la frottola con l’elemento suo realistico nella sostanza e polimetro nella forma. Ma solo a mezzo il Quattrocento affermasi che in gara alla bucolica classica meglio e piú generalmente compresa si risvegliasse col desiderio della vita riposata nei campi il sentimento della natura, dando le mosse a una poesia pastorale o campestre che voglia dirsi. È egli vero?
Ecco tra il 1453 e il 71 le dieci ecloghe latine di Matteo Maria Boiardo. Dall’Arcadia guasta dai turchi Pan rifugge in Italia, e a Poeman pastore italico insegna cantare in riva della Secchia presso a Modena o del Tressinaro sotto i bei colli di Scandiano. E Poeman e i nuovi pastori cantano i soliti amori e abbandoni e morti di ninfe assai vagamente; ma cantano anche Giano e Pico e Pitagora, e l’etrusco Tage ed Evandro e le glorie di Roma, e súbito appresso gli Estensi; cantano l’età dell’oro rifiorita sotto Borso nuovamente duca (1453), e portano in gabbia una gazza che ha imparato a ridire il nome di Ercole governatore di Modena (1465) sotto il cui reggimento è cosí beato vivere. Le ecloghe del conte scandianese si riattaccano a quelle del Petrarca e del Boccaccio, e splendono a luoghi di forse piú elegante imitazione virgiliana; ma non ebbero fama.
Stanno in disparte le otto ecloghe di Battista Spagnoli, il Mantuano. Le scrisse adolescente (1485 circa) essendo a studio in Padova, e due ne aggiunse vecchio in religione: perocché fu carmelitano, di recente beatificato. Cotesto santarello è un osservatore triste, rozzo, sboccato; non osceno; ma delle donne e degli amori mette in mostra le dure verità con le crude parole; mette in latino le storpiature dei nomi cristiani (Iannus, Tonius): non fior d’eleganza, efficacia volgare, verità prolissa: pare a certi passi prevenire la commedia rusticale, in altri anticipare il suo paesano Folengo. E pure quell’ecloghe furono ben presto commentate dal Beroaldo, e fra tanta eleganza del secolo appresso tradotte due volte in francese da Michele D’Amboise e da Lorenzo De la Gravière, in inglese da Aless. Barclay: sí forte era la sete del naturale.
Dalle georgiche di Esiodo e Virgilio balzava a descrivere le stagioni della viva agricoltura toscana Ang. Poliziano nel Rusticus: prolusione in versi alle lezioni su quei due antichi poemi che il giovine professore accingevasi fare allo studio di Firenze nell’anno 1483. Dov’è andata la polvere dei vecchi libri pur ora scossi dal filologo? Il Poliziano pare scrivere una lingua viva: non imita il greco autore né il latino; non compone idillio né ecloga, fa una selva; mirabile dipintore, di colorito fiammingo; piú moderno, e quasi direi piú poeta, del Thomson. All’ecloga mitologica virgiliana primo, se non forse col Pontano o poco dopo, ma certo in Napoli, tornò il fanese Pomponio Gaurico (m. circa il 1530). E súbito l’eleganza signorile delle ecloghe puramente classiche del Sannazzaro, del Vida, di G. B. Amalteo fece dimenticare e disprezzare ogni latino anteriore.

VII

Intanto era venuta rifiorendo l’ecloga volgare in terza rima. Fu notato(9) che tra le eroidi di Luca Pulci, morto fin dal 1470, quella di Polifermo a Galatea ninfa marittima è un’ecloga formale, la prima forse in terzine sdrucciole. Bernardo, fratello di lui e di Luigi, volgarizzò da giovane in terzine tutte piane la bucolica di Virgilio; e del 1481 quel volgarizzamento uscí a stampa con le bucoliche elegantissime di Girolamo Benivieni fiorentino e dei senesi Francesco Arsocchi e Fiorino Boninsegni; il quale ultimo, esule in Napoli, intitolava alcune sue ecloghe al duca di Calabria fino dal 1468, quando il Sannazzaro aveva dieci anni. Tutte elegantissime, come le spaccia il frontespizio, quelle ecloghe non sono: son tutte in terzine, che l’Arsocchi varia di rime piane e di sdrucciole, e il Boninsegni anche v’intromette delle strofe a rime ripercosse. Dall’Arno al Po, con quella emulazione che era nel gentil lavoro letterario tra la corte medicea e l’estense, importò il nuovo genere poetico Matteo Maria Boiardo. Delle dieci ecloghe italiane di lui quattro sono scritte di certo nel 1482, come quelle che hanno argomento dalla guerra veneziana contro Ercole I duca di Ferrara e dal soccorso d’Alfonso aragonese al cognato: ma le altre, di contrasti e di amori pastorali, niente vieta recarle piú a dietro, al 1470 o poco dopo, che fu al conte scandianese anche il tempo dei tre libri degli amori: allora il Boiardo aveva finita la bucolica latina, e si provò alla volgare, riescendo con la sua cordiale bravura. Le corde della battaglia e della politica, come la zampogna e il flauto della campagna e degli amori, ei tócca e ispira egualmente bene, con piú eguaglianza che non il Boccaccio: primo a introdurre nella terzina dell’ecloga la rima sdrucciola del dialogo, secondo a dedurre nel canto pastorale la rima al mezzo della frottola. Al Boiardo si accompagnano nell’Emilia due altri gentiluomini rimatori, Niccolò da Correggio con la Semidea in terzine piane e Gualtiero Sanvitale con la Florida in sdrucciole;(10) a Ferrara, Antonio Tebaldeo.
Composto in quel torno, sta da sé, anche per la squisitezza della composizione, il Corinto di Lorenzo de’ Medici, vera ecloga classica. Classici, del resto, almeno nell’intenzione, quei versi pastorali eran tutti; e fatti da gente aulica per gente aulica, che andava adattando la moda del classicismo. Quando a un tratto, proprio in questo momento e per opera dello stesso Medici, esce la Nencia da Barberino. Una vera magia di trasformazione: Amarilli e la vecchia ecloga cadono in cenere, e ne sorge fenice la giovane contadina toscana nel suo abito da festa, nella piú amena e placida valle, nella piú soave e intera parlata del bel paese; e la poesia del rispetto popolare ricanta per bocca del signor popolare l’idillio dell’amor popolare. Ahimè, fu un lampo! Che se tutta l’Italia non è Toscana, né anche tutta Toscana è Mugello né tutti i rimatori sono il Medici. La Beca di Dicomano del Pulci e la Catrina del Berni furono presto una caricatura: bisogna tornare all’Arcadia. Non però senza prima avvertire l’apparizione d’un’altra forma, che piú veramente poté contribuire per qualche verso, almeno con l’esempio d’una piú elegante imitazione classica, alla futura composizione della favola pastorale. Dal tronco della rappresentazione, sacra e morale, ecclesiastica e borghese, in ottava e in terza rima, diramò in quelli stessi anni, con piú succhio lirico, la nuova foggia aulica dell’idillio virgiliano e ovidiano drammatizzato con mescolanze pastorali: l’Orfeo di Ang. Poliziano rappresentato alla corte di Mantova nel 1471 e il Cefalo di Nicolò da Correggio alla corte di Ferrara nel 1486.
Poco dopo, in Napoli, Jacopo Sannazzaro componeva a imitazione dell’Ameto l’Arcadia: dodici prose narrative o descrittive, dodici ecloghe rappresentative o liriche ed elegiache; non tutte di séguito; le prime dieci avanti il 1489, le ultime poco prima del 1504. Gli fu dato vanto d’avere innovato la terzina a rime sdrucciole per meglio rendere il dimesso dialogo dei pastori quando non cantano, e d’aver fatto piú d’una volta l’ecloga polimetra a meglio rendere la varietà dei racconti e delle rappresentazioni. Ma la terzina sdrucciola è, come già notai, di Luca Pulci morto prima del 1470 e del Boiardo che scriveva al piú tardi nel 1482; e il polimetro fu già di Giusto de’ Conti, non che del Boiardo stesso e dell’Arsocchi e Fiorini, che davano a stampa nell’81, e il secondo visse a Napoli assai. Il che non scema al Sannazzaro la lode di qualche novità, per aver saputo acconciare alla bucolica classica, dedotta puramente da Virgilio, la rima al mezzo popolare delle frottole napolitane, dei Gliommeri e delle farse cavaiole. Non gli scema la lode di aver fatto meglio di tutti; d’aver dato, massime nella prima seconda e decima, il piú bell’esempio, piú vivamente e drammaticamente mosso, dell’ecloga, accenno quasi divinatorio al dramma pastorale. E piú altre e maggiori sono le lodi dovute in generale a cotest’opera, che fu delle piú significative ed efficaci, se non delle piú originali, del Rinascimento.(11) Non piú allegorie: il moderno poeta avviasi veramente all’antica Arcadia, se non a quella storica di Polibio, una repubblica quasi elvetica, ov’era la vita laboriosa e dura nei campi, e l’ideale severità del costume portava l’educazione mista degli adolescenti e delle vergini al canto degli inni accompagnanti i sacrifici di Bacco, a quella almeno virgiliana – soli cantare periti Arcades –

(Atque utinam ex vobis unus vestrique fuissem
Aut custos gregis aut maturae vinitor uvae!),

quella che poi divenne un paese, in cui piú che di lavorare la gente si occupava di fare all’amore cogliendo fioretti, Cuccagna magra e Bengodi esangue della decadenza. A questa Arcadia avviavasi dunque e ci viaggiava per entro il poeta; ma, come poeta moderno, mesto e addolorato, d’amore e d’altre pene. E poi ben presto l’Arcadia del Sannazzaro si riconosce essere la valle di Gifuni in quel di Salerno, ov’erano i possedimenti della famiglia e ove la madre l’allevò ed egli la pianse morta e s’innamorò. E tutta degli amori e dolori suoi, e di quelli degli amici e di quelli de’ suoi re, è piena quest’Arcadia, tanto piú nobile dell’Ameto. Quelle grotte, è vero, sono tutte intarsiate di vecchi frammenti greci e latini e rivestite di spoglie toscane. Che importa? cosí voleva il tempo. Ma entro v’abitano veramente, o almeno parve al poeta, quelli ch’ei chiama i gloriosi spiriti dei boschi; e l’Europa ammirata per un secolo ne udí risonare

El dulce lamentar de los pastores,

come in bellissimo verso cantava Garcilaso de la Vega, un de’ celebrati imitatori del poeta napolitano. Per un secolo intero l’Europa fu allo specchio dell’Arcadia a farsi classica: su le tracce del Sannazaro, a mezzo il Cinquecento, in Spagna, Giorgio di Montemayor componeva la Diana, e il gran Cervantes, nel 1584, la Galatea: in Inghilterra, nel 1590, fiorente Shakespeare, che al Sannazzaro deve almeno il nome di Ofelia, Filippo Sidney rifaceva un’Arcadia; e in Francia, nel 1610, Onorato d’Urfè faceva l’Astrea.
In Italia l’opera del Sannazzaro poté in appresso suggerire o prestare alla futura favola pastorale paesaggi e figure di personaggi liricamente appassionati: per intanto ebbero piú fortuna le parti metriche, le quali imitate originarono e divulgarono una specie di ecloghe nuove, di cui molte furono anche recitate e rappresentate. Dello stesso tempo altre piccole poesie rappresentative, non sempre e non tutte in terza rima, vennero in uso, pur col nome di ecloghe e piú largamente di commedie pastorali e rusticali; le quali paionmi piú tosto discendere per degenerazione dalla Nencia del Medici e dall’Orfeo del Poliziano. Ora è invalsa un’opinione che in coteste due specie, frequenti sul finire del secolo decimoquinto e nei primi trenta o quarant’anni del decimosesto, vuol cercare e trovare le origini prossime del dramma pastorale. Il che, se intendasi della favola o tragicommedia del Tasso e del Guarino, non mi pare opinione sicura; e vorrei mostrarlo, non pur prendendo in piú largo esame gli esempi accennati un po’ di passaggio e alla svelta da altri, ma anche recandone io di nuovi. Potrebbe essere una mostra non incuriosa di fatti ed esempi d’una poesia mezzo aulica e mezzo popolare, non molta conosciuta o da molti.

Giosuè Carducci – Sì crudelmente fero è quel flagello

Sí crudelmente fero è quel flagello
Onde me già del breve correr lasso
Il disinganno sferza a ciascun passo,
Che fine io chiamo al reo cammin l’avello;

E tra forme gentili e nel piú bello
Aprir de’ floridi anni io l’occhio abbasso,
Quasi cercando oltre la terra il passo
A l’inamabil cieco ultimo ostello.

Ma di speme atteggiato e di dolore
Mi sofferma un sembiante; e lacrimoso
Pur in me guarda, e pio tace. Furore

Quinci ed amor nel petto procelloso
Surgono a gran tenzone; e vince amore:
Ond’io fremendo e sospirando poso.

Giosuè Carducci – Tu mesta peregrina il dolce nido

Tu, mesta peregrina, il dolce nido
Lasci e de l’aer nostro il novo gelo:
T’invita più benigno ardor di cielo
E primavera di straniero lido.

E me lasci che tristi ore divido
Pur co ‘l dolore onde i lassi occhi velo.
Tornerà tempo che senz’ombra o velo
Si porga l’aer nostro a te piú fido.

Allor candidi soli; allor fiorente
Il colle e il piano; allor tutto d’amore
Ti riconsiglierà soavemente.

Né allor ti sovverrai l’uman dolore
Di che si piange or qui. Non acconsente
Al pianto, e oblia, de’ fortunati il cuore.

Giosuè Carducci – Peregrino del ciel Garrulo a volo

Peregrino del ciel, garrulo a volo
Tu fuggi innanzi a le stagion nembose,
E vedi il Nilo e nostre itale rose,
Né muti stanza perché muti polo:

Se pur de le lontane amate cose
Cape ne’ vostri angusti petti il duolo,
Né mai flutto inframesso o pingue suolo
Oblio del primo nido in cor ti pose;

Quando l’ala soffermi a’ poggi lieti
Che digradano al mar da l’Apennino
Bianchi di marmi e bruni d’oliveti,

Una casa a la valle ed un giardino
Cerca, e, se ‘l nuovo possessor no ‘l vieti,
Salutali in mio nome, o peregrino.

Giosuè Carducci – Forse avverrà se destro il fato assente

Forse avverrà, se destro il fato assente
Vóto che surga pio di sen mortale,
Giuseppe, e s’a piú ferma età non mènte
Il prometter di questa audace e frale,

Che in piú libero cielo aderga l’ale,
D’amor, di sdegno e di pietà possente,
Questo verso, che fioco or passa quale
Eco notturna per vallea silente:

Pur caro a me, che del rio viver lasso,
Ma ogn’or di voi, sacre sorelle, amante
Lo inscrivo qui come in funereo sasso:

Pago se alcun dirà – Tra ‘l vulgo errante
Che il bel nome latino ha volto in basso
Fede ei teneva al buon Virgilio e a Dante -.

Giosuè Carducci – Ideale

Poi che un sereno vapor d’ambrosia
da la tua coppa diffuso avvolsemi,
o Ebe con passo di dea
4     trasvolata sorridendo via;

non piú del tempo l’ombra o de l’algide
cure su ‘l capo mi sento; sentomi,
o Ebe, l’ellenica vita
8     tranquilla ne le vene fluire.

E i ruinati giú pe ‘l declivio
de l’età mesta giorni risursero,
o Ebe, nel tuo dolce lume
12    agognanti di rinnovellare;

e i novelli anni da la caligine
volenterosi la fronte adergono,
o Ebe, al tuo raggio che sale
16    tremolando e roseo li saluta.

A gli uni e gli altri tu ridi, nitida
stella, da l’alto. Tale ne i gotici
delúbri, tra candide e nere
20    cuspidi rapide salïenti

con doppia al cielo fila marmorea,
sta su l’estremo pinnacol placida
la dolce fanciulla di Jesse
24    tutta avvolta di faville d’oro.

Le ville e il verde piano d’argentei
fiumi rigato contempla aerea,
le messi ondeggianti ne’ campi,
28    le raggianti sopra l’alpe nevi:

a lei d’intorno le nubi volano;
fuor de le nubi ride ella fulgida
a l’albe di maggio fiorenti,
32    a gli occasi di novembre mesti.

Giosuè Carducci – Adolescenza e Gioventù poetica nel Foscolo

I.

In questa edizione le poesie del Foscolo, liriche e satiriche, originali e tradotte, edite e inedite, con varianti e illustrazioni d’ogni maniera, tengono 485 pagine; e sono distribuite in quattro parti: 1) pubblicate da esso l’autore, 2) frammenti del carme alle Grazie, 3) postume e traduzioni, da quella in fuori dell’Iliade, 4) giovanili. Sta innanzi in CCXXVI pagine la prefazione del Chiarini, che dà di esse poesie la storia interna ed esterna e molte notizie e induzioni e questioni su gli amori su i lavori e in generale su la vita del Foscolo.

II.

Facciamoci dai versi giovanili, o, meglio, dell’adolescenza; dai versi, dico, che il Foscolo compose in Venezia dai quattordici ai diciannove anni, tra il 1792 e il ’97, e che hanno per termini il Tieste e l’oda Bonaparte liberatore. Non pregi veri o contrastati che abbiano, ma ci sedurrà a fermarci attorno ad essi certa curiosità degli indizi di quel tempo e delle alluvioni e fecondazioni che si successero in quel singolare spirito giovinetto.

Monumenti e notizie dei primi saggi poetici del Foscolo sono nel manoscritto ch’ei mandò il 1794 a Costantino Naranzi e fu impresso il 1831 in Lugano coll’ambizioso titolo di Poesie inedite, nelle lettere a Gaetano Fornarini di Brescia dal dicembre del ’94 all’agosto del ’95, in un Piano di studi e indice di scritti concepiti o finiti o abbozzati sino all’anno 1796 lasciato a Tommaso Olivi da Chioggia e pubblicato il 1881 in Bologna dal sig. Leo Benvenuti, nel Mercurio d’Italia e nell’Anno poetico di Venezia del 1796 e 97, e in pochi fascicoli stampati in quegli anni o di poi per occasioni: documenti tutti che il Chiarini con ogni diligenza raccolse, raffrontò, esaminò o anche riprodusse nel volume108.
Il Foscolo dunque fu verseggiatore precoce. Tradusse molto: tutto Anacreonte, due odi di Saffo, un’ode di Pindaro, e pezzi di Teocrito, e da Orazio parecchie odi, ed elegie di Catullo e di Tibullo e Properzio; di latini moderni, dal Pontano; di stranieri, il libro terzo del Paradiso perduto, e idilli di Gessner, e canzonette inglesi, francesi, tedesche, tutto dal francese; fino una canzoncina di Thesdeher (?) anacreontico turco, del quale piú altre poesie affermava conoscere voltate in greco volgare. Tredici anni dopo, da Pavia, professore, scriveva: «Si canta canzoni greche, in canto fermo, a modo degli Albanesi, e ieri quelle arie, tra il barbaro e il passionato, esilararono la penosa anima mia109.» Forse il zacintio aveva dai primi anni ritenuto nella memoria di que’ distici cosí amorosamente greci cantati ancora per le isole Jonie; come, a esempio, questi tre tutti Teocrito:

Quando il gelsomino fiorisce, le sue ciocche se ne ornano;
E quando la giovinetta s’abbiglia, i giovani escono di sé.

Papavero folto, folto, gentile,
Prestami i fior tuoi e’l tuo rossore,
Ch ‘i’ mi vesta, m’abbigli, nel lido scenda
E strugga d’amore.

Stilla il tuo tetto a correnti a correnti amarezza,
E io assetato la beo per il dolce amor tuo110.

Altrettanta, se non larghezza, varietà o divagazione di contatti, e, se mi111 sia permessa l’espressione, d’attingiture e intingiture, è attestata anche dal piano di studi, ove si abbracciano o fanno alle braccia i nomi di Omero e d’Ossian, del Tasso e di Milton, di Sofocle e di Shakespeare, dell’Ariosto e di Rousseau, di Swift e di Cervantes, di Teocrito e di Gessner, delle Georgiche e de’ Piaceri dell’immaginazione, di Saffo e delle lettere d’Eloisa imitate da Pope, d’Orazio del Guidi e di Gray, del Frugoni e di Haller, del Savioli e di Whaller, di Richardson, di Arnaud e di Goethe. E tutte queste letture e versioni e imitazioni, se non potevano per una parte conferire di molto alla pronta e retta educazione del giudizio estetico, dovevano per un’altra promuovere il rapido svolgimento di quel senso d’una vita piú larga e piú mossa in una realtà passionata, che, pur con l’espressione enfatica e asmatica e torbida, distingue subito i poeti e gli scrittori in generale della fine del secolo dagli arcadi e dagli imitatori dei cinquecentisti nel principio o nella metà prima.

Del proprio il Foscolo giovinetto compose molte anacreontiche su l’innanzi del Vittorelli e del Bertòla, tredici odi savioliane – cosí egli – , molte odi oraziane, cioè a mo’ di Labindo, e idillii gessneriani a strofette fra rolliane e frugoniane a mo’ pur del Bertola; i quali modi tutti erano la moda poetica dell’Arcadia trasmutantesi al filosofismo sentimentale. E con ciò scriveva anche un’ode mosaica e parodie (poveretto!) delle odi pindariche. Ma piú dovea tenersi di certe odi che accennava al Fornasini fin dal 19 agosto ’95 e indicava e registrava nell’indice del ’96. Non oraziane o fantoniane, non savioliane, non pindariche, non mosaiche; ma del conio dell’autore – cosí egli. – Dovevano andar raccolte in un solo libretto col motto Vitam impendere rero. Dovevano esser dodici, ma tra le finite nel ’95 e le composte o da comporsi nel ’96 e nel 97 io ne conterei diciassette. Vero è che alcune le avea rifiutate, e di tutte sentenziava nell’indice, «esigono la lima di molti mesi.» Di piú, per quelle già composte nel ’95, «L’inquisizione – egli scriveva al Fornasini – si mostra severa; a primo leggerle sembrò sia stata presa da un accesso di febbre.» Eccone gli argomenti e i titoli: nel ’95, A Dante, La verità, Il sacrificio o L’olocausto (allo Scevola: per nuova messa), La campagna  (al Bertòla), In morte del duca G. C., L’ingordigia o L’avarizia, L’incontentabilità, I destini, Ai regnanti (qui – notava il poeta – l’inquisitore fa foco), L’adulazione (al Parini), All’Italia: nel ’96, I Grandi, A mia madre, La musica (all’Ansani), Robespierre (ne fece poi in cambio una cantica), Il mio tempo. E a questa serie si lega l’ode Ai novelli repubblicani composta e pubblicata nel 97. Il Chiarini ritrovò e ha pubblicato le intitolate A Dante, La verità, La campagna, In morte del duca G. C., Ai novelli repubblicani.
La campagna è dei soliti pasticcetti gessnero-bertoliani. Quella su la morte del duca spira furori biblici contro gli empi. Nelle altre si sente la lettura del Parini, dell’Alfieri, del Mazza, ma senza rimembranze; e certe imagini profetali e certe forme quasi dantesche e piú le imitazioni di Young e di Ossian sono in viscida mescolanza impastate con la fraseologia filosofica sentimentale e democratica di quella età. Singolari per audacia di grottesco certi impeti e certe mosse. Al Bettinelli, cui piú tardi mandandogli i Sepolcri dovea salutare padre e maestro, nell’ode a Dante augura questo:

Pera!…
La lingua succida (sic)
Costui nutra nel sangue,
E per delfici lauri
Gli accerchi invece un angue,
Sanie stillante infesta,
L’abominevol testa.

La Verità principia cosí:

Sino al trono di Dio
Lanciò mio cor gli accenti
Che in murmure tremendo
Rispondono i torrenti,
E dalla ferrea calma
Delle notti profonde
Palma battendo a palma
Ogni morto risponde.

Nel Mio tempo:

Vien meco, o Elettra, a piangere
Il soqquadrato mondo,
Ch’ode gli eterei fulmini
E corre furibondo
A trar suoi giorni eterni
Nei spalancati Averni.

Ai novelli repubblicani, con rimembranze delle tragedie scritte dall’Alfieri e delle tragedie fatte dalla rivoluzione diceva:

Questo che io serbo in sen sacro pugnale
Io l’alzo, e grido all’universo intero:
Fia del mio sangue un dí tepido e nero
Ove allontani le santissim’ale
Dal patrio cielo Libertà feroce.
Già valica mia voce
D’Adria le timid’onde,
E la odono eccheggiando
Le marsigliesi sponde…..

A l’armi! Enteo furor in voi discende,
Che i spirti ingombra e l’alme erge ed avvampa;
E accesa in ciel di ragïon la lampa,
Vi toglie agli occhi le ingannevol bende:
Che ragïon figlia di Dio v’invita
A vera morte e addita
I rei petti esecrandi
Ove, Piantate, grida,
Infin a l’elsa i brandi.

Delle odi libere, cioè delle canzoni a strofi sciolte sul modello del Guidi, altra forma lirica agli esercizi del giovinetto, una sola rimane, ben conosciuta, il Bonaparte liberatore (1797); ove la rigidezza alfieriana si scioglie e distende sotto i tepori del Monti, e spuntano e si affacciano o si accusano le prime forme veramente foscoliane.
Anche sonetti, naturalmente, compose: non so quanti per monache, quattro per la morte del padre: un de’ quali a stampa, e negli ultimi versi risuona il pianto come si faceva una volta intorno a’ morti:

spirata l’alma,
Cessò il silenzio; e alle strida amorose
La notturna gemea terribil calma.

Il Chiarini riprodusse quello su la neutralità di Venezia, di valore storico, e anche non senza qualche efficacia di rappresentazione.

O di mille tiranni, a cui rapina
Riga il soglio di sangue, imbelle terra!
‘Ve mentre civil fame ulula ed erra,
Siede negra politica reina;

Dimmi che mai ti val se a te vicina
Compra e vil pace dorme, e se ignea guerra
A te non mai le molli trecce afferra
Onde crollarti in nobile ruina?

Già striscia il popol tuo scarno e fremente
E strappa bestemmiando ad altri i panni,
Mentre gli strappa i suoi man piú potente.

Ma verrà giorno, e gallico lo affretta
Sublime esempio, ch’ei de’ suoi tiranni
Farà col loro scettro alta vendetta.

E io credo si debba riportare e riallogare in questo primo periodo il sonetto che incomincia Quando la terra è d’ombre ricoverta, dal quale, come ben parve al Chiarini, il Foscolo poeta poi da vero rifece nel 1800 il bellissimo Cosí gl’interi giorni ecc.

- Laura, canti in terzine e in isciolti – è nell’indice del ’96 la intitolazione generale d’una serie di poesie, d’argomento, come chi dicesse intimo o soggettivo, meditazioni o elegie: in terzine L’aurora, La notte, Le rimembranze, Le ore: in isciolti, Il tempietto, Amore, I deliri. Non rimangono che Le rimembranze, alle quali si può accompagnare la elegia pure in terza rima per morte di Amaritte, pubblicata in una raccolta del ’96: da questa apprendiamo che il poeta piangeva da un anno la mortagli amica, giovinetta bionda con occhi azzurri. Il piú volte citato indice fra altre prose registra Lettere ad una fanciulla, e anche Laura – lettere; nell’Ortis è la storia di Lauretta; e forse in quell’amore e in quel dolore di adolescente convien ricercare il primo elemento del romanzo, del quale, ricordiamolo, la scena per la prima parte è posta nei colli euganei. Il Chiarini ne ha indovinato, parmi, qualcosa (pag. XXX della prefazione); egli, spero, non intralascerà gli studi sul Foscolo, e vorrà procurare un’edizione critica dell’Ortis con raffronti e richiami alla edizione bolognese lasciata a mezzo e poi rifiutata: allora vedrà se in quel romanzo, come a me pare, si possa distinguere o scernere due o tre elementi diversi, due o tre diversi momenti di concezione e di elaborazione. Torniamo ai canti elegiaci. Di quelli in isciolti già enumerati nell’indice non se ne sa nulla; ma resta inedito uno composto del ’95 in morte del padre, e fu stampato nel ’97 un canto al sole.
In tutte coteste o meditazioni o elegie o poesie intime, sciolte e rimate, che sopravanzano, spasseggia assai vistosamente la gufaggine sepolcrale di Young.
Nell’elegia per Amaritte:

Triste è cosí de’ morti la campagna
Allor che Young fra l’ombre della notte
Sul fato di Narcisa egro si lagna;

E al suon di sue querele alte interrotte
Silenzio oscurità s’alzan turbati
Dal ferreo sonno di lor ampie grotte.

E nelle Rimembranze:

Era l’istante che su squallid’urne
Scapigliata la misera Eloisa
Invocava le afflitte ombre notturne,

E sul libro del duolo n’stava incisa
Eternitade e morte a lamentarsi
Veniva Young sul corpo di Narcisa.

Peggio negli sciolti al sole:

Dal fondo
D’una caverna i fremiti e la guerra
Degli elementi udii. Morte su l’antro
Mi s’affacciò gigante; ed io la vidi
Ritta: crollò la testa e di natura
L’esterminio additommi.

Truffaldinata che ha l’antecedente nell’Entusiasmo malinconico del Monti. Nelle Ricordanze, fra ripetizioni e ripercussioni dantesche e versi di taglio alfieriano, c’è anche qualche tratto di quel misticismo sensuale di origini miste anglo-tedesche, che riscalducciò poi per tanti anni il romanticismo inferiore.

E mi stringea le man: – tutto fuggío
Della notte l’orrore, e radïante
Io vidi in cielo a contemplarci Iddio.

E petto unito a petto palpitante,
E sospiro a sospir, e viso a viso,
La bocca le baciai tutto tremante.

E quant’io vidi allor sembrommi un riso
Dell’universo, e le candide porte
Disserrarsi vid’io del paradiso.

Deh! a che non venne, e l’invocai, la morte?

Ma negli sciolti al sole si annunzia qua e là il Foscolo futuro. La derivazione e anche un po’ la intonazione è dall’apostrofe alla luna nella Dartula ossianesca; se non che il sentimento vero del poeta ben presto penetra l’imitazione e la trasforma.

Te, o Sol, riprega la natura, e il tuo
Di pianto asciugator raggio saluta,
E tu la accendi; e si rallegra e nuovi
Promette frutti e fior. Tutto si cangia,
Tutto père quaggiú! ma tu giammai,
Eterna lampa, non ti cangi? mai?
Pur verrà dí che nell’antiquo vóto
Cadrai del nulla, allor che Dio suo sguardo
Ritirerà da te: non piú le nubi
Corteggeranno a sera i tuoi cadenti
Raggi nell’Oceàno; e non piú l’Alba,
Cinta di un raggio tuo, verrà sull’orto
Di tua carriera. Oimè! ch’io sol non godo
De’ miei giovani giorni; io sol rimiro
Gloria e piacere, ma lugúbri e muti
Sono per me, che dolorosa ho l’alma.

Quel corteggiar delle nubi lo riprese poi in uno de’ sonetti piú veramente belli,

O sera! E quando ti corteggian liete
Le nubi estive e i zefiri sereni:

ed è delle non poche novità da lui portate nella lingua poetica.
Prima de’ diciannove anni il Foscolo faceva e volea fare pur troppo anche de’ poemi e delle cantiche; uno per esempio, che descrivesse la storia del cristianesimo nientedimeno che dal principio alla fine del mondo; e il Genio, in tre canti di versi sciolti (Canto primo, Il Genio universale: Canto secondo, Il Genio nelle scienze: Canto terzo, Il Genio nelle arti); e Il Piacere, canti tre in terza rima; e súbito dopo Il Robespierre, o, come scriveva egli, Il Roberspiere, canti tre pure in terza rima. Per fortuna, di cotesti poemi non ci resta nulla; se non l’occasione a notare come di simili trattazioni didascaliche e filosofiche l’esempio venisse dalla poesia inglese d’allora e avesse anche sedotto in età piú matura e già padrone dello stile quell’altro greco ingegno di Andrea Chénier: le cantiche poi dovevano essere d’ispirazione montiana. Lo fan supporre due poemetti che, fuori dei registrati nell’indice, furono stampati: La Croce, canto in terza rima pubblicato del ’96 per monaca, e La Giustizia e la Pietà, canti due in versi sciolti con un coro rimato, pubblicati del ’97 per S. E. Angelo Memmo che lasciava la reggenza di Chioggia.
La Croce mostra anche montiano del tutto l’impasto dello stile e l’andare della verseggiatura: ci sono terzine ormate evidentemente su altre del Pellegrino apostolico, qualcheduna non però senza grazia:

Tremante allor, con luci timorose,
Si strinse alla sua duce la donzella
E nel suo petto il volto si nascose.

Poi l’alzava qual dopo la procella
Pian pian tragge dal nido il capo, e guata,
L’impaurita ingenua colombella.

Nei canti pe ‘l Memmo è notevole, almeno come ricordo del luogo natale, la lode dell’aver represso il brigantaggio in Zante:

….. Di trofei recinto
Te Corcira adorò; d’Itaca i solchi
Al tuo apparire germinàro, offrendo
A te raro tributo; e Cefalene
Ancor ne serba la memoria dolce.
Ma Pietà tacque, e tonasti vendetta,
Decretata già in ciel: quando alle ricche
Zacintie spiagge tu lanciasti un guardo,
Tremàro. Ahi come abbandonate e sole
Stavan sui freddi talami le meste
Consorti cinte dai piangenti figli!
Ahi come il sangue uman sparso dall’uomo
Scorreva a rivi! Ahi come in man del ladro
Era la lance di giustizia, e come
Tutto era notte, tempesta, spavento!
Ma tu sorgesti, e il lutto sparve ancora.
Al Memmio nome l’omicida infame
Getta il pugnale, ed all’aratro torna,
Onde sien carchi di Britannia i pini
Del dolce frutto di Zacinto onore.

Ma fra altre lodi molte c’è uno sfiatatoio allo spirito democratico:

Pèra colui che il popolar talento
Deluse primo e calpestò la plebe
Schiava, già donna di sé stessa e d’altri.

Chiudo la serie delle citazioni con due terzine del Robespierre, che il Foscolo stesso mandava come saggio, in una lettera del ’96, al Costa:

Tal del Giordan sul margo un dí solía
Pianger l’arsa Sionne e il tempio infranto
L’ispirato dall’alto, Geremia.

E ad ogni verso del funereo canto
Contemplava le meste onde scorrenti
Tacito, immoto, con le luci in pianto

Non sono gran che, ma pure il pensiero ricorre ai versi dei Sepolcri che rappresentano l’Alfieri, e alla figura dell’Alceo nell’inno alla nave delle muse.
Finalmente il 4 gennaio del 1797 fu nel Sant’Angelo recitato, e per nove sere ripetuto con irruzione che formar potrebbe epoca (cosí si scriveva allora l’italiano in Venezia), il Tieste. E il diciottenne tragedo aveva anche in pronto un Edipo, recitabile (attesta egli nell’indice), ma da non istamparsi; e meditava Focione e i Gracchi.
Del Tieste né si può né si deve discorrere qui. E già troppo ci siamo indugiati intorno a poveri versi immaturi d’un poeta insigne. La colpa è del Chiarini, che, avendoli al fine tutti raccolti e industriosamente illustrati, ci ha alléttato a ricercarli con qualche curiosità, non per rifiutare e né meno per correggere il giusto giudizio datone da lui, sí, ripetiamo, per trovarci indizi dei sentimenti del tempo e trarne induzioni e divinazioni sul poeta futuro. Ma i veneziani coetanei di Carlo Gozzi del Baffo e del Gratarol riguardavano allora non senza stupore quello strano giovinetto greco di pelo rosso, che recitava Dante con rauca voce sepolcrale e componeva de’ poemi su Robespierre e delle tragedie su Tieste. Un Eduardo Samueli gli diceva:

Quand’io ti vidi rabbuffati i crini
Con rauca voce e fiammeggianti sguardi
Cantar in suon feroce i sacri ond’ardi
Del tuo padre Alighier carmi divini;

e, accennato alla cantica e alla tragedia, conchiudeva:

Cingi, o Italia, gridai, le fulve chiome
Del non tuo figlio del natío tuo serto,
E ne scolpisci ne’ tuoi fasti il nome.

E un Ferdinando Vaini,

Su l’addensata notte
De’ secoli fra rotte
Ombre, lucente, altero,
Quasi cometa pe ‘l nemboso piano,
O poeta, tuo nome
Galleggiar veggo con l’ignite chiome.

Mario Pieri, nelle sue memorie, descrive il Foscolo112 del ’97 cosí: «Io aveva già udito far menzione anche in Corfú d’un giovane mezzo veneziano e mezzo zacintio, cioè nato al Zante di padre veneto e di madre greca, che già levava grido in Venezia pe ‘l suo talento poetico. Egli contava a un di presso i miei anni e forse qualcuno di piú. Tenea fermo soggiorno in Venezia, ed abitava con la sua madre vedova, e parmi anche col fratello e con una sorella, in campo delle Gatte, contrada delle piú sudice di quella magnifica città, in una casa, per dir meglio catapecchia, sí miserabile, che nelle finestre non aveva vetri, ma bensí le impannate. Quel giovane per altro, ben lontano dal lasciarsi avvilire a quella intollerabile povertà, scherzava, potrebbesi dire, con essa, e sfidavala, e quasi se ne compiacea, superbo del proprio talento, e consolato dalla speranza di gloria che i suoi studi gli promettevano. Rossi capelli e ricciuti, ampia fronte, occhi piccoli e affossati ma scintillanti, brutte ed irregolari fattezze, color pallido, fisionomia piú di scimmia che d’uomo: curvo alquanto, comecché bene aitante della persona: andatura sollecita, parlare scilinguato ma pieno di fuoco: mettea meraviglia il vederlo aggirarsi per le vie e pei caffè, vestito di un logoro e rattoppato soprabito verde, ma pieno di ardire, vantando la sua povertà infino a chi non curavasi di saperla, e pur festeggiato da donne segnalate per nobiltà ed avvenenza e dalle maschere piú graziose e da tutta la gente. Questi era Ugo Foscolo, noto allora per sonetti ed anacreontiche, e sopra tutto per molte terzine dantesche; e che avea già consegnato alla compagnia del teatro Sant’Angelo il suo Tieste, sua prima tragedia, che eccitava in tutta Venezia una grandissima aspettazione, e ch’io vidi poco dopo in quel teatro accolta con applausi quasi incredibili, e replicata per ben trenta sere, onde appagare que’ cencinquantamila abitanti che volevan tutti sentirla. Io lo conobbi quasi appena arrivato a Venezia, ed a lui mi condusse Niccolò Delviniotti, mio concittadino, di sempre cara ed onorata memoria. Lo rivedea poscia sovente in Milano nell’ultima guerra, ma quanto diverso di quello di prima! Quell’uomo che vantavasi d’esser povero, e di non cibarsi d’altro che di riso e pane, e che andava sudicio e malvestito, tu lo avresti veduto tutto attillato e pulito, in un ricco quartiere, farsi abbigliare da capo a piedi dal suo servitore, frequentare le mense de’ grandi e venire predicando i comodi della vita… Egli per altro, sia detto a lode di lui e della verità, non prostituí mai il santo ministero dell’uomo di lettere, né serví alle occasioni, né ai governi, né ai principi; pur beato se non si fosse lasciato sedurre alle lusinghe del lusso di una corrottissima metropoli, che opprimendolo di debiti sparse di grande amarezza e affrettò i suoi ultimi giorni in mezzo al vigore delle sue onorate fatiche113.»
In questa pagina vive tutto il Foscolo di diciotto anni co’ fremiti e coi versi che udimmo: strana apparizione in quell’inverno dal ’96 al ’97 che diè l’ultimo e il piú allegro carnevale alla repubblica di Venezia, presso a crollare senza resistenze, senza difese, senza rimpianti.

III.

Il secondo periodo delle poesie del Foscolo è dalla venuta in Milano nel novembre del 1797 dopo la cessione di Venezia alla partenza pe ‘l campo di Boulogne nel giugno del 1804: è la gioventú vera dell’animo e dell’ingegno non che della vita d’Ugo, travagliantesi fra le armi e i pericoli e le passioni nella repubblica cisalpina e nell’italiana. Ora, dopo le ricerche e le fatiche del nuovo editore, che, seguendo anno per anno, mese per mese, a passo a passo, i viaggi gli amori e gli studi del poeta, ha nei capitoli terzo e quarto della prefazione assegnato con quasi certezza o dato altrui gli argomenti per assegnare il tempo della composizione di ciascun sonetto e ode, sarebbe un piacere discorrere di quella gioventú del lirico greco-italiano e riconstituire la storia dello svolgimento passionato ed artistico di quella poesia. Ma io non posso che accennare.
Le poesie di questo secondo periodo, cioè dodici sonetti e due odi (nella parte prima della edizione chiariniana) si può anzi si deve, chi le voglia intendere bene, dividere in due serie, che rispondono a due fasi o momenti diversi o meglio a due diverse condizioni e parvenze dell’animo e dell’ingegno del poeta. La prima, se mi sia lecito usurpare ad appropriazione individuale la denominazione d’un periodo della letteratura tedesca, è dello Sturm und Drang: ha il motivo e la ragione nella perdita della patria e nell’amore senza speranza per l’Isabella Roncioni, ha per termine e sfogo Le ultime lettere di Iacopo Ortis pubblicate nell’ottobre del 1802. La seconda, movendo dalla trasmutazione del sentimento a una piú larga se non piú chiara comprensione dell’essere, è della calma nel dolore e dell’amore per la plastica: è il regno delle forme dell’Antonietta Arese, e ha per contorno il commento alla Chioma di Berenice, pubblicato nell’agosto del 1803.

Come aveva chiuso la poetica adolescenza con l’imitazione della tragedia alfieriana nel Tieste e delle canzoni alfieriane nell’ode al Bonaparte, cosí Ugo cominciò alfiereggiando anche nei sonetti. Il primo, per la sentenza capitale contro la lingua latina proposta nel gran Consiglio Cisalpino l’anno 1798, ha solo il valore di documento storico, e del resto è inferiore a quello dell’Alfieri su la soppressione dell’Accademia della Crusca; anzi, a esser franchi, procede fra grandi avvolpacchiamenti di parole un po’ slombato. Alfieriano sempre, ma già con un tic d’originalità, il secondo Non son chi fui. Ma di lí a pochi mesi, forse a pochi giorni, ecco i tre, E tu ne’ carmi, Perché taccia il rumor, Meritamente, mirabili di novità, di purità, di movimento, vera lirica, alfine, dell’affetto superiore ed intenso trasformato ed idealizzato nel fantasma. Sono tutti e tre per la Roncioni, e scritti, come il Chiarini ha dimostrato, parmi, sicuramente, i primi due nel marzo o nell’aprile del ’99 quando i Francesi occuparono la prima volta Firenze, il terzo nella Liguria, lo stess’anno, probabilmente d’autunno. Sono i tre momenti dell’amore: l’ammirazione, il tremore, il dolore. Ma chi gli aveva dopo il Petrarca cantati mai cosí? E chi all’estasi e al gemito del Petrarca aveva mai saputo mescolare quel profumo e quel fremito di ionia primavera? chi nella toscana eleganza della forma petrarchesca aveva mai saputo condurre la purità della linea attica e la mollezza della voluta corintia con tanto pacata sveltezza? E quel zantiotto che era stato a scuola a Spalatro, italianizzatosi, diceva il suo ammiratore Samueli nel ’97, da quattro anni, fra i ciaccoloni cesarottiani veneti, digrignante sotto il suo soprabito verde versi apocalittici, come cosí d’un tratto era arrivato a tanta proprietà, eleganza ed efficacia di lingua, a tanta squisitezza, morbidezza, pastosità d’elocuzione, a tanta musica e volo di verso? Miracoli! Che un primo e vero amore, che l’apparizione soave d’una giovine bella e pura possa con un sentimento nuovo promuovere una nuova espansione della forza fantastica, s’intende. Ma la materia per esprimere ed imprimere i fantasmi, la parola, e l’istrumento e l’arte, chi glie li diede?
Al sonetto di lontananza (Meritamente) che tócca l’ultimo limite della passione (… Amor fra l’ombre inferne Seguirammi immortale onnipotente), succede, quasi intermezzo di riposo, l’ode, composta nel marzo 1800, per la Pallavicini caduta da cavallo. Procede questa, come anche notò il Chiarini, dalle odi pariniane, da quelle specialmente per donne; anzi il paragone di Pallade (Tal nel lavacro immersa) par suggerito da un simile nel Pericolo:

Parve a mirar nel volto
E ne le membra Pallade,
Quando, l’elmo a sé tolto,
Fin sopra il fianco scorrere
Si lascia il lungo crin.

Anche la combinazione dei versi, la strofe, è un misto di quelle del Pericolo e dell’Educazione. Quel tronco finale del Pericolo martellava un po’ troppo: piana troppo in vece, e quasi discorsiva, la strofe dell’Educazione. E questa fu rialzata con gli sdruccioli al fin d’ogni coppia, e quella del Pericolo ammollita con tôr via il tronco. È un metro che il Foscolo deve al Bertòla. Per l’invenzione fu già notato che move dall’ode I Cocchi di Luigi Lamberti. Ma nell’eccellenza, almeno per gran parte, dell’esecuzione il giovine lirico si lascia addietro d’assai, non che il Lamberti, il Parini.
Liberata, come si diceva, l’Italia, e restaurata la repubblica, il Foscolo da Milano fu sul finire del 1800 a Firenze, e cantò il chiudersi dell’anno e del secolo con un sonetto novellamente alfieriano (Che stai?), di magnanima conchiusione. E chiuse la storia del giovanile e infelice amore col bellissimo Cosí gl’interi giorni.
Questi sette sonetti, con un ottavo Il ritratto e con l’ode alla Pallavicini, pubblicati la prima volta nel Nuovo giornale dei letterati in Pisa del 1802, sono come i bassorilievi piú puramente artistici che circondano e adornano la base della piramide funebre o del cono tronco, un tantino rococò, di Iacopo Ortis. Ma il ritratto non è mica gran cosa, che che ne pensino i facitori d’antologie e i maestri di scuola. Prima di tutto, la enumerazione, chiunque la faccia, non sarà mai poesia; e poi questa enumerazione foscoliana in quattordici versi non ha né meno il merito dell’originalità; è una scimiottata di quella dell’Alfieri, alla quale per concettosità e concisione rimane di molto inferiore. Già, a proposito di autoritratti mi torna sempre a mente quella mossa del Montesquieu: Je vais faire une assez sotte chose, c’est mon portrait. E mi dispiace che uomini come l’Alfieri e il Foscolo dandosi cosí in pascolo agli sciocchi abbiano lusingato le inclinazioni istrioniche del volgo dei lettori, abbiano pòrto esempio o pretesto o scusa a tante grullerie d’una letteratura vanesia. Un uomo come l’Alfieri fare la propria presentazione con simili versi, Giusto naso, bel labro e denti eletti! e il Foscolo, Capo chino, bel collo largo petto! e fino il Manzoni, Naso non grande e non soverchio umíle! Oh, i connotati per il passaporto in metafore e in rime!
Notammo la derivazione dell’ode alla Pallavicini dal Parini e dal Lamberti. Né qui finiscono le derivazioni o le imitazioni o le rimembranze foscoliane. Luce degli occhi miei, chi mi t’asconde? chiude il sonetto Cosí gl’interi giorni: ma questo verso, e un pochetto anche la principal situazione di tutto il sonetto, è del Lamberti nel Lamento di Dafni:

Ecco già il mondo in preda al sonno giace,
Ecco tacciono i venti e taccion l’onde,
Sol nel mio petto il mio dolor non tace:

Quindi i poggi e le valli ime e profonde
Fo egualmente sonar d’un mesto grido
- Luce degli occhi miei, chi mi t’asconde?

Proprio del Lamberti, di cui il Foscolo undici anni dopo dimandava: Chi legge i versi del Priscian Lamberto? e pare non ricordasse piú che poteva rispondergli, Voi. – Un altro sonetto comincia con un’imitazione, che dico? con una traduzione di due versi del falso Cornelio Gallo o vero di Massimiano etrusco elegiografo del tempo di Teodorico, e finisce con altre imitazioni o traduzioni da Ovidio e da Seneca. Ma chi, anche erudito, ripeterebbe il distico di Massimiano,

Non sum qui fueram, perit pars maxima nostri;
Hoc quoque quod superest languor et horror habet,

di faccia alla giovine bellezza di questi versi qui,

Non son chi fui; perí di noi gran parte:
Questo che avanza è sol languore e pianto;
È secco il mirto, e son le foglie sparte
Del lauro, speme al giovanil mio canto?

L’altro principio,

Meritamente, però ch’io potei
Abbandonarti, or grido alle frementi
Onde che batton l’alpi, e i pianti miei
Sperdono sordi del Tirreno i venti,

ricorda il principio d’un’elegia dell’Ariosto,

Meritamente ora punir mi veggio
Del grave error ch’a dipartirmi feci
Da la mia donna, e degno son di peggio;

e ambedue ricordano il properziano,

Et merito, quoniam potui fugisse puellam,
Nunc ego desertas adloquor alcyonas.

Ma, col dovuto rispetto al Callimaco umbro, i gabbiani a cui si presenta allocutore fanno, a dir vero, una gran magra figura dinanzi alle frementi onde che batton l’alpi.
I piú grandi poeti del rinascimento, e in ciò i moderni neoclassicisti li seguitarono, si recavano a pregio d’ingegno e d’arte derivar nel volgare certe bellezze d’imagini e di figure dagli antichi; prendere poi dagli stranieri reputavano conquista; e togliendo a’ mediocri o a’ minimi qualche diamantuzzo non credevano di rubare ai poveri, ma di renderlo alla grazia delle Muse incastonato in monili d’eterno lavoro. Gente invidiosa e superba confonde oggi le imitazioni utili e le inevitabili reminiscenze co’ plagi, e fruga e accusa plagi per tutto; mentre essa copia e lucida e prende tutto dagli stranieri, fino il modo di pensare e di dire; e alla disperata copia sé stessa, cioè quello che di piú brutto, di piú abietto e di piú ebete possa sopportare la terra. Torniamo al Foscolo. Le imitazioni degli elegiaci latini rivelano almeno uno degli studi nel cui strofinamento il levantino giunse a deporre l’antica scorza. E forse che l’eleganza allucignolata del Lamberti, buon traduttore, del resto, dal greco, e che sapea le veneri latine lavare nelle chiare fresche e dolci acque del toscanesimo classico, forse che, dico, la eleganza del Lamberti gli fu guida traverso i cinquecentisti (il Foscolo mostrò tener conto del Tarsia e del Della Casa, quasi autori d’uno stil nuovo) fino al Petrarca.

Alla seconda serie poetica della gioventú del Foscolo appartengono l’ode all’amica risanata e quattro sonetti. Queste poche liriche, pubblicate la prima volta nelle prime due edizioni milanesi delle Poesie dell’autore che uscirono a poca distanza di mesi nel 1803, sono piú che probabilmente composte tutte nel 1802: il sonetto che incomincia Un dí s’io non andrò sempre fuggendo, necessariamente dopo la morte del fratello Giovanni che fu nel dicembre del 1801: quello a Zacinto io lo suppongo scritto dopo l’ode all’amica, la quale è senza dubbio dell’aprile 1802, per questo; che l’ode finisce con quel passionato accenno alle isole ionie, accenno, perché l’economia lirica non voleva di piú; ma quel ricordo non bastava all’animo del poeta, che si sfogò nel sonetto, Né piú mai rivedrò le sacre sponde. Per quale o in quale occasione precisamente fossero composti gli altri due, Forse perché della fatal quïete e Pur tu copia versavi alma di canto, non si può indovinare: a ogni modo innanzi o ne’ primi del 1803. Di cotesti sonetti, tre – in morte del fratello – a Zacinto – alla sera – sono di certo i piú belli del Foscolo, e, dopo quelli di Dante e del Petrarca e qualcuno forse del Tasso, sono dei piú perfetti della poesia italiana. Se non che dire perfetti non mi pare lode giusta: la perfezione può essere anche fredda; e questi sonetti pur cosí grondanti di lacrime e frementi di disperazione, sono caldi, caldi, caldi della divina passione giovanile: sono, senza piú, una meraviglia. E se qualcuno non lo capisce o non lo vuol capire, non importa proprio nulla. Ciò che il De Sanctis riconobbe nell’ultima terzina del sonetto a Zacinto, il presentimento di Giacomo Leopardi, a me par di trovarlo in tutti tre: ma lascerei da parte il Leopardi, e direi, che, mentre nei primi sonetti si divincolava lo spasimo individuale, in questi sentesi nella sua fatalità quasi serena la doglia mondiale.
Fra essi, come statua greca del quarto periodo dell’arte, sorge l’ode all’amica risanata, una stupenda perfezione marmorea. Di questa ode giudica molto bene il Chiarini – «Le ultime sette strofe sono di una purezza antica, quale fino allora non s’era veduta nella nostra poesia. Chi legga le lettere che il poeta scriveva in quei giorni all’amica e le paragoni con l’ode, non potrà non restare meravigliato del contrasto singolarissimo. In quelle le espressioni di un amore esaltato, in questa neppure un accento di passione. Non si direbbe davvero che questa ode è la poesia di un innamorato. Il Foscolo, che sapeva mettere nella prosa tutta la poesia della passione (le sue lettere d’amore sono delle piú belle che io abbia lette), in questi versi, come nella maggior parte di quelli delle Grazie, coi quali celebra altre donne amate da lui, è d’una freddezza glaciale; è un artista che tutto assorto nella serena contemplazione della bellezza della sua donna si dimentica affatto che cotesta donna è pur quella che gli fa battere il cuore violentemente; si direbbe che, mentre egli la canta, se la vede dinanzi come una Venere, come una delle Grazie, bella e perfetta si, ma di marmo; anzi piú gelida ancora, poiché il marmo della Venere di Canova lo facea sospirare, con mille desiderii e con mille rimembranze nell’anima.» Aggiungo, quasi temperamento, un passo del De Sanctis: «A quei sonetti lapidarii, dove la vita è come raccolta e stagnata al di dentro, succede la classica ode ne’ suoi ampi e flessuosi giri, dove l’anima si espande nella varietà della vita. In questo suo classicismo a colori nuovi e vivi senti la freschezza di una vita giovane guarita da quel sentimentalismo snervante, e risorta all’entusiasmo, incalorita dagli occhi negri e dal caro viso e dall’agile corpo e da’ molli contorni della beltà femminile, tra balli e canti e suoni d’arpa. In questo mondo musicale e voluttuoso l’anima si fa liquida, si raddolcisce, e spunta la grazia; le corde eolie si maritano all’itala grave cetra114.»
Di mio faccio un po’ di commento. Evidente nella prima strofe è a tutti la comparazione omerica e virgiliana, e qua e là qualche rimembranza d’Orazio e d’altri poeti latini. Non so per altro se in quei bei versi della terza

tornano
I grandi occhi al sorriso
Insidïando, e vegliano
Per te in novelli pianti
Trepide madri e sospettose amanti,

qualcuno abbia riconosciuto questi d’Orazio

Te suis matres metuunt iuvencis,
te senes parci miseraeque nuper
virgines nuptae, tua ne retardet
aura maritos:

che è realismo nella eleganza efficacissimo; ma, perché divenisse complimento passando da una etaira a una contessa, bisognava rammodernarlo o rammorbidirlo, come il Foscolo seppe. Chi poi non ricorda?

Ebbi in quel mar la culla:
Ivi erra, ignudo spirito,
Di Faon la fanciulla;
E se il notturno zeffiro
Blando sui frutti spira,
Suonano i liti un lamentar di lira.

E da vero nei canti popolari delle isole ionie

spirat adhuc amor
Vivuntque commissi calores
Aeoliae fidibus puellae.

Eccone alcuni:

Amore, perché mi svegliasti, ché dolce i’ dormivo?
E mi mettesti pensieri ch’i’ non nutrivo?

Questo non è affanno ch’i’ ho nel cuore.
Ma è amor vero che mangia le viscere mie.

Come i fiori del mandorlo biancheggia il tuo viso:
Chi ti vede vien meno e languisce dinanzi a te.

Ahi come lo soffersi io tanto? Quando ti veggo, tremo,
Le mani e i pie’ e la parola che parlo.

Come tremolano le stelle del cielo infin ch’aggiorni,
Trema e a me il cuor mio finché ti rincontri.

Di contro a me venisti e sedesti, come sole, come luna;
E succiasti il sangue mio come l’arida spugna.

Di contro, di fronte a me siede la mia desiderata;
E freddo freddo sudore corre dal corpo mio.

Quand’odo ‘l tuo nome, non so perché,
Palpitano le viscere mie, il mio corpo vien meno115.

Non cito per isfoggio d’erudizione, ma per trasfondere, potendo, nei lettori la persuasione mia, che gli elementi e le forze della rinnovazione fatta dal Foscolo nella lirica italiana provengono in gran parte dal sangue e dal sentimento greco.
Difficile, dopo cotesta ode, far meglio in quel genere. E nei sonetti a Zacinto e alla sera è raggiunta la suprema perfezione nella corrispondenza del motivo al metro e alla forma. Meglio smettere, cosí pare l’intendesse il Foscolo, forse anche ammonito dalla inferiorità del sonetto finale, Pur tu copia versavi alma di canto. Né piú fece sonetti, salvo uno che tentò non felicemente pe ‘l ritratto dipintogli dal Fabre nel 1813 e che non pubblicò egli. E si volse agli sciolti.
Quello degli sciolti è il terzo periodo dell’arte foscoliana; dove specialmente per le Grazie la industria critica del Chiarini fu piú faticosa ed è piú benemerita. Ne discorreremo altra volta.

Giosuè Carducci – Sull’”Atta Troll” di Heinrich Heine

I.

L’Atta Troll, immaginato in Cauteretz, piccolo borgo de’ Pirenei, nel 1841, nella stagione delle bagnature, fu buttato giú in una prima composizione sul finire di quell’autunno, e nel 1842 pubblicato a pezzi in un periodico tedesco che s’intitolava Il mondo elegante. «Ma in generale i poemi epici – scriveva il Heine al suo editore Campe – han da essere rifusi piú d’una volta: quante volte rimutò il suo l’Ariosto! quante il Tasso! Il poeta alla fine è un uomo, e i migliori pensieri gli vengono dopo il fatto3.» E cosí, pensatoci su ancora qualche anno fra i dolori d’una lunga malattia agli occhi e i fastidii d’una questione d’interessi con parenti, Enrico Heine, sol nell’autunno del ’46, molte cose aggiunte, altre mutate, finí la piú fantastica e insieme la piú serenamente aristofanea satira che egli mai scrivesse e che la poesia germanica vanti.
L’autore stesso, nella prefazione che va innanzi al poema, narrò, con quella intima e splendida arguzia che è tutta sua, le circostanze fra le quali l’Atta Troll venne su, e anche rivelò i suoi intendimenti e le mire. Le ragioni storiche e politiche, le piú peregrine notizie, i piú sicuri schiarimenti su le allusioni personali, gli ha dati Carlo Hillebrand nella lettera al traduttore e nelle note che adornano preziosamente questa edizione. E già esso traduttore aveva pubblicato in un fascicolo della Nuova Antologia dello scorso anno un accurato studio su l’Atta Troll e sul genio satirico del Heine. Dopo ciò una mia prefazione è da vero inutile. Ma la prefazione di un terzo qualunque a un libro non suo può ella essere mai altro che inutile? Perché questa mia sia meglio in carattere, io cercherò di rappezzarla rubacchiando a man salva di qua e di là.

II.

Atta Troll è il filisteo tedesco mascherato da orso. Ma che cosa intendono i tedeschi per filisteo? e che cosa è il filisteo in generale? Lasciamolo dire al Chiarini, il quale, per la pratica lunga che ha avuto con l’orso, deve conoscerne meglio di altri il genio le abitudini e i gusti.
«Interrogando le sue memorie infantili intorno alla storia sacra, il lettore si rammenterà che i Filistei erano una piccola nazione della Siria, la quale fu lungamente in guerra col popolo ebreo; si rammenterà ch’erano gente robusta, ma grossa di cervello e dura, mentre gli Ebrei, che per ben due volte furono da loro soggiogati, ma seppero largamente vendicare le loro sconfitte, erano il popolo eletto, il popolo della luce, della civiltà, del progresso; si rammenterà che Sansone con una mascella d’asino ne uccise ben mille; si rammenterà che il piccolo David mosse senz’altra arme che la sua fionda contro il gran filisteo, il gigante Goliat, e lo atterrò, e toltagli la spada, e mózzogli con essa il capo, se ne tornò trionfante tra’ suoi. E queste reminiscenze gli faranno, io credo, rifiorire nell’animo l’immagine di una razza d’uomini grossolana e volgare, moventesi senza garbo né grazia, piena di sé medesima, ostinata, arrogante, prosuntuosa. Pare a me, e parrà, spero, anche al lettore, che que’ coraggiosi rappresentanti del vero spirito moderno in Germania, i quali si affidarono di combattere e vincere l’usanza con la ragione, avessero una felicissima idea, allorché, allargando il significato della parola filisteo, con la quale già fino da tempo antichissimo gli studenti delle università schernivano i giovani provinciali, lo affibbiarono ai loro oppositori in arte, in politica, in filosofia. Come in ogni nazione, cosí in ogni ordine dell’umana società, anzi in ogni scuola, in ogni setta, in ogni associazione, ci sono filistei; riconoscibili facilmente a un certo sussiego, che non si scompagna mai da una certa goffaggine, che è, come a dire, la pelle, onde madre natura li ha rivestiti. Sien essi romantici o classici, sieno liberali o assolutisti, sieno progressisti o retrogradi, sieno realisti o repubblicani, sieno credenti o increduli, sono sempre un po’ accademici, un po’ arcadi, un po’ pedanti; sono l’opposto della disinvoltura, della semplicità, della grazia, della eleganza; e perciò odiano queste qualità e chiunque le possiede, e perciò odiano spesso l’uomo d’ingegno, che non cura o deride le leggi ond’essi vorrebbero imbavagliare ogni cosa. E perciò i filistei tedeschi dovevano riguardare con un santo orrore Enrico Heine, ingegno indipendente, se altro mai, lucido, petulante, aggressivo; e perciò Enrico Heine doveva essere il piú fiero, il piú terribile, il piú spietato nemico de’ filistei. In ciò sta il carattere principale, e come a dire l’essenza del poeta. In ciò sta l’importanza dell’opera sua letteraria, la quale, come acutamente e giustamente notò Matteo Arnold ne’ suoi Saggi di critica, fu una guerra a morte contro il filisteismo, una guerra che durò quanto la vita dell’autore.»
Questa guerra Heine la combattè nell’Atta Troll con le sue piú belle armi d’oro e con un intendimento meglio che altrove determinato. «Atta Troll è il filisteo tedesco, virtuoso, liberale, amante della patria, che porta i capelli lunghi, che fa la ginnastica, che nutre un superbo disprezzo pei popoli corrotti di sangue latino, che si guarda con gran cura dal macchiare di voci straniere il suo nativo idioma». Cosí l’Hillebrand4 illustrava il tipo del filisteo tedesco: tipo, certamente, che si porge graziosissimo alla caricatura, da quanto lo chauvin francese, da quanto l’italianissimo, vestito di velluto, dei tempi del Primato. Ma l’intenzione lo spirito e le fogge della caricatura heiniana non si possono né cogliere intere né ammirare adeguatamente, se non si avverta da principio che Atta Troll è un tipo un po’ complesso: è il germanesimo caparbio in certe sue evoluzioni politiche e insieme in certe fasi dell’arte: è, se vogliamo dirlo piú breve, il germanesimo romanticamente politico. «Come in Germania – séguiti qui il Chiarini – la scuola romantica pura attribuí a sé il monopolio della virtú, del liberalismo, dell’amore di patria, e come i purissimi dei romantici tedeschi furono i poeti svevi; Atta Troll è anche la satira del romanticismo tedesco in generale e della scuola sveva in particolare».
Se non che, prima di far conoscenza piú stretta con la caricatura heiniana, è giusto avvertire quel che notava l’Hillebrand: «L’Atta Troll comincia a non avere piú in Germania quel che oggi dicesi una grande attualità. La scuola patriottica dei tedeschissimi (Deutschthümler), che avea per motto il frisch, fromm, fröhlich, frei, e della quale è uno de’ capi il padre Iahn, come Heine lo chiama, erasi già in parte modificata verso il 1840, quando il Gervinus ed altri, rinunziando a certe ridicolezze di forma e di linguaggio, infusero nuova e piú seria vita alla tendenza nazionale, benché serbassero poi nel fondo lo stesso orgoglio smisurato, lo stesso sentimento della propria virtú, lo stesso disprezzo per le nazioni neolatine. Cotesta scuola può dirsi che nel 1866 rimanesse interamente disfatta. Tuttavia i Mommsen i Wais ed alcuni altri non sono, chi ben guardi, che una terza metempsicosi dell’orso immortale»5.

III.

Ora qualche cosa del romanticismo bisognerà pur dire; ma, siccome gl’italiani si sono ostinati a non volerne udir discorrere e io sono un po’ pregiudicato, lasciamo parlare prima un altro, un forestiere.
Uno di quei francesi che innanzi al 1870 andavano pazzi della Germania e della sua poesia, il sig. Eduardo Schure, in una Storia della canzone popolare tedesca, piena d’ingegno e di notizie e di belle traduzioni, ma forse troppo enfatica e poetica da crederle su la parola che la sia una storia, scrisse, sul romanticismo germanico e su le parti diverse che vi sostenne Heine, alcune pagine, che paiono una ballata romantica esse stesse. Le traduco qui, a rischio che la mia prosa rimanga scolorita al confronto.
«La poesia romantica tedesca era nel 1825 a’ suoi piú be’ giorni. Una folla di adoratori le si stringeva attorno, cavalieri non pochi sventolavano i suoi colori nell’arena della letteratura e della critica, i re le sorridevano perché essa gli incensava, i diplomatici la proteggevano perché essa faceva dimenticare al popolo il pensiero della libertá. Proprio allora entrò in lizza un poeta scintillante di spirito e d’immaginazione, che si annunziò per il suo cavaliere piú devoto e ardente. Ahimè, si accorse ben presto che le lance, anziché per i vezzi d’una bellezza fiorente, ei le rompeva per una vedova non tanto in carne, vivente su la contraddote. Rosso di collera, le gittò in faccia il guanto, e a tutti i suoi campioni assestò tali stoccate che i piú non se ne rialzarono, e la venerabile dama ne morí di dispetto. Il cavaliere fantastico e terribile era Enrico Heine. A questo nome quante bizzarre e incantevoli apparizioni sorgono a turbinare nella memoria! Quante fate pensose ci guardano coi loro grandi occhi azzurri cupi, quante nisse beffarde ci motteggiano passando! Quante buffe caricature, quante figure dolorose ci sfilano davanti agli occhi! Si riapre ancora allo sguardo abbagliato la magica foresta dei racconti delle fate; e nella caligine luminosa dei verdi frondeggiamenti, fra gli scintillii del sole sul lussureggiante fogliame, apparisce una mano bianca che ci fa segno, ci chiama, ci attrae piú lontano, sempre piú lontano.
«La storia del Heine e della poesia romantica è per sé stessa un de’ piú bizzarri racconti. Questa poesia aveva trasportato i suoi penati nell’antico castello del medio evo. L’aveva restaurato superbamente: cioè, fra i muri crollanti aveva ricostruito una splendida sala, badate bene, di legno. Colonne a chiocciola sostenevano superbamente la vòlta moresca; e le statue colossali dei vecchi imperatori, disposte in fondo alla sala presso il trono della santa e mistica poesia, parevano pronte a trar la spada per difenderla. In quella sala, scintillante di faci di fontane e di specchi, i romantici si diedero l’appuntamento per una gran festa… Vi giungevano, meravigliosamente addobbati, cavalieri tedeschi, francesi, mori e saracini; bionde castellane in vesti azzurre seminate di stelle d’argento, cupe regine in mantelli purpurei raggianti di soli d’oro, trovatori dalle capellature ondeggianti. E cominciò il ballo. Una musica fantastica attrasse le coppie entro un cerchio magico, e con le cadenze via via piú passionali le trascinò a turbine. In questo momento entrò un misterioso cavaliere spagnolo. Stretto in una giubba di velluto, ei procedeva con la superba aria d’un hidalgo: mostrava nel mantello ricamato a oro alcune cifre arabe e indiane, e una gran penna di corvo gli dondolava sul capo: non avea maschera: bello di volto e attraente. Un ardore dolce e cupo covava negli occhi suoi fissi, e un superbo disdegno gl’increspava le labbra voluttuose. Portava ricamata in argento sul berretto la sua insegna, due teste di sfinge, che l’una pareva piangere e l’altra scoppiar dalle risa. Smisero di ballare per guardarlo. Egli con far trascurato prese la prima chitarra che gli venne alle mani, e cantò certe romanze castigliane con tono cosí altero e accento cosí nuovo, che scoppiò un tuono d’applausi. Il ballo ricominciò furioso, e il nuovo venuto ne fu il re».
«Ma presto tutti cadevano di stanchezza. – Or su – disse ad alta voce il bello incognito – è mezzanotte: via le maschere: ne ho assai di questa commedia. Vo’ sapere chi siete. Io mi chiamo Enrico Heine: giudeo o protestante, come vorrete: ma mi rido di Dio e del diavolo, adoro l’amore e la libertà, e odio l’ipocrisia. Io ho detto chi sono. Ditelo anche voi. – Tutti gridarono: Indegnità. Il bel cavaliere diè in uno scroscio di risa: – Ah, voi avete paura, mascherine belle? E pure io so chi siete. – E accostandosi a un maestoso templaro, gli strappò la maschera: – Tu – gridò – non sei altro che un gesuita, e qui fai gli affarucci della tua congregazione. Voi, bel contino, che non parlate se non di crociate, voi siete un povero valletto di Sua Maestà il re di Prussia, e meglio fareste a entrar nella guardia che a pompeggiarvi qui nel palazzo della Poesia dove non avete che fare. E tu bel trovatore, sospiroso per la dama de’ tuoi pensieri, tu non se’ altro che un commesso di negozio e hai avuto un po’ di fortuna con una cameriera. Voi siete tutti santi falsi, cavalieri falsi, trovatori falsi. Io vi smaschererò tutti, facchini: sotto le maschere lisce mostrerò le vostre facce rugose di sagrestani e di ciarlatani, e sotto le giubbe di seta i vostri abiti frusti di usurai e d’impiegati. Quanto a voi, dame illustrissime, non esamino i vostri titoli. Che sarebbe la commedia e la tragedia della vita, se voi non aveste il diritto di burlarvi di noi, di farci saltare come burattini ed empierci i cuori di torture divine e di voluttà dolorose? Contesse, ballerine, zingare e cortigiane, vi amo tutte e tutte vi canto. Voi siete belle: viva il ballo. – A questa uscita, scoppiò una tempesta di risa e di grida. La voce stridente del cavaliere passava nel midollo delle ossa: c’era nella sua amarezza non so che d’aspro e straziante che facea venire i brividi. La vecchia bicocca romantica tremava dalle fondamenta. Ve ne furono che gli domandarono ragione de’ suoi insulti: egli incrociò la spada con loro, e li abbattè sul pavimento distesi senza voglia di ricominciare. – Nella vostra sala si affoga – disse il vincitore: – mi bisogna aria e l’alito dei boschi. – »
«Dir questo e dare un calcio alla porta e sfondarla, fu tutt’uno: venne un colpo di vento, tutti i doppieri si estinsero, e cavalieri e dame si videro al bagliore di pallidi torchi come spettri. Ma a traverso la porta spaccata apparve un incantato paesaggio di foreste, di montagne, di laghi dormenti al lume di luna. Allora il magico poeta, presa un’arpa obliata, ne trasse accordi miracolosi: le foreste lontane fremevano deliziosamente. A quelle melodie carezzevoli, si svegliarono i geni de’ boschi e le dee delle acque, a riannodare i lor giri di ballo, a rinnovare i canti tentatori. Ai sospiri della magica arpa, ai richiami dell’incantatore, uno stuolo di fantasmi leggeri appressò e scivolò nella sala sotto gli occhi della gente attonita. Arrivarono dal fondo dei lor domi di verdura le elfidi selvagge, coronate di fiori fantastici e con ghirlande di betulla, a rintrecciare le danze fugaci al lume della luna. Arrivarono dal fondo dei lor palazzi di cristallo e delle cascate schiumanti le nisse, pazzerelle ridenti, dal seno di neve palpitante; elle si precipitarono, abbracciate, in una ridda furiosa. Talvolta le piú folli, passando davanti l’incantatore, volgevansi; e belle, scapigliate, col seno aperto, con un lampo di riso su le labbra, parevano volergli rapire un bacio, ma sfioravano l’arpa. E in mezzo al cerchio delle ondine passava, misteriosa apparenza, la diletta del poeta, con le braccia incrociate sul petto, con la testina bruna inclinata, con un sorriso strano su le labbra: tenerezza o ironia?
«Tutt’a un tratto il capriccioso negromante interruppe la musica ammaliatrice con un tocco stridente, e si mise a sonare arie sí comiche che non si poteva udirle senza ridere. Queste arie avevano di strane virtú: facevano, ciascuna, entrar di súbito nella sala un personaggio del tempo; e ballava come un burattino, e dispensava in pubblico i suoi pensieri piú segreti. Una volta era il grosso banchiere di Berlino, Gumpel, intitolantesi in Italia marchese Gumpelino, che declamava un po’ di Shakspeare, calcolando il rialzo della rendita, e si metteva in testa d’essere il Romeo d’una bizzarra inglese, la quale gli ministrava teneramente certo filtro di farmacia che lo guarí per sempre da’ suoi amori imprudenti. Altra volta è Saul Ascher, filosofo kantiano, con le gambe attratte, la secca persona esprimente l’imperativo categorico; e cammina, cammina, ripetendo, come un orologio – La ragione è il primo principio. – Una terza volta è il vecchio Schlegel con le sue trenta parrucche di riserva. Finalmente è tutta una galleria…
« – Ah, voi gridate contro queste care figurine? – dice il mago. – E pure siete voi, è la vostra generazione, che si chiama sciocchezza, ipocrisia, servilità. Con le vostre pie bigottaggini, con le vostre vigliacche concessioni, voi avete avvelenato la vostra religione, la vostra filosofia, la vita intera. D’altra parte, tutto è sogno, chimera, illusione. La poesia è tanto pazza quanto la realtà è stupida. La storia è una commedia che il buon Dio si concede per ammazzare il tempo. In fondo in fondo, a questo buon Dio, che fa paura ai bambini e alle balie, voi non ci credete piú di quello ci creda io. Solamente voi siete tanto vigliacchi che non ardite dirlo. Voi non vi stimate nulla voi stessi; ma vi mettete in positura dinnanzi al mondo, vi imbacuccate di berretti, croci, nastri; e vi scambiano per eroi. Bene! io, per me, sono un pazzo: non credo a nulla, disprezzo me stesso, ma dico la verità. Il mio cuore sanguina; ma le vostre stolte infamie non mi strapperanno mai altro che un ghigno di disprezzo, e io ho il diritto di frustarvi in faccia. – Cosí parlava il mago trasformato in pazzo di corte, con lo scettro di buffone nell’una mano e la frusta nell’altra. – Dài al miserabile! addosso al ciuco! morte al bestemmiatore! – gridò tutta la canaglia romantica, aristocratica e clericale. Ma egli, afferrando una torcia affocata, la ruotò intorno a sé, e intonò con voce stentorea la Marsigliese. – Oh, questo canto vi fa paura – disse: – per soffogarlo, voi vorreste rizzare un patibolo. V’aiuterò. – Il mago evocò allora lo spettro della ghigliottina. Ed ella si rizzò, alta e sanguinolenta, entro una nebbia rossa; e le si aggiravano intorno corpi senza testa, e si facevano riverenze l’un l’altro: erano Maria Antonietta e la sua corte. – Corpi senza testa, ecco l’immagine della vostra società – disse ridendo il terribile pazzo. E già si sentiva cantare lontano la Marsigliese, la Carmagnola, il Ça ira; e cotesti canti andavano crescendo come il muggito della tempesta, al rintocco del 1848. – Le jour de gloire est arrivé – gridò il poeta, gittando la sua torcia nel tavolato dell’intarlato edifizio. La fiamma rossa lo investí, e crepitando di gioia guadagnò il culmine. Le travi scricchiolarono, la folla scappò: in un batter d’occhio la splendida sala fu un braciere, e sprofondò. Il poeta gittò un grido di trionfo. Ma tutto a un tratto si trovò nella triste torre, invecchiato, malinconico, solo. Come avviene nei racconti delle fate, quando svanisce il castello pieno di fiaccole, di valletti e di damigelle; egli non udí piú altro che gli stridi della civetta e della strige. Allora il poeta gridò tristamente: – E pure io ho amato! e pure io ho creduto all’ideale! – Forse non mai era stato piú sincero d’allora; ma egli aveva troppo riso, e non fu creduto6.»

IV.

Dopo ciò, a discorrere, di fuga, del romanticismo mescolato alla politica, toccherà a me.
Da principio romanticismo e patriotismo furono in Germania una cosa. Le memorie del medio evo cristiano-tedesco risvegliate con poetica sentimentalità nel romanticismo durante la signoria francese infiammarono i combattenti del 1813: l’orgoglio delle vittorie del ’13 e del ’15 alla sua volta rese quasi nazionale la riazione, e inebriò e licenziò a’ piú furiosi eccessi mistici e feudali il romanticismo. Ci fu tempo, breve per verità, che la Germania, e non solo la Germania, parve avere perduto il senso del vero, la conscienza del moderno, la superbia della eredità del secolo decimottavo. Fu un terror bianco di medio evo, uno stravizio d’idealismo, un carnevale di spiritualismo. E il carnevale era la quaresima; e il digiuno delle idee durava tutto l’anno; e mille Braghettoni morali mettevano gran foglie di fico su le nudità della primavera, su l’oscenità dell’estate. Intanto i principi invitavano per mezzo degli usseri i patrioti e i combattenti del ’13 e del ’15 a maturare nelle fortezze la loro educazione per l’avvenire; e uno, fattisi saldare da’ sudditi i debiti suoi e del figliolo, che non erano pochi, profferiva una carta costituzionale al prezzo di quattro milioni di talleri, e poi si sarebbe contentato anche d’un ribasso di due milioni; un altro concedeva la costituzione, ma solamente per i nobili e gl’impiegati, e con la discussione segreta; un terzo la rimandava a quando avesse ultimato un suo spartito o a quando fosse finito il domo di Colonia. Cosí non poteva durare. Il romanticismo intanto, come poesia, languiva tisico, per quel suo peccato originale di aver voluto sequestrarsi dal vero e vivere di profumi inebrianti fra i vapori e l’azzurro di un mondo fantastico, dalle cui cime riguardava con mesto disprezzo le bassure coltivate e abitate, che pur producono il buon pane, il buon vino, il buon manzo, e i dolori e le gioie di tutti i giorni. Esalata, per estenuazione e rifinimento, l’anima; le forme rimasero ciò che senza anima sono le forme. E mentre i corvi seguitavano a gracchiare intorno ai campanili, e i falchi roteavano intorno alle torri, e nelle torricelle tubavano le tortori, e i paperi diguazzavano nella probatica piscina della estetica, i cigni emigravano; e dalle uova deposte nella terra dell’odiata rivoluzione sgusciava, al sole delle giornate di luglio, la Giovine Alemagna.
La Giovine Alemagna usciva dagli scritti del Heine e del Börne, due ebrei già convertiti, se non proprio al cristianesimo, certo il primo alla poesia, il secondo alla repubblica. Heine assai prima delle giornate di luglio aveva gittato alle ortiche la tonaca del romanticismo; e ne’ Reise-Bilder si era dichiarato per Napoleone, per la borghesia, per la libertà filosofica politica e letteraria; tutte parole e idee che allora andavano insieme a braccetto all’avventura: fuoruscito in Parigi dopo il ’30, sonò a doppio contro il romanticismo e la vecchia Germania. Ma i purissimi in patria erano rimasti fedeli alle tradizioni cristiane e germaniche del medio evo; e da una parte Menzel, il mangiator di francesi, che inorridiva al paganesimo del Goethe, denunziava (la espressione è del Heine) alla polizia della Confederazione i libri de’ fuorusciti; dall’altra il Mayer il Pfizer e gli altri poetini della scuola sveva scomunicavano in nome della moralità e dell’idealismo la nuova poesia. Heine dal suo lato rimaneva anch’egli costante nella fede alla poesia, nella religione del bello, nella politica dell’arte: fede, religione e politica, che egli sentí professò e trattò sempre con devozione immutata ed integra. Perdurava egli del pari in quell’ardenza rivoluzionaria, che ai 6 e 10 agosto del 1830 gli fece scrivere dei pezzi lirici in prosa come questi? «Lafayette, la bandiera tricolore, la marsigliese! Io sono come inebriato. Audaci speranze si slanciano appassionate su dal mio cuore, come alberi con frutti d’oro e con rami di selvaggio rigoglio che distendono il loro fogliame fino alle nuvole. Ma le nuvole ruinanti in fuga diradicano quegli alberi giganteschi, e con essi si spazzan la strada davanti… Nell’azzurra letizia del cielo erra una melodia di violini; e dalle onde smeraldine del mare risuona come un allegro riso di fanciulle. Ma sotto terra qualche cosa scricchiola e bussa; il suolo si fende, i vecchi dèi sporgon fuori le teste, e con frettolosa meraviglia domandano – Che cosa vuol dire questo giubilo che percuote fin nel midollo della terra? Che c’è di nuovo? Dobbiamo tornar su? – No, rimanete nella regione caliginosa, ove ben presto un nuovo compagno di morte scenderà a raggiungervi. – Come si chiama? – Oh lo conoscete bene, è quello che un tempo sprofondò voi nella notte eterna… Pane è morto…»-«Lafayette, la bandiera tricolore, la marsigliese! Via ogni desiderio di riposo! Adesso io so di nuovo quello che voglio, quello che debbo… Io sono il figlio della Rivoluzione, e afferro le armi benedette su le quali la madre mia ha pronunziato il suo scongiuro… Fiori! fiori! voglio incoronarmene la testa per la battaglia. E anche la lira, datemi la lira, ch’io canti la canzone della battaglia… Parole simili a stelle fiammeggianti, che scoppino dall’alto e incendano i palazzi illuminando le capanne… Parole simili a dardi lampeggianti, che volino fino al settimo cielo e colpiscano la impostura che vi si è appiattata nel santo dei santi…. Io sono tutto gioia e canto, tutto spada e fiamme7.»
Sapete voi la storia del cane Medoro, del cane leggendario delle tre giornate? La racconta brevemente lo stesso Heine, nella stessa lettera onde riferii le ardenti parole. «Oh potessi vedere soltanto il cane Medoro! Egli mi preme assai piú degli altri cani i quali con rapidi salti han portato la corona a Filippo d’Orléans. Egli il cane Medoro portava al suo padrone il fucile e le cartucce, e quando il suo padrone cadde e fu con gli altri eroi sotterrato nella corte del Louvre, il povero cane restò giorno e notte su la tomba, immobile come una statua della fedeltà.» Giunto il Heine a Parigi volle andar a vedere questo Medoro, il quale fu cantato anche dal Delavigne ed era mantenuto a spese comuni della Guardia Nazionale nel Louvre; ed ecco che glie ne parve: «Non rispose affatto alla mia aspettazione. Non vidi che un brutto animale, nel cui sguardo nessun entusiasmo, anzi vi spuntava qualcosa di losco e di falso, qualcosa d’interessato e di furbacchiotto: direi anzi che v’era dell’industriale. Un giovine, uno studente, in cui m’incontrai, mi disse che quello non era il vero Medoro, ma un cagnaccio intrigante, un cane della dimani, che si faceva empiere il ventre e lisciare il pelo a spese della gloria del vero Medoro, mentre questo, dopo la morte del padrone, s’era modestamente ritirato, come il popolo che avea fatto la rivoluzione. Adesso il povero Medoro, aggiunse lo studente, erra forse per Parigi, senza un tozzo e senza un giaciglio, come molti eroi di luglio; perché il proverbio, che buon cane non trova mai un osso buono, qui in Francia è piú orribilmente vero che altrove: qui si mantengono nei canili caldi e si pascono della carne migliore mute di mastini, di cani da caccia e di altri quadrupedi aristocratici: qui voi vedete riposare su cuscini di seta, ben pettinati e profumati e rimpinzati di biscottini, lo spagnolo e la piccola levriera, che abbaiano contro ogni onest’uomo, ma che sanno adulare la padrona di casa e sono qualche volta iniziati nei vizi umani. Ahimè, tali bestie vili e immorali prosperano nella nostra società, mentre ogni cane virtuoso, ogni cane della verità e della natura, che resta fedele a’ suoi convincimenti, crepa miserabile e tignoso sur un letamaio. – Cosí mi parlò lo studente; e molto mi contentò quella sua altezza di giudizi politici»8.
Cosí Arrigo Heine trovò ben presto in Parigi il disinganno; e non meno presto cercò e trovò la lotta, anche, pur troppo, co’ suoi compagni d’esilio. Il Börne giudicava l’Heine, dopo il libro che fu pubblicato anche in francese col titolo De la France, cosí: «Io posso essere indulgente con un fanciullo che giuoca, con un giovane innamorato; ma quando in un giorno di sanguinosa battaglia, il fanciullo va a caccia di farfalle pe’l campo della strage e mi si mette fra le gambe, quando, in un’ora di suprema angoscia, che noi preghiamo Dio con ardore, il giovane sguaiato, fra noi, non vede né guarda altro in chiesa che le belle ragazze, e fa l’occhietto e dice le paroline dolci; allora, con tutto il rispetto alla filosofia e all’umanità, v’è ben ragione di andare in collera. Heine è un artista, un poeta; e ad essere riconosciuto tale da tutti, non gli manca che il suo voto. Ma egli spesso vuol essere qualche altra cosa che poeta, e spesso si perde. Chi, come lui, non vede nulla piú su della forma, deve tenersi alla forma; altrimenti, passato a pena quell’orlo, ei cade nell’illimitato e vi s’inabissa e dispare. Chi adora per suo dio l’arte, e solamente per capriccio fa orazione di quando in quando alla natura, quegli oltraggia insieme la natura e l’arte. Heine accatta dalla natura il nettare e il polline dei fiori, e poi con la duttile cera costruisce l’alveare dell’arte; ma l’alveare non lo fa perché conservi il miele, raccoglie il miele per empierne il suo alveare. Però egli non commove quando piange, perché si sa che colle lacrime innaffia l’aiuola dei suoi garofani. Però egli non persuade quand’anche parla il vero, perché si sa che nel vero ama soltanto il bello. Ma la verità non sempre è bella, né resta bella sempre. Ci vuole del tempo perché ella venga in fiore, e i fiori bisogna che caschino prima ch’ella porti i frutti. Heine adorerebbe la libertà tedesca, s’ella fosse nel suo pieno fiore; ma in questi rigori d’inverno è ancora sotto il concime, ed egli non la riconosce e la sdegna. Con qual bello entusiasmo non ha egli parlato del combattimento e dell’eroica morte dei repubblicani nella chiesa di San Mery! Felicissimo combattimento, nel quale essi ebbero la sorte di gittare la piú nobile delle sfide alla tirannide e morire di bellissima morte per la libertà. Se il combattimento fosse stato meno bello (a ciò bastava fosse avvenuto in altro luogo, ove si fosse potuto disperdere i repubblicani o prenderli alla spicciolata), Heine ci avrebbe scherzato su. Heine celebrerebbe il fatto di Bruto come nessuno meglio: ma sia un sarto che levando il coltello sanguinoso dal cuore di una cucitrice oltraggiata, la quale si chiami soltanto Barberina, conciti i cittadini a libertà; Heine ci ride su. Trasportate Heine nella sala del giuoco della palla, a quell’ora memorabile in cui la Francia si svegliò dal sonno millenario e giurò di non voler piú sognare, egli diventerà il piú furioso giacobino, il piú arrabbiato nemico degli aristocratici, e farà con delizia scannare in un giorno tutti i nobili e tutti i principi. Ma date il caso ch’ei vegga scappar fuori dalla tasca di Mirabeau tonante alla tribuna una pipa al modo degli studenti tedeschi col fiocco rosso nero e oro, allora addio libertà! egli se la batte a fare di bei versi su’ begli occhi di Maria Antonietta9».
È vero: Heine era troppo squisitamente poeta, troppo feminilmente nervoso, troppo liricamente mobile: la rigidità e la durezza, il giacobinismo del Börne, del forte e nobile Börne, non gli si affaceva. Ma la imagine della libertà sotto il concime è, me lo perdoni il Börne, un po’ brutale. Heine aveva adorato la libertà, ma in visione, come una dama del medio evo, a cavallo, col falcone in pugno, col velo verde ai venti; l’aveva adorata come un’etaira di Atene, passeggiante in tunica succinta, fra i mirti, sotto i platani, in mezzo alle statue bianche dei numi; come, in somma, una Isotta o un’Aspasia, la quale avrebbe gittato a lui fiori e sorrisi ed egli a lei i suoi canti. Quando la vide in sembianza di vivandiera mescer vino e anche rhum per accendere i soldati al combattimento; quando la previde massaia onesta e laboriosa attesa a distribuire a ciascuno la sua parte di lavoro e di pane e anche di companatico, ma senza i crostini dell’ideale impastati di miele e di burro e spalmati d’azzurro, o solamente per le ragazze e i bambini; allora l’apostata romantico rivolse la testa a riguardare le bianche alture onde era sceso la mattina; non le rivide piú; e una lacrima gli tremolò negli occhi, e una irrequietudine nervosa lo possedé poi sempre. Ma in un modo o nell’altro la libertà egli l’amò, amò la patria tedesca; e pur tra le sue infedeltà di artista quell’amore brilla su la fronte sua di poeta come una stella. Ora in Germania è di rigore e di moda giudicare severamente il Heine, della cui poesia non si vuol vedere che la parte negativa. Noi italiani possiamo essere piú giusti: è giusto a ogni modo che ascoltiamo anche lui. Nel suo scritto commemorativo su ‘l Börne, che era meglio del resto non avesse scritto, vi sono pagine che bisogna rileggere prima di aprire l’Atta Troll. Eccone alcune:
«… Mi pesano su l’anima, come ombre umide, tutte quelle tristezze senza consolazione… Mi pioviggina per entro i sensi roventi come un’acqua ghiacciata, e il mio vivere altro non è che intirizzimento doloroso. O freddo inferno invernale dove viviamo dibattendo i denti! O morte, bianca fantasima di neve in mezzo a una nebbia infinita, che ne accenni tu con quello schernevole crollar della testa?
«Felici coloro che imputridiscono in pace nelle carceri della patria! perocché quelle carceri sono pure una patria con spranghe di ferro, e vi spira a traverso l’aria tedesca, e il custode, quando non è mutolo affatto, parla la lingua tedesca. Sono oggimai piú che sei lune da che niun suono tedesco mi ha percosso l’orecchio, e tutto ciò ch’io imagino e sogno si riveste faticosamente delle forme d’una lingua straniera. Dell’esilio del corpo voi avete per avventura un concetto, ma l’esilio dell’anima solo può rappresentarselo un poeta tedesco, il quale si trovi costretto a parlare a scriver francese tutto il giorno ed anche a sospirar francese la notte sul cuore della donna amata. Fino i miei pensieri sono esiliati, esiliati in una lingua straniera.
«Felici coloro che all’estero han da combattere soltanto con la povertà, con la fame e col freddo, mali non piú che della natura. A traverso i buchi della soffitta sorride loro il cielo con tutte le sue stelle. O miseria dorata in guanti lustri, quanto piú infinitamente tormentosa! Doversi far acconciare, se non pur profumare, la testa disperata; e le labbra gonfie di sdegno, piene di maledizioni al cielo e alla terra, dover sorridere, sorridere sempre!
«Felici coloro che sotto il soverchio del dolore hanno perduto alla fine l’ultimo bocconcel di ragione e han ritrovato un ricovero sicuro a Charenton o a Bicêtre, come il povero F… come il povero B… come il povero L… e tanti altri che io conosceva meno. Nella loro follía la cella pare ad essi la patria diletta; essi nella camicia di forza si credono vincitori di ogni dispotismo, si credono superbi cittadini d’un libero stato. Ma tutto ciò lo avrebber potuto avere anche a casa.
«Solo il passaggio dalla ragione alla follía è un momento increscevole e orribile. Rabbrividisco quando ripenso all’ultima volta che il F… mi venne a trovare, per dirmi sul serio che si doveva accogliere nella gran federazione dei popoli anche gli uomini della luna e gli abitatori delle stelle piú lontane. Ma come notificar loro la nostra proposta? Questo il punto difficile! Un altro patriota in simili disposizioni aveva immaginato una specie di specchio colossale, col quale rifletter nell’aria proclami in lettere gigantesche, tanto che tutto il genere umano potesse leggerli allo stesso tempo, senza timori d’impedimenti dai censori e dalle polizie. Disegno gravido di pericoli per lo stato! E pure non ne fu fatto menzione nei rapporti della Dieta germanica su la propaganda rivoluzionaria!
«Ma felicissimi poi i morti, che giacciono nella loro fossa al Père-Lachaise, come tu povero Börne.
«Sí, felici quei che sono nelle carceri della patria, felici quelli nelle soffitte della miseria corporale, felici i forsennati nella casa di forza, e felicissimi i morti! Per quel che tócca a me, io credo in ultimo di non avermi a lamentar troppo, perocché io in certa guisa partecipo la felicità di tutta questa gente, per quella meravigliosa suscettività, per quella simpatia involontaria, per quella malattia dell’anima che è nei poeti e non si sa propriamente denominare. Se anche, il giorno, io mi aggiro fresco e ridente per le vie splendide di Babilonia: credetemelo, non a pena cade la sera, le arpe melanconiche mi risonano in cuore, e tutta notte tutti i tromboni e i cembali del dolore, tutta la musica giannizzera dei patimenti umani vi rintrona dentro; e ne sale su fuori una orribile e stridente processione di maschere.
«Oh che sogni! sogni di carcere, di miseria, di follía, di morte! mescuglio stridente d’insania e di saviezza! zuppa avvelenata che puzza di sauerkraut e odora di fiori d’arancio! Orribile sensazione, quando i sogni dileggiano la realtà del giorno, e ironiche larve metton fuori il capo dai rossi papaveri ammiccando e facendovi lima lima, e i superbi allori si convertono in ispidi cardi e gli usignoli fanno un sogghigno di scherno!
«Per il solito ne’ miei sogni io mi siedo sul pilastro angolare al canto di via Laffitte in un’umida sera di autunno, quando la luna gitta lunghe strisce di luce su ‘l sudicio lastrico, sí che la mota sembra dorata se non pur seminata qua e là di diamanti che scintillano. Gli uomini che passano sono della stessa guisa, mota che risplende: sensali di fondi pubblici, giocatori al rialzo, monetari falsi del pensiero, scribi a buon mercato, e ragazze anche a miglior mercato, le quali per verità devono mentire soltanto col corpo, pance oziose che si rimpinzano nel caffè di Parigi e poi si precipitano all’Accademia di musica, alla cattedrale del vizio, ove Fanny Essler danza e sorride… In mezzo, un trepestío di carrozze, un saltar di lacchè screziati come tulipani e volgari come i loro nobili padroni. E, se non erro, in uno di que’ cocchi sfacciatamente dorati siede il già mercante di sigari Aguado, e i suoi cavalli che passano pestando superbamente la mota inzaccherano dall’alto al basso il mio abito di maglia rosso ròsa… Già, con mia gran meraviglia, io mi veggo vestito da capo a piè di maglia rosso ròsa, d’una veste color carne; poiché la stagione inoltrata e anche il clima non concedono una intiera nudità, come in Grecia, alle Termopili, dove re Leonida co’ suoi trecento spartani la vigilia della battaglia danzò tutto nudo, tutto nudo, coronato il capo di fiori. Io vesto alla foggia del Leonida dipinto dal David, quando ne’ miei sogni mi siedo su ‘l canto di via Laffitte, ove il maledetto cocchiere dell’Aguado m’inzacchera i miei calzoni di maglia. Mascalzone, egli m’impillacchera anche la mia corona di fiori, la bella corona di fiori che porto in capo, ma che, detto fra noi, è già mezza secca e non manda piú odore… Ahi, ahi! egli erano freschi e allegri fiori il giorno che me ne adornai, nel pensiero che la dimani si anderebbe alla battaglia, alla santa e vittoriosa morte per la patria… È oramai un bel pezzo, ed io me ne seggo qui tristo e sfaccendato in via Laffitte, e aspetto la battaglia; e intanto i fiori mi appassiscono su ‘l capo, e anche i capelli m’imbiancano, e il cuore mi si ammala nel petto. Dio santo! com’è lungo il tempo di questo attendere oziosi! alla fine mi muore anche il coraggio… Io veggo la gente che passa guardarmi pietosamente, e susurrar l’uno all’altro: Povero pazzo!10»
E intanto nel sacro suolo della patria, nella Germania tutta nera di querce e d’idee, il movimento incalzava; e in pochi anni alla Giovine Alemagna, specie di repubblica girondina che la dittatura contro il passato esercitava nelle poesie nei romanzi e nei drammi, succedeva la sinistra hegeliana, specie di montagnardi che tutte le idee del passato cominciando da Dio decapitavano sotto la ghigliottina filosofica; succedevano i poeti politici, specie di volontari del ’93, che stanchi di combattere per parole e di decapitare idee volevano romperla con qualche cosa, ma non sapevano che. A questo punto Heine si smarrí.
E pure il giacobinismo del Börne era, con un piú ardente amore alla patria tedesca, quello stesso giacobinismo delle lettere da Helgoland. E pure la sinistra hegeliana non avea fatto altro che confinare nello stretto ragionamento le divinazioni e le volate del libro su l’Alemagna. E quei della poesia delle tendenze erano pure figlioli, piú o meno legittimi e rassomiglianti, che Heine aveva generati ne’ suoi amori di luglio e di agosto con la rivoluzione del ’89 e del ’93. Ma che! L’estate e la passione erano ite, e la rivoluzione non parea piú cosí bella. E quel Börne con quella sua corona di ebrei e di puritani e di disperati era cosí poco estetico! E poi quella dura sinistra hegeliana, che deportava gli eleganti e poetici ingegni ai lavori forzati del romanzo di genere o della liricuzza nell’arcipelago del nulla! E poi quella politische Tendenzpoesie (orribile scontro di parole, di idee e di ringhi) cosí arruffata, per lui artista correttissimo nella linea! quel Hoffmann di Fallersleben con tutti i bicchieri che beveva per la rima, quel Dingelstedt con la lanterna, quel Prutz con la mazza, quel Herwegh strappatore di croci, quel Freiligrath, il quale dagli amori alle giraffe, che non avea mai vedute, di Guinea, era passato a recitare il confiteor fra i socialisti, apparivano cosí iperbolici, cosí enfatici, cosí monotoni, cosí vaporosi, a lui adoratore del Goethe e ora quasi naturalizzato francese!
Tali odii e amori, tali rimembranze e rimpianti, tali eccitazioni e antipatie, parte umane e patriotiche, parte artistiche e liberali, parte personali ed egoistiche, conspirarono tutte insieme a informare e formare l’Atta Troll. L’orso del Heine, come il veltro di Dante, muta parvenze e attitudini secondo spira il vento della fantasia e della passione: è il combattitore mangiafrancesi del ’13, è il costituzionale del ’18 col suo buon vecchio diritto, è il girondino della Giovine Allemagna, il giacobino della scuola di Börne, l’ammazzasette della sinistra hegeliana, il socialista poeta-tendenza, ma sempre sentimentale, sempre idealista, sempre germanico, sempre romantico, sempre orso. Heine nell’Atta Troll sembra aver fatta sua l’impresa di quel vecchio cavaliere spagnolo, Yo contra todos y todos contra yo: non mai fu piú in disaccordo con tutti e piú d’accordo col suo genio. E la caricatura riuscí tanto piú meravigliosa, non so qual meglio fra comica e fantastica, per questo, che fu condotta col piú serio artifizio della scuola romantica e con un appassionato sentimento della romantica poesia.
Lo afferma esso il poeta nelle Confessioni: «Dopo aver dati de’ colpi a morte alla poesia romantica in Germania, a un tratto fui ripreso io stesso da un infinito amore del fiore azzurro nel paese de’ sogni del romanticismo; e tolsi in mano la lira incantata, e cantai un canto nel quale mi abbandonai a tutte le meravigliose esagerazioni, a tutta l’ebbrezza del lume di luna, a tutta la strana magía di quella folle musa che io aveva un dí tanto amata. Io so che quello fu l’ultimo libero canto del vero romanticismo e che io sono l’ultimo suo poeta11.» E piú liberamente confessandosi al Varnhagen d’Ense (in una lettera del 3 gennaio’46): «Questa nuova generazione vuol godere e farsi il suo posto nel visibile: noi, i vecchi, c’inchinavamo umilmente dinnanzi l’invisibile, ma godevamo in soppiatto d’ombre, di baci, di profumi di fiori azzurri; noi rinunziavamo e piagnucolavamo, e non per tanto eravamo piú felici di questi duri gladiatori che vanno incontro con tanto orgoglio a un combattimento mortale. Il millennio del romanticismo è sul finire; ed io, io stesso, sono stato l’ultimo suo re favoloso, disceso volontario dal trono. Se non avessi gittato la corona e vestito la blouse, mi avrebbero a punto a punto decapitato. Quattr’anni or sono, prima di divenire apostata di me stesso, volli ancora diguazzarmi un poco al lume di luna co’ vecchi compagni de’ miei sogni; e scrissi Atta Troll, il canto del cigno d’un’età che declina; e l’ho dedicato a voi. Ed è proprio vostro; perché voi eravate il compagno d’armi che piú mi rassomigliava, sí nel serio sí nello scherzo. Come me vi adoperaste a seppellire il vecchio tempo e avete servito di levatrice al nuovo: sí, noi l’abbiamo messo al mondo, e ora ce ne spaventiamo: siamo come la povera gallina che ha covato le uova di anitra, e vede tutta sgomenta la sua covata gittarsi deliziosamente nell’acqua12.»
Il poeta si è veramente confessato. Dunque si adoperò anch’egli a seppellire il vecchio tempo! Dunque serví da levatrice al nuovo! Egli sa ciò che ha fatto, e in fondo crede che è bene; ma ha dentro di sé la tenia romantica che gli dà il mal umore.
Non voglio esser io a rappresentare Heine per rivoluzionario e radicale, e però lascio parlare un suo biografo tedesco, lo Strodtmann. «Questa spettrale e corusca apparizione del romanticismo per entro la fredda e arida vita del presente dà al poema un’attrattiva tutta sua e originale; ma noi ci accorgiamo súbito che quelle sono ombre morte, le quali ci volteggiano intorno stranamente gesticolando su la frontiera che separa il paesaggio del mondo antico dal paesaggio del mondo moderno. Noi, non del tutto liberati ancora dai loro influssi, sospiriamo riguardando indietro alla regione dei sogni del buon tempo antico; ma la ragione ci mostra l’ignoto avvenire. Per quanto il poeta metta in ridicolo senza un riguardo al mondo la poesia politica delle tendenze pavoneggiantesi nella sua ampollosità e la orsina goffaggine della propaganda socialistica, era ben lontano dal pensiero di mettere in dubbio co’ suoi scherzi il contenuto delle dottrine rivoluzionarie e sociali. Non sarà per contrario sfuggito agli accorti e spregiudicati lettori come spesso il furbo Heine simpatizzi con le distruttive teoriche del radicalismo; e la teologia in specie può restare mezzanamente contenta agli ammonimenti di Atta Troll a’ suoi figli che si guardino da Feuerbach e da Bauer, se gli raffronti alla rappresentazione del creatore sedente, su l’aureo trono del cielo, sotto il padiglione stellato, in forma d’un colossale orso del polo con pelle tutta di neve immacolata13.»
In tale contrasto fra il presentire Enrico Heine nella chiaroveggenza del suo pensiero il trionfo di quelle idee di trasformazione politica e sociale per le quali egli stesso aveva combattuto, e il suo disgusto di artista per le forme con le quali elleno erano almeno per allora bandite, e le voluttuose aspirazioni della sua sensualità di poeta a uno stato di segregato riposo ove la fantasia potesse abbandonarsi a tutti i voli di scoperta e l’arte a tutti i capricci di lavoro; in tale contrasto è la novità originale dell’Atta Troll. In mezzo al regno attuale degli orsi e prima dell’avvenimento delli gnomi l’autore del Canzoniere vuole abbandonarsi a un saturnale di fantasia, vuol prendere (perdonatemi, per amore della verità, la metafora) una romantica ubriacatura di poesia pretta, a onta e dispetto della scuola delle tendenze; se non che non può uscire dalla corrente, e con quel suo continuo ribattere a cotesta sciagurata poesia delle tendenze cade nella tendenza egli stesso.

V.

E in tali contrasti, e negl’intendimenti, in generale, che finora mi son provato a raccogliere e rappresentare, sta anche la ragione della diversità che intercede grandissima fra l’Atta Troll e le altre zoepiche (epopee bestiali sonerebbe improprio e sgarbato), che risorte dopo il risorgere dell’apologo nella smania del secolo decimottavo per il naturale affèttato, furono diversamente ammirate nel correre del nostro secolo. Il Reineke Fuchs, che Volfango Goethe lavorò nel 1793 sul rifacimento, in basso tedesco del Quattrocento, dell’antico poema francese della volpe, tiene e dalla origine sua medievale, del tempo delle canzoni di gesta, e dall’arte classica onde il poeta di Weimar allargò i rozzi ottonari in esametri solenni, tiene, dico, l’anima e le forme di una vera epopea, di una epopea oggettiva, nel cui sereno sorriso non v’è riflessione o inflessione di motivo personale. Gli Animali parlanti del Casti, composti dopo la tempesta della rivoluzione, nella oscillazione dei tempi e degli animi fra il Direttorio e il Consolato, rimangono a punto una cosa incerta in politica e in poesia: sono, non ostante l’opportunità delle allusioni e delle dottrine politiche, non ostante certa vivacità pittorica nei particolari, un troppo lungo apologo in stile troppo spesso di gazzetta: quelle bestie seguitano ad affannarsi per ventisei canti in sestine a dimostrare che non son bestie, il che appariva a bastanza dal primo canto.
Qualcuno potrebbe darsi a credere che l’Atta Troll sia in comparazione al Reineke Fuchs quello che di fronte agli Animali parlanti sono i Paralipomeni alla Batracomiomachia del Leopardi. Nei due poemi, di fatto, in quello dei topi e delle ranocchie e in questo dell’orso, c’è il motivo e l’intenzione personale: ambidue i poeti mettono in ridicolo avvenimenti ed uomini dei giorni loro e fanno, un gran giuoco, con diversa opportunità, di episodi. Ma la rassomiglianza, tutta esteriore, finisce qui. Già il prof. Zumbini notò la mediocrità satirica del Leopardi, e, poiché il poeta della ginestra dai particolari (gli avvenimenti italiani del ’21 e del ’31) trascende presto al generale, anche notò, con molta verità, pare a me, la impossibilità del render comica l’irrisione di tutta la vita umana quale è, quale fu, quale sarà14. Ma, oltre a questo, il Leopardi, lirico grande e de’ piú profondi e umani poeti che sieno stati, nei Paralipomeni è inferiore a sé stesso, anche come artista. Lasciamo la favola ricalcata un po’ su l’antica Batracomiomachia e un po’ sugli Animali parlanti; ma, salvo certi episodi di valor lirico, salvo certe brevi descrizioni naturali che sono delle piú vere della poesia italiana, come giudicar belle, in una letteratura che vanta i Pulci e l’Ariosto, quelle ottave cosí fredde, cosí slogate, tanto affannosamente stentate, che di alcune si contrasta ancora sul senso e se la costruzione sia retta? Scusiamo l’infelice poeta, che malato a morte non scriveva, dettava; ma non vantiamo, oltre quello si convenga a un’opera postuma, il poema.
L’Atta Troll si differenzia dai Paralipomeni e dagli Animali parlanti specialmente per una sua proprietà, che fu ben rilevata da un critico tedesco: – ha un sentimento poetico piú profondo che non l’allegoria: questa in altri poemi di favola simile diventa astrazione: Heine invece sa darle tale forma, che i personaggi ne acquistano una vita loro, per la quale e con la quale dànno un piacere vero estetico oltre a ciò che devono significare15. – È vero: l’orso del Heine raffigura il filisteo tedesco, ma è non per tanto un orso, e orso rimane; a quel modo che nel poema medievale della volpe rifatto dal Goethe la volpe, il lupo, il montone, con nomignoli nuovi tratti da certe loro qualità speciali, raffigurano indoli, caratteri e istinti diversi di personaggi dell’ordine feudale e clericale, ma rimangono volpi lupi e montoni veri. È la favola della vita umana, raffigurata ne’ bruti e fatta recitare a’ bruti, secondo certe rassomiglianze tipiche che l’uom vede o crede vedere fra certi individui della sua specie e certi bruti. Anche: Heine capí che una zoepica pura non poteva ai dí nostri reggere, e mescolò nella sua l’elemento umano. Come nella Divina Commedia (si parva licet componere magnis) il protagonista del poema è Dante stesso, l’uom vivo, antitesi della morte, nella cui personalità è (se cosí posso esprimermi) la guarentigia della verità e dell’arte di fronte alla visione e all’allegoria; per egual modo l’antitesi e l’antagonista di Atta Troll è il Heine stesso, a salvaguardia della verità e dell’arte contro l’allegoria e l’astrazione. E il Heine che viaggia i Pirenei in compagnia di Lascaro a caccia dell’orso è Enrico Heine vero, l’Heine dei Reisebilder, con tutto insieme la sua disposizione fantastica alla leggenda e il caustico riso, con la potente e profonda osservazione e la ingenua e infantile ammirazione amorosa della natura.
Quanto allo stile, a conseguire quell’agilità e quella sveltezza di passaggi e varietà di toni che è mirabile nell’Atta Troll, Heine fu anche aiutato e giovato dal metro che elesse. È in fondo l’ottonario delle romanze spagnole, che Herder avea già introdotto col suo Cid nella versificazione tedesca spoglio di rime e di assonanze ma fissato nel trocaico di quattro battute: se non che Heine per piú regolarità e per una tal civetteria lirica partí i suoi trocaici in istrofe di quattro. Su la qual maniera di strofe lo Strodtmann fa un’osservazione giusta: «come la sloka indiana, secondo notava A. G. Schlegel, imita l’andar barcollante e dondoloni dell’elefante, cosí il suono de’ trocaici a quattro piedi fa tornare alla mente il passo dell’orso: v’è in fondo a quelle strofe un’avvertita e intenzionale monotonia, una gravità pretensiosa, che procede pettoruta con la grandezza spagnola16.» È vero, ma non è tutto il vero. La satira del romanticismo, che è insieme l’ultimo libero canto della poesia romantica, non poteva esser condotta meglio che col metro nel quale fece le migliori prove quella che agli Schlegel pareva la piú romantica delle letterature romanze, la spagnola; con quel metro lirico e insieme epico, e anche drammatico, che serví all’intonazione montanara e marinara dei romanceri e al dialogo constellato di diamanti della commedia del Calderon. Per la virtù specialmente di cotesto metro, che giovenilmente rimaneggiò, potè Heine alzarsi con tanta facilità e felicità dal racconto e dal discorso comico satirico alle volate liriche e fantastiche.
Il traduttore italiano (al fine parliamo un po’ anche di lui) capí bene, che, non ostanti le apparenti somiglianze dell’Atta Troll con le due zoepiche italiane ricordate, non era il caso di tradurre le strofe di Heine in sestine e in ottave, o, peggio, in endecasillabi sciolti, come il buon Pietro Monti fece già del romanziero del Cid e non so chi, or son dieci anni, dell’Intermezzo del nostro poeta. Novantanove volte su cento il carattere di un’opera poetica sta nel metro; e già il Cesarotti scrisse: «I traduttori, volendo mettere in vista la difficoltà delle traduzioni, calcano unicamente sopra la diversità del linguaggio, ma non mostrano di sentire un’altra difficoltà, con cui è lor necessario di lottare, e che, per mio credere, è ancora più grande: voglio dire quella che nasce dalla diversità della versificazione. Egli è certo che i sentimenti, i pensieri e le espressioni prendono da sé stesse un tornio e una configurazione corrispondente alla versificazione rispettiva dei varii poeti. La brevità o la lunghezza del verso, la varietà delle flessioni, delle pose, delle cadenze, l’armonia che risulta naturalmente dal numero e quella che nasce dall’aggiustatezza delle consonanze, il diverso intralciamento e la distribuzione delle rime, ciascheduna di queste cose modifica i sentimenti, e comunica loro una bellezza propria e distinta da tutte le altre. Si trasferiscano gli stessi sentimenti in un altro metro, si cangi la disposizione, si alterino le misure; tutto è guasto. Le idee, aggiustate sopra un altro metro, stanno, per cosí dire, a disagio in questo nuovo, e prendono attitudini violente e scomposte: si forma una discordanza disgustosa tra i sentimenti ed i suoni: gli oggetti non si presentano piú sotto il punto di vista conveniente: l’orecchio, ed in conseguenza lo spirito, si riposa in luoghi poco opportuni, e sdrucciola su quelli ne’ quali dovrebbe arrestarsi; e la composizione piú perfetta diventa simile ad un bel corpo con tutte le membra slogate. Perciò egli è assolutamente impossibile il far una traduzione di buon gusto, la quale sia precisamente letterale in una soverchia sproporzione di metro17.» Non si poteva né veder piú vero né dire meglio; ma le conseguenze che il Cesarotti ne traeva per il suo modo di tradurre sono false. Nessuno richiede, credo io, una versione precisamente letterale in poesia; e anche, perché farla tale è assolutamente impossibile, non è permesso a nessuno di rendere, per esempio, frugoniana e arcadica l’Iliade. Meglio, un altro poeta italiano, e dei novatori piú felici di modi lirici, il Berchet, proponevasi, traducendo le vecchie romanze spagnole, di rendere in italiano poesia straniera per poesia straniera, intonazione per intonazione, armonia per armonia, mirando a una fedeltà piú reale che apparente e piú esatta che non un’ordinaria fedeltà materiale18. Non so se il Chiarini pigliando a tradurre l’Atta Troll conoscesse il metodo e il libro del Berchet, ma pare a me siasi proposto proprio lo stesso; e, come il Berchet fece con le lunghe serie ad assonanza spagnole, egli ancora, per rispetto all’orecchio italiano troppo avvezzo alla rima specialmente nei versi brevi, ha creduto dovere introdurre due rime nelle quartine sciolte del Heine.
Ora non temano i lettori che io voglia far loro il maestro spiegando i pregi di questa versione dell’Atta Troll. Il mio debito era di aiutarli, quelli almeno che del mio aiuto possano credere di aver bisogno, a legger bene, cioè con conoscenza di causa, il poema tedesco; e mostrar loro il metodo, che a me pare il vero, tenuto dal Chiarini nel tradurlo. Del resto, leggano, e giudichino da sé. Se prima di giudicare volessero buttar da parte cosí i pregiudizi della vecchia scuola accademica come le superbiucce ignoranti della gente della letteratura facile, farebbero, credo, bene; e meglio farebbero se, leggendo, pensassero che per raggiungere l’espressione vera nell’arte manca a noi italiani moderni ancora di molto e molta fatica ci occorre, e fossero però un po’ cortesi a chi questa fatica l’ha fatta onestamente e valentemente.

VI.

Sí, valentemente. Credo poterlo ripetere oggi, dopo cinque anni che le pagine qui a dietro furono stampate in prefazione al volumetto dell’edizione Zanichelli.
Certi parrucchieri della poesia, certi commessi viaggiatori della critica, quando scappa loro parlare di verseggiatura e di stile poetico, dovrebbero starsene contenti ai libretti d’opera. Essi non sanno, per esempio, che sia, o che ci sia al mondo, la strofe trocaica tedesca; essi non sanno che sia, o che ci sia al mondo, il semplice e monotono ottonario dei romanzi spagnoli (romanzi, badino, che non sono come quelli del Zola), che sia, o che ci sia al mondo, l’ottonario spezzato delle commedie di Calderon; due maniere metriche queste, che Heine imitò nella strofe trocaica del suo poema comico romantico, d’argomento e di scena spagnolo: ora, non sapendo tutto cotesto, non possono intendere che il Chiarini non poteva e non doveva tradurre l’Atta Troll in istrofette, come,

Mira, Norma, a’ tuoi ginocchi
Questi cari pargoletti ecc.

Essi signori parrucchieri e commessi viaggiatori non sanno che c’è una poesia italiana del secolo decimoquarto e decimoquinto, e che fu molto piú naturale e piú vera e piú varia della poesia degli arcadi classici, non che dei romantici lombardo-veneti, i quali spinsero il furore della originalità sino a rifare o contraffare in versetti metastasiani o in versoni cesarotto-foscolo-montiani i romantici francesi e tedeschi: non sanno che in quella vecchia poesia abondano le ballate vere a strofe ottonarie d’un andamento rotto franco e famigliare, che poi non si rivede piú se non forse in qualche parte obliata della poesia drammatica e popolare del secolo decimosettimo. Se dunque il Chiarini nel tradurre l’Atta Troll, e prima di lui il Berchet nel tradurre le vecchie romanze spagnole, risalirono a cotesti esempi; chi cotesti esempi conosce e conosce un pochetto della poesia straniera onde il Berchet e il Chiarini tradussero, sa, o crede, che facessero bene; perché con le strofe ottonarie del Metastasio o del Romani che stanno benissimo nei melodrammi, e con quelle del Parini o del Monti o del Prati che sono ai lor luoghi bellissime, il Romancero e l’Atta Troll non si traducono da vero, e tradotti in altro metro non sono piú il Romancero e l’Atta Troll.
Che se, dove in questo poema prevale l’elemento discorsivo e satirico la traduzione del Chiarini è alle volte ineguale né senza durezze o contorsioni, bisogna anche avere un po’ di riguardo alla incredibile difficoltà del rendere in rime italiane quella poesia indiavolata; bisogna un po’ vedere se l’originale in certi luoghi sia facile andante eguale, o non si contorca e sperda in giravolte d’allusioni e d’arguzie troppo misteriose e lontane e faticosamente cacciate. Ma dove l’epos romantico si devolve con abondanza di cuore e di vena, la traduzione del Chiarini, fedelissima, ha pienezza d’intonazione, semplicità di mezzi, rispondenza di movimenti e di suoni tale, che non lascia desiderar, credo, molto.
Leggiamo, o rileggiamo, a prova, la Caccia selvaggia, che per l’invenzione e la rappresentazione larvale fantastica appassionata, ove il languor dei delirii a un latteo lume di luna pare ardenza di entusiasmi sotto il rosso splendore del sole, è, per me, il punto culminante, il punto che mi vince, dello strano poema (cap. XVIII-XX). Nella Caccia selvaggia, si sa, il poeta, rimaneggiando all’uopo suo un’antichissima tradizione odinica incristianita nel medio evo, figura il corteo degli spiriti nemici al cristianesimo o che non ebbero inspirazione o sentimento di cristiani, i quali la notte di San Giovanni vanno a caccia per i greppi de’ Pirenei.

Era appunto il plenilunio
E la notte e l’ora quando
Pe ‘l burrone degli spiriti
Vanno i morti cavalcando…

Risa, gridi e suon di corni,
E di fruste scoppiettare,
E nitriti lietamente
Fean la valle risonare.

Venían primi insiem correndo
E cinghiali e cervi strani,
E altre fiere, che inseguite
Dalla muta eran dei cani.

Differenti i cacciatori
E di tempo e di paese:
Cavalcava con Nembrotte
Carlo decimo, francese.

Sovra bianchi palafreni
S’avanzavano: i bracchieri,
Dietro, a piede, coi guinzagli,
E con faci gli staffieri.

Io piú d’uno riconobbi
Nella gran turba. Non fu
Quel coperto tutto d’oro
Forse un giorno il re Artú?

Dopo i re e i guerrieri, i poeti:

Vidi ancor piú d’un eroe
Del pensier fra quella gente;
Riconobbi il nostro Goethe
Al sereno occhio lucente…

Della bocca al dolce riso
Shakspeare anche ravvisai,
Che gl’inglesi Puritani
Condannaro….

Con Shakspeare il suo pietista commentatore tedesco sur un asino:

Va cogli altri a caccia, e monta
Un caval di nero pelo.
Al suo lato, sopra un asino,
Trotta un uomo…. O Dio del cielo!

Quella faccia di devoto,
Quella orribile paura,
Quel berretto di cotone….
Quella d’Horn è la figura.

Quando van tutti al galoppo,
Il gran vate sorridendo
Guarda il suo commentatore,
Che a fatica il vien seguendo,

E spossato in su la sella
Del somier s’aggrappa forte,
Fedel sempre al suo poeta
Come in vita così in morte.

Seguitano le baccanti dell’antichità:

Anche vidi molte dame
Ne la folle processione,
Belle ninfe da le snelle
Leggiadrissime persone.

Inforcavano i polledri
Tutte nude, ma i capelli
Giú per gli omeri scendevano
Come d’oro ampi mantelli.

Coronate eran di fiori
E agitavano i virenti
Tirsi bacchici, riverse
In procaci atteggiamenti.

le schive del medio evo,

Vidi appresso in veste lunga
Molte caste damigelle,
Con in pugno il falco e assise
Di traverso su le selle.

le fatturate del tempo nostro,

Dietro, quasi parodía,
Sopra magri rossinanti
Venían donne che al vestire
Somigliavan commedianti.

Grazïose eran nel volto,
Ma sfrontate anche un pochetto;
E gridavan come pazze,
Tutte rosse di belletto.

Come ciò gioiosamente
Fea la valle risonare!
Risa, gridi e suon di corni,
E di fruste scoppiettare.

E tra le donne, tre figure, tre simboli, tre età, tre poesie.
Diana, la poesia classica:

Da la mezza luna in capo
L’una si riconoscea:
Fiera e bella come statua
S’avanzava la gran dea.

Da la tunica succinta
L’anche e il petto uscivan fuore:
Le baciava della luna
Delle fiaccole il chiarore.

Bianco e gelido qual marmo
Era il viso. La severa
Rigidezza di quei tratti
E il pallor terribil era.

Ma ne’ vividi occhi neri
Fieramente divampava
Un maligno e dolce fuoco,
Che accecava, divorava.

Abonda, la poesia romantica del medio evo

Vienle al fianco un’altra bella,
Che ben poco a lei somiglia;
Ma il candore ha pinto in volto
Della celtica famiglia.

Al dolcissimo sorriso
Ed al suon de la gioconda
Pazza voce io riconobbi
Di leggier la fata Abonda.

Avea faccia un po’ pienotta,
Di rossor sempre soffusa;
E la bocca a cuor, che i bianchi
Denti mostra ognor socchiusa.

La leggera azzurra veste
Che portava apríasi al vento:
Spalle uguali neanche in sogno
D’aver visto mi rammento.

Erodiade, la poesia orientale:

Il suo bianco ardente viso
Rammentava le contrade
D’Orïente, le sue vesti
La sultana Scheherezade.

Era il naso un bianco giglio,
E le labbra melagrane;
Come palme in mezzo a un’oasi,
Le sue membra svelte e sane.

Sedea sopra una chinèa
Bianca, e a’ lati uno ed un moro
Le trottava a piè, reggendo
Con la man la briglia d’oro.

Essa, Erodiade, volle la testa di San Giovanni Battista, perché ne era innamorata; e ora

Porta sempre nelle mani
Il vassoio con la testa
Di Giovanni; e di guardarla,
Di baciarla mai non resta.

Ne la notte s’alza, ed esce
Alla caccia, e porta in mano,
Com’è detto, il capo tronco:
Che talor (capriccio strano

Femminil!) con grandi risa
Fanciullesche in aria getta,
Come palla, e su ‘l vassoio
Ricader quindi l’aspetta.

La regina degli ebrei sente e distingue nel poeta un suo nazionale:

Quando a me passò dinanzi,
Riguardommi, e m’accennò
Cosí languida col capo,
Che ‘l mio cor forte tremò.

Ben tre volte andò la turba,
Galoppando, innanzi e indietro;
E tre volte, nel passare,
Salutommi il caro spetro.

Già sparía la processione,
Il tumulto già cessava;
E l’amabile saluto
Pe’l mio capo ancor trottava.

Tutto il giorno di poi il poeta fantastica della processione e specialmente delle tre donne:

E mi prese un fier desío
Di sognar, di delirare,
Un desío di quelle Amazzoni
Che aveo visto cavalcare.

O notturne visïoni,
Dall’aurora spaventate,
Dite, dite, ove fuggiste?
Ove al dí ricoverate?

Ricovero a Diana sono le rovine del paese che fu romano, onde ella in forma tra di dea e di strega conturba ancora gli spiriti:

Sotto i ruderi d’un tempio
Di Romagna, per timore
De’ cristiani, ritirata
Sta Dïana il giorno. L’ore

De la nera mezzanotte
Per uscir fuori ella aspetta;
Ed allor con le compagne
A la caccia si diletta.

Piú lontano, piú fantastico, piú misterioso il refugio della romantica Abonda:

Essa pur la bella Abonda
De’ cristiani ha gran paura,
Ed il giorno sta nascosta
D’Avalun ne la sicura

Isoletta. Ne l’oceano
De’ romantici, assai lunge,
È quest’isola: l’alato
Pegaseo solo vi giunge.

Mai la Cura non v’approda,
Né vapor su quelle ripe
Mai depone i curïosi
Filistei da le gran pipe.

Non si sente là de’ doppi
Il suon tristo, fastidioso,
Quel din don din do continuo
Alle fate tanto odioso.

Là, fiorente di perpetua
Gioventú, sempre gioconda,
Vive in mezzo a la letizia
La gentile e bella Abonda.

Fra l’odor di strani fiori,
Là ridendo ella passeggia.
Fra una turba di ciarlieri
Paladin che la corteggia.

Ma Erodiade, la povera esecrata ebrea, sta sotterra nei vecchi sepolcreti di Gerusalemme:

Nel sepolcro fredda salma
Stai dormendo tutto il giorno,
Fin che poi a mezzanotte
Ti risveglia il suon del corno,

E tu segui con Dïana,
Con Abonda, la feroce
Cavalcata, e con gli allegri
Cacciator ch’odian la croce.

L’attrazione della caccia selvaggia e la fatal simpatia d’Erodiade rapisce il poeta:

Qual gioconda compagnia!
Potess’io cacciar con voi
Per i boschi ne la notte!
Starei sempre a’ fianchi tuoi:

Poi ch’io t’amo sopra tutte!
Né la greca altera dea,
Né la fata amo del norde,
Quanto te, morta giudea…

Ogni notte nella caccia
Al tuo lato cavalcando
Verrò teco; rideremo,
Anderemo insiem ciarlando.

….e il dí piangendo
Sul tuo tumul sederò.

Sí, nel giorno, su gli avanzi
De’ regali mausolei,
Su la tomba dell’amata
Mi vedranno i vecchi ebrei

Star piangente, e crederanno
Ch’io lamenti sconsolato
La città santa distrutta
E ‘l gran tempio ruinato.

È uno strano pezzo di romanticismo classico ed ebreo; tradotto poi, che non si poteva meglio. A cui la traduzione non garba, si conforti coi Salmi adattati al gusto della poesia italiana dall’abate e avvocato Saverio Mattei, che del resto avea ne’ suoi tempi sufficienza di dottrina; mentre i commessi viaggiatori d’oggigiorno per giudicare della musicalità in poesia hanno soltanto la capacità delle orecchie.

Giosuè Carducci – La vida es sueño di Calderón de la Barca

I.

Pietro Calderon della Barca, del quale il signor Ernesto Rossi rappresentava su le scene del Brunetti or sono due sere la commedia intitolata La vita è un sogno, fu soldato e prete spagnolo del secolo decimosettimo. Soldato, combatté, fra le altre, le guerre di Fiandra: prete, fu canonico di Toledo, cappellano reale in Madrid, confratello della congregazione di san Pietro apostolo: ebbe pensione a corte di trenta scudi il mese, benefizi a Toledo e in Sicilia. Ciò per larghezza di Filippo quarto, che del teatro piacevasi e pe’l teatro scriveva, nascondendosi con verbosa modestia sotto l’appellativo di un ingenio de esta corte. Filippo dunque consacrò il Calderon in suo poeta, come la chiesa di Spagna lo avea consacrato in suo ministro; e lo trattò un po’ meglio che simili re dilettanti e guastamestieri non usin fare con quelli emuli ingegnosi ch’ei si tengono da torno per isfoggio di vanità, a uso bestie rare, e per un piú comodo sfogo, nella vicinanza degli oggetti, alle tentazioni dell’invidia. Cosí la vita di Pietro Calderon, varia e felice, empié quasi tutto il secolo decimosettimo: il poeta della monarchia e della chiesa spagnola distese l’ombra della sua gloria su l’età scadente di quelle due instituzioni, l’ombra allungata dall’occaso del sole di Castiglia, che pur doveva non conoscer tramonto. Nato co ‘l secolo, piú esattamente che a’ nostri giorni non dicasi di Vittore Hugo, aveva sedici anni quando morí Michele Cervantes, trentacinque quando Lope de Vega; creatore quello, accrescitore questo del teatro spagnolo, grande e vero onore, il primo, della Spagna e della letteratura europea. A tredici anni scrisse la sua prima commedia, El carro del cielo; a ottant’uno, Hado y divisa, l’ultima. Morí a’ 25 maggio 1682; e lasciava, affermano i biografi, centoventi comedias, duecento loas (prologhi), cento saynetes (farse), e ben piú di cento autos sacramentales (drammi religiosi allegorici): sí bene che le opere di lui a stampa non aggiungono a tanto numero.

II.

Negli atti sacramentali pare che talvolta recitasse egli stesso improvvisando, come i nostri comici antichi nelle commedie d’arte. Ma il Calderon era in buona compagnia: recitava con Filippo quarto. Nella Creazione del mondo il re faceva da Dio, il cappellano reale da Adamo. E Adamo cominciò a descrivere il paradiso terrestre. Naturalmente Dio si dové annoiare a sentirsi squadernar lí su’l viso quello che aveva creato egli stesso: figuratevi poi, avendo che fare con un Adamo Calderon, della cui imperturbabilità nel tirar giú cataloghi di metafore e similitudini i lettori poterono avere un piccolo saggio nella rappresentazione di venerdí sera, se v’assisterono, e ne potranno avere uno infinito aprendo a caso qualunque de’ molti volumi suoi. Non vi era in somma fuscello, granello, bacherozzolo che sfuggisse all’acuto occhio del canonico di Toledo. E Iddio si scontorceva e stronfiava su’l seggiolone dorato. Ma era proprio un predicar la discrezione ai preti: Adamo cappellano badava pure a tirare avanti. Iddio alla fine cominciò a sbadigliare sí fieramente, che Adamo, punto nella vanità d’autore, tagliò a mezzo una similitudine per domandare al signore e dio suo (tanto è vero che un autore offeso è capace di riuscire anche eroe) qual fosse mai la cagione per la quale Sua Divinità si induceva a far dimostrazioni cosí poco reali d’una passione non punto divina. Voto a Dios, stava per dire il re di Spagna; ma ricordando la persona che sosteneva, si riprese, e con la sufficienza d’un filosofo hegeliano esclamò: – Per me stesso giuro, che mi pento d’aver creato un Adamo cosí chiacchierone. – Io per me ho mezza voglia di dar ragione a Filippo quarto, e scommetto che insieme con me l’avranno quei lettori i quali nella rappresentazione di venerdí sera gustarono il discorso di Basilio re di Polonia, che pure era stato scemato di quasi una metà dal signor Rossi.
Questi atti sacramentali, i quali piú d’ogni altro lavoro del drammaturgo spagnolo eccitarono l’ammirazione dei contemporanei, e da’ quali ripromettevasi egli la sua maggior gloria; questi atti sacramentali, che a Guglielmo Augusto di Schlegel apparivano singolari e straordinarie produzioni, e del cui entusiasmo religioso il consigliere aulico parlava con entusiasmo critico; questi atti ci domandano un po’ d’attenzione; e forse che ci daranno in cambio qualche idea del tempo, della nazione, dell’uomo. Pigliamo il primo: Dio per ragion di stato.
Va innanzi un prologo, ove la Teologia avendo per padrino la Fede si offerisce a sostenere nella università del mondo contro qualunque combattente un torneo su queste proposizioni: la presenza di Dio nell’eucaristia, la vita nuova che l’uomo riceve nella comunione, la necessità di spesso comunicarsi. Contro la prima proposizione si presenta la Filosofia con la Natura a padrino; e le due parti combattono di tutt’arme, di sillogismi come i frati nelle scuole di Salamanca, di spada come i cavalieri nei torneamenti di Toledo e di Burgos. S’intende che la Filosofia con la Natura sono abbattute e confessano la prima proposizione; e lo stesso avviene della Medicina col Discorso che si presentano ad armeggiare contro la seconda, e della Giurisprudenza con la Giustizia che movono contro la terza. Allora, per festeggiare il triplice trionfo, la Teologia annunzia un atto, nel quale sarà provato in forza delle leggi universali la legge cattolica dovere esser sola seguíta come quella al cui favore convergono la ragione e la convenienza.
Personaggi dell’atto sono: lo Spirito (primo amoroso), il Pensiero (buffone); poi, il Paganesimo, la Sinagoga, la Confermazione, l’Estrema Unzione, l’Ordine sacerdotale, il Matrimonio, l’Africa, l’Ateismo, San Paolo, il Battesimo, la Legge naturale, la Legge scritta, la Legge di grazia. Comincia risonando per l’aria un coro d’invocazione e desiderio al dio ignoto, e tratti a quel suono lo Spirito e il Pensiero pervengono a piè d’una montagna, su le cui vette levasi un tempio consacrato a punto al dio ignoto di cui parla San Paolo. I due pellegrini trovano nel tempio, tra una folla di supplicanti, il Paganesimo che prega il dio a venire ad abitare i delubri che egli ha fabbricato per lui. E qui una lunga argomentazione tra lo Spirito, il quale vorrebbe sapere un po’ come un dio ignoto possa essere un dio, e il Paganesimo che fatto teologo glie lo prova come quattro e quattro fa otto con quella chiarezza e convenienza di ragioni che è propria de’ teologi. Lo Spirito, a dir vero, non ne par molto soddisfatto, vorrebbe riattaccare la discussione col Pensiero. – È meglio ballare – risponde il buffone. E si balla un gran ballo di pazzia divina: il Paganesimo lo guida: le figure si formano in croce, e cantano con parole di mistero il dio ternario. Qui un colpo di terremoto e un’eclissi: fuga generale: restano soli il Paganesimo, lo Spirito, il Pensiero a ragionare su quei fenomeni. È il mondo che muore? è Dio che soffre? Queste sono ipotesi dello Spirito. Impossibile, obietta il Paganesimo. E il Pensiero, buffone, corre dall’uno all’altro; e dà sempre ragione a quello che parla l’ultimo. Il Paganesimo esce; e Spirito e Pensiero si propongono di andare girondoloni pe ‘l mondo in cerca del dio ignoto. In America, l’Ateismo risponde alle loro domande che a lui non preme nulla né di coteste né d’altre fisime; e il Pensiero, da buon compatriota di Cortes e Pizzarro, lo bastona. L’Africa aspetta il suo profeta; e per intanto si accontenta di far considerare all’irrequieto Spirito che in ogni religione l’uom può salvarsi, e che quelle rivelate altro non sono che un mezzo per agevolare la perfezione. Bestemmia, urla come un baccelliere di Salamanca, lo Spirito; ed egli e l’Africa si minacciano, come arabi e castigliani. In Asia, trovano la Sinagoga, la quale è appunto sovra pensiero per certi segni di terremoto e di eclissi che accompagnarono la morte di un giovanotto da lei sentenziato alla croce perché col titolo di messia turbava l’ordine pubblico e scalzava la religion dello stato. Nuove discussioni su questo proposito tra la Sinagoga e lo Spirito. Ma eccoti un lampo e una voce di cielo – Saulo, Saulo, perché mi perseguiti? – Entra in iscena san Paolo di subito convertito, e disputa con la Sinagoga su la rivelazione: introduce la Legge naturale, la Legge scritta, la Legge di grazia, come quelle che si riabbraccian tutte nel cristianesimo, e, per di piú, i sette Sacramenti che ne sono gli appoggi. E l’atto finisce con le conversioni, come una commedia di spada e di cappa co’ matrimoni. La Sinagoga e l’Africa si ostinano a rimaner reprobe; ma lo Spirito, proprio lui, grida loro su ‘l viso: Lo spirito dee pervenire ad amare e credere il dio ignoto per ragione di stato, quando pure gli mancasse la fede. – E il coro ripete cantando questa chiarissima affermazione.
In quel coro parmi di raffigurare i gesuiti fra i quali il Calderon era stato educato, i bisogni dell’esercito spagnolo fra i quali aveva combattuto la libertà in Fiandra, i domenicani inquisitori e confessori del re e della regina ai quali tutte le mattine il poeta baciava la mano nelle anticamere. E un leppo di bruciaticcio, e un suono ottuso e sordo, che non è suono, come di ferri acuti che si affondano con moto regolare e monotono in tante masse carnose, mi giunge, salvo mi sia, al naso e agli orecchi. Poveri giudei di Castiglia! nobili mori di Granata! generosi e improvvidi Incas! le allegorie dell’idalgo cattolico don Pietro Calderon della Barca non sono grottesche figure retoriche solamente: voi lo sapete.
Dio per ragion di stato del canonico sente il machiavellismo untuoso de’ gesuiti. Io gli antepongo di gran lunga la sfacciataggine bronzea anzi di granito, monumentale a ogni modo, di Lope de Vega, la fenice di Spagna, a cui, per omaggio all’ingegno e alla gloria, Urbano ottavo mandava il diploma di dottore in teologia e il Grande Inquisitore il brevetto di famiglio del Sant’Uffizio, alle cui esequie tre arcivescovi cantaron la messa. Nell’Arauco domado di Lope, Caupolican difensore della libertà del Chile, è fatto prigioniero dalli spagnoli e condotto davanti a Garcia di Mendoza loro capitano. «Che è ciò dunque, Caupolican?» domanda il vincitore. «La guerra, signore, e la mala ventura,» risponde il vinto. Il Mendoza riprende: «La mala ventura è guiderdone degno di quelli che combattono contro il cielo. Non eri tu vassallo del re di Spagna?» E Caupolican: «Io nacqui libero, ho difeso la libertà della mia patria e delle mie leggi, non ho mai attentato nulla contro la vostra.» Ma la vittoria del re cattolico deve esser piena, e il vinto si arrende anche alla religione del vincitore. Ciò non vuol dire che si risparmi una vita: il sacerdote dà il passaporto all’anima per l’altro mondo, ma in questo il corpo è nelle mani del re: Dio per ragion di stato. Ecco dunque Caupolican ritto su ‘l rogo, legato al palo; e i soldati spagnoli che appiccano il foco. Allora il Mendoza, inchinandosi a un ritratto di Filippo II che domina la scena, grida:

Señor, mirad que os servimos
Tiniendo estes verdes campos
De sangre de cien mil Indios
Por daros un reyno estraño.

«Signore, vedete come vi abbiamo servito tingendo questi verdi campi del sangue di centomila indiani per dare a voi un regno straniero.»
Evviva dunque il re e la religione! evviva la gotica cavalleresca monarchica e cattolica scuola romantica, e i suoi due santi apostoli Augusto e Federigo Schlegel, par nobile fratrum, che gabellarono al mercato dell’Europa questo fior di roba. Erano i tempi a ciò, perché i pigmei avevan trionfato dei titani. I consiglieri aulici avevano messo il piede su la gola dei vecchi giacobini, i nobili uffizialetti prussiani osavano guardare in viso i cadaveri dei gran marescialli dell’impero plebeo, Blücher cercava Napoleone per farlo fucilare, e nell’aspettativa di distrugger Parigi minava un arco del ponte di Jena; il re di Prussia sospendeva i professori che avevano spinto la gioventù germanica alla battaglia triduana delle nazioni, e apriva la fortezza di Spandau agli ingenui pronipoti d’Arminio che si ricordavano un po’ troppo d’aver rialzato essi i principi tedeschi; i pietisti protestanti e i gesuiti cattolici si davano la mano contro il libero pensiero; l’imperatore scismatico e il cattolico, il re luterano e l’anglicano facevano la Sant’Alleanza contro la rivoluzione: e i due fratelli Schlegel dettarono il codice della scuola romantica a onore e incremento dell’impero, della chiesa e del medio evo.
Delle Lezioni di letteratura di Federigo, che per la critica era il vero ingegno potente di quella consorteria, scriveva ingegnosissimamente al suo solito Arrigo Heine: «Federigo Schlegel esamina tutte le letterature da un punto di veduta alto, ma quella posizione alta è sempre la cima del campanile d’una chiesa gotica. E in tutto che lo Schlegel dice odesi un continuo scampanare, odonsi qualche volta anche gracchiare i corvi che volteggiano intorno gli assi della vecchia freccia. Per me, aperto a pena quel libro, mi sale al naso l’incenso della messa; e a’ migliori passi mi par veder rizzarsi via via delle lunghe file di pensieri tonsurati.» – Höher Weisheit Sonnenlicht Und der Kirche stille Pflicht, – «la superiore luce solar della scienza e la tranquilla obbedienza alla chiesa,» era il motto di Federigo; e da ciò s’intende come egli potesse andar pazzo del Calderon. Lo Stollberg il Tieck il Novalis il Werner rinnegarono la confessione di Martin Lutero per cercar l’Ippocrene della nuova poesia nelle pilette delle chiese cattoliche; ma a Federigo non bastò cotesto, che e’ non volesse anche fare un passo piú innanzi e immergersi nelle sacre tenebre dei monasteri spagnoli rotte a quando a quando dal bel vermiglio bagliore degli atti di fede. E predicava il Calderon per il primo e piú grande fra i poeti cristiani nel chiarire piú e piú nel dominio della bellezza spirituale secondo le idee cristiane le politiche singolarità, e risonanze della vita, della storia tradizionale, delle singole leggende e anche della mitologia pagana. E forse per questa stessa ragione Federigo aveva rubato al marito la bella ebrea figliuola di Mosè Mendelssohn, per farsi poi cattolico insieme con lei e vivere delle limosine del marito oltraggiato: lo racconta Arrigo Heine. Anche: il Calderon a Federigo pareva primo e grandissimo fra i poeti cristiani nel far nascere dalla rappresentazione degli estremi patimenti una trasfigurazione spirituale, che è quel che meglio si affà, secondo lui, al poeta cristiano: Federigo morí d’uno stravizio gastronomico.
Ma Guglielmo Augusto Schlegel, o piú veramente Sua Eccellenza il consigliere di Schlegel, il quale saliva in cattedra tutto abbigliato su l’ultimo modello di Parigi a trattar male il Racine, e presso la cattedra tenevasi un lacchè nell’assisa baronale della famiglia intento a regolare la luce delle candele ardenti su candelabri d’argento; il secondo Schlegel in somma, o il primo secondo i gusti, vince la mano nelle lodi del Calderon al dotto fratello. Come la Spagna è la terra promessa della poesia romantica, cosí il Calderon, poeta sommo se altri mai al mondo meritò questo nome, il Calderon, miracolo della natura, è il genio della poesia romantica. «Essa poesia romantica, soggiunge il critico, lo aveva dotato di tutte le sue ricchezze, e sembra che avanti d’involarsi da’ nostri sguardi abbia voluto nelle opere di Calderon, come si pratica in un fuoco artifiziato, riserbare i colori piú vivi la luce piú sfolgorante ed i piú rapidi razzi per l’ultimo scoppio.» E la comparazione del fuoco d’artifizio e dei razzi torna benissimo. Lo stesso Schlegel voltò in versi tedeschi La vita è un sogno per il teatro di Weimar, dove pochi anni innanzi erano state rappresentate l’Ifigenia in Aulide di Euripide, la Fedra del Racine, il Macbeth dello Shakspeare e anche la Turandot di Carlo Gozzi, tradotte dallo Schiller. Il quale (sia detto in parentesi) non voleva sentir parlare degli Schlegel, e li chiamava i due storni: e il Goethe, dopo lo schiamazzo che gli fecero intorno in compagnia di molti corvi per piú anni, un bel giorno scosse dice il Heine) la chioma ambrosia e li disperse.
Cotesta preferenza dello Schlegel e l’opinione di altri critici ci assicurano dunque che La vita è un sogno va tra le opere meglio pregevoli del poeta spagnolo. E allora, a dir la verità, ci saremmo aspettati qualche cosa di più.

III.

La vida es sueno è una commedia eroica, la quale, come del resto tutti quasi i drammi spagnoli (e lo notarono il Bouterweck e il Sismondi), non è che una novella; novella drammatica, con sovrapposizioni d’intrecci.
Sigismondo, figliuolo unico di Basilio re di Polonia, è tenuto fin dal suo nascere prigioniero in una torre in mezzo ai boschi: cosí volle suo padre, il quale per segni di stelle avea creduto di prevedere che il figliuolo crescerebbe di sí feroce e superba natura da recar danno e ruina al regno e al padre stesso. Ma nello scorcio della vita, non rimanendo al vecchio che due nipoti di sorelle, Astolfo di Moscovia e Stella, prima di risolversi a trasmettere il regno ne’ due che per ciò son già fidanzati, vuol tentar la prova se Sigismondo domato dagli anni del carcere désse speranza di sapere o potere correggere la mala natura. Clotaldo, carceriere e maestro del principe, gli mesce una bevanda soporifera; e Sigismondo dalle catene svegliasi nella reggia. Libero e potente, la natura sua di per sé feroce, e infiammata poi dai sentimenti di rancore e vendetta della sofferta prigionia, scoppia e rovesciasi come lava ardente su tutto: due volte vuole uccidere il suo maestro e carceriere, gitta dalla finestra un sergente, batte Astolfo suo cugino, minaccia il re: né autorità né età né bellezza gli è sacra. Il re allora pensa bene di farlo, addormentato, ritornare nella prigione: dove Clotaldo allo svegliarsi lo ammonisce ch’egli ha soltanto sognato, e che la vita tutta è un sogno, ma che anche in sogno giova far bene. Intanto popolo e soldati, per non sostenere la signoria d’un moscovita, qual era Astolfo in cui stava per ricadere il regno, si sollevano, corrono alla prigione di Sigismondo, lo liberano, lo acclamano re e capitano. Egli, nel pensiero che anche questo sia un sogno, ondeggia da prima; poi si gitta nella rivolta a conquistarsi il regno. Ma la ricordanza di quel sogno di grandezza d’un giorno cosí rapidamente dileguatosi e gli ammonimenti di Clotaldo han fatto di Sigismondo un altr’uomo: sa, con potenti sforzi, signoreggiarsi: vuol fare il bene. A Clotaldo, che gli annunzia doversi per lealtà raccogliere all’esercito del re, lascia libero il passo: contiene la sua passione per una donna, e la unisce a quello che ella ama: vince il re suo padre, e rende nelle sue mani la spada vittoriosa.
Tale è il nòcciolo della commedia di Pietro Calderon rappresentata ultimamente dal signor Rossi. Martinez della Rosa, critico e poeta spagnolo di scuola francese, domanda che cosa si possa sperare da una composizione drammatica, il cui soggetto è un principe chiuso come fiera in una prigione in mezzo ai boschi. La questione, cosí, parmi posta male, e il biasimo che ne riesce, ingiusto: perché veramente il personaggio e l’azione passano per tre fasi diverse, la rabbia impotente del prigioniero, lo sfogo dell’uomo della natura appassionato, la trasformazione dell’eroe.
Per la prima fase, quando Sigismondo è prigioniero, il Martinez ha ragione. Dramma non vi può essere: cotesta condizione appartiene alla lirica, all’epica al piú, a quella epopea analitica che il Byron indovinò nel Prigioniero di Chillon. Ma di questi prigionieri e solitari superbi, che già furono parte del mondo e devono tornarvi, due figure ci diede la Grecia: fra gli dèi, Prometeo; fra gli uomini, Filottete. Ora chi ricorda i lamenti tragici di Eschilo e di Sofocle (e come dimenticarli chi li ha letti una volta?) li paragoni un po’, di grazia, a questi di Sigismondo nel dramma spagnolo (cito dalla traduzione fedelissima di Pietro Monti): «Me misero! me infelice! Desidero, cieli, sapere, giacché mi punite a questo modo, quale delitto nascendo commisi contro di voi: benché, se nacqui, già conosco che commisi un delitto; e la vostra giustizia e il vostro rigore hanno per ciò sufficiente motivo: l’essere nato è il piú grande delitto dell’uomo. Vorrei solo sapere, per giustificare i miei mali (lasciando da parte, cieli, il delitto del nascere) in che vi potei offendere piú degli altri, per punirmi di piú? Gli altri non nacquero? Dunque, se nacquero, perché hanno privilegi che io non ho goduto mai? – Nasce l’uccello; e colle ale che gli dànno somma bellezza, a pena è fiore piumato o mazzetto di fiori alato, già fende veloce le sale aeree, negandosi alla pietà del nido che lascia in riposo: ed io, che ho piú anima di lui, ho minore libertà? – Nasce il bruto; e colla pelle divisata di belle macchie è a pena, grazie al dotto pennello, figura stellata, quando gl’insegna, fiero e ardito, la necessità umana usare crudeltà; ed è mostro del suo laberinto: ed io, con istinto migliore, ho meno libertà? – Nasce il pesce, che non respira, aborto d’uova e di melma; e a pena squammoso navicello si vede su le onde, che gira per ogni dove, misurando l’immensità di tant’ampiezza, quanta glie ne dà il freddo abisso: ed io, con maggiore arbitrio, ho meno libertà? – Nasce il ruscello, biscia che tra fiori si snoda; e a pena, serpe d’argento, tra fiori si spezza, che musico celebra la pietà de’ fiori che gli dà maestà e il campo aperto a sua fuga: ed io, che ho più vita di lui, ho meno libertà? – In tanto dolore, fatto un vulcano, un Etna, sono per isvellermi il cuore a pezzi a pezzi dal seno. Qual legge, giustizia, ragione può negare agli uomini privilegio sí dolce, qualità sí principale, concessa da Dio a un ruscello, a un pesce, a un bruto e ad un uccello?»
L’intonazione è solenne, e bello il motivo. Ma, del resto, come disse bene lo Schlegel! che sfilate di razzi! È sempre il solito vizio del Calderon: una imagine non gli basta: la prima non fa che mettergli appetito: come ciliege, l’una tira l’altra: e via per una pagina almeno, come processioni di fraterie per le strade di Madrid. E poi di tanti e sí smaglianti colori carica egli l’oggetto, che il lettore ne smarrisce la forma, ne dimentica l’impressione. Arrivato alla fine di cotesti periodi poetici, chi può dire di riconoscer piú gli uccelli e i ruscelli di madre natura? E queste filze di madrigali vorrebbonsi raccomandare accanto alla stupenda unità d’impressioni della tragedia greca e della inglese!
Nello svolgimento della terza fase del suo personaggio, il Calderon ha un riscontro, e pericoloso. Sigismondo che dubita se quello che l’attornia sia verità, Sigismondo per cui la vita è un sogno, Sigismondo che per iscetticismo divien generoso, è Amleto: un Amleto ridotto, un Amleto abortito, come lo potea fare il poeta della inquisizione: ma il germe c’è. Egli si move, ben diverso dal gran sonnambulo di Danimarca il quale ha da lottare con una folla di uomini vivi che da ogni parte gli si serra addosso e gli chiude la via, egli si move, sparnazzando sentenze morali e azioni cavalleresche fra tante figure di legno, fatte e messe lí solo perché ei le atterri o le sollevi.
Ma nella seconda giornata del dramma, nella seconda fase dell’animo di Sigismondo, il Calderon fece prova di forza vera, ci lasciò un saggio del drammatico che in altri tempi e in altro paese ei sarebbe stato. Sigismondo è l’uomo piú originale e gigantesco che il Calderon abbia creato: han ragione i suoi parziali: non può né meno dalla lontana esser raffrontato agli altri personaggi di quelle sue commedie, i quali, sebbene innumerevoli e forniti da tutte le parti del mondo, hanno un’aria di famiglia che deve consolar il cuore agli spagnoli su la fedeltà della musa nazionale del loro poeta, perocché son tutti cavalieri castigliani ad un modo, cultori fedelissimi al tempo stesso del punto d’onore e delle acutezze. Sigismondo questa volta non agita pennacchi, non tocca la chitarra né sgrana rosari; trascorre solo un tratto a fare un complimento a una dama nello stile del Gongora: ma del resto, sfrenandosi su la società coll’impeto della natura e colla passione del male dalla società stessa prodotto, è un leone dell’Africa; si leva e guardasi intorno e sbadiglia, si raccoglie per meglio prendere le mosse del salto, poi si slancia e abbranca e acceffa, e scrolla ed esulta, e bramisce e ruggisce; tutti fuggono. Pur tuttavia, rileggendo quella seconda giornata, ché lo merita, si sente desiderio di qualcosa: vorrebbesi vedere, parmi, opposti al selvaggio alcuni di quegli ostacoli piú insidiosi e dissimulati della civiltà piú raffinata, alcuna di quelle reti sottilissime che in soggetto consimile il Voltaire ha teso intorno al suo Ingenuo e che l’Huron salta e rompe cosí bravamente: gli spaventi della religione, per esempio. Ma a cotesto non v’era col Calderon da pensare: egli avrebbe condotto Sigismondo a baciar la mano al primo sagrestano che gli si facesse innanzi.
Lodano in vece, come invenzione singolare e che mostra l’artista profondo, l’ammirazione che il solitario incivile sente subito per la donna. Cotesta è invenzione antica quanto almeno il Novellino e il Decameron; né il Calderon l’ha rinnovata, parmi, singolarmente, descrivendola al solito piú con le molte parole che dagli effetti. Certo, l’ha viziata con lo stile. – Trombetta (a Sigismondo). «Quale di tutte le cose che qui hai vedute e ammirate ti è piaciuta?» Sigismondo. «Niente mi ha fatto meravigliare; mi era già tutto immaginato. Ma, se alcuna cosa del mondo mi dovesse cagionare stupore, sarebbe la beltà della donna. Una volta io lessi in certi miei libri, che ciò in cui Dio pose maggior cura è l’uomo, per essere egli un piccolo mondo; ma già penso che sia la donna, per essere ella un piccolo cielo e comprendere in sé piú bellezza che l’uomo, quanto è piú il cielo che la terra; e massime se è quella che ammiro.» Rosaura (da sé). «È qui il principe; io mi parto.» Sigismondo. «Donna, férmati e ascolta: non unire l’occaso e l’orto: fuggendo al primo passo, e cosí unendo l’orto e l’occaso, la luce e l’ombra, sarai senza dubbio sincope del giorno.»
E pure Guglielmo Schlegel non vuole si faccia il torto a Calderon di chiamare ammanieratura il suo stile puro ed elevato, vero colorito del dramma romantico.
Parmi d’avere accennato che Sigismondo s’agita nel vuoto, come quegli che non ha intorno a sé personaggi veramente vivi e moventisi. Potrebbe anche dirsi che, salvo Clotaldo il quale è, da buon carceriero e pedagogo, sufficientemente noioso, e salvo il vecchio re astrologo, gli altri personaggi del dramma poco di Sigismondo si curano, tutti intesi come sono a sbrigare le faccende loro, o meglio a dipanare una loro matassa, che è l’intrigo sovrapposto alla favola principale. Eccolo. Astolfo, per assicurarsi con la mano della cugina Stella il regno di Polonia, ha abbandonato in Moscovia un antico amore, Rosaura; che travestita da uomo passa nel regno, e la prima cosa a cui si abbatte è la torre di Sigismondo, alla quale non era permesso ad uom vivo di avvicinarsi. Ella fatta prigioniera deve rendere la spada nelle mani di Clotaldo, il quale in quell’arme riconosce un pegno da lui lasciato a una dama che giovine aveva amato in Moscovia. In fine Rosaura si scopre per sua figlia; e con lui passa alla corte, dove, riprese le vesti muliebri, diviene, come nipote di Clotaldo, dama di compagnia della principessa Stella. Questa un bel giorno la manda a ricevere di mano d’Astolfo un ritratto di donna che la principessa voleva da lui, argomento ch’egli avesse pe ‘l suo dimenticato ogni altro amore. È il ritratto di Rosaura: imaginatevi qui una di quelle scene romanzesche che abbondano anche nel teatro nostro del secolo decimo settimo, la quale s’intreccia proprio alle furie di Sigismondo. Rosaura poi passa nel campo dei sollevati e sotto la protezione di esso principe, per dare in ultimo nella pace universale la mano ad Astolfo, quando Sigismondo impalma la Stella. Non è da vero la semplicità greca, e né pure quella folla di uomini e fatti che lo Shakspeare fa saltare tutti vivi e veri dalla sua testa per indirizzarli e moverli poi d’accordo al punto ch’ei vuole, come ragazzo un branco di animali domestici. È un imbroglio che si accavalca a una favola semplice di per sé ed austera, come edera che opprime ed insulta col suo verde stridente il verde cupo e severo di antica quercia.

IV.

Fra i puri e bei tratti di poesia, che pur sono in questa commedia eroica, è il soliloquio di Sigismondo su ‘l fine della seconda giornata. – «Siamo in un mondo cosí strano che il vivere in esso è sognare; e l’esperienza m’insegna che l’uomo che vive sogna quello che è fino allo svegliarsi. Il re sogna di essere re, e, vivendo in questa illusione, comanda, dispone, governa; e quell’applauso che precario riceve scrive nel vento e in cenere lo converte la morte! Grande sventura che ci abbia chi sforzisi d’aver un regno, quando sa che si deve svegliare nel sonno della morte! Sogna il ricco fra le sue ricchezze, che gli recano i grandi affanni; il povero che soffre, sogna la sua miseria e povertà; sogna chi comincia a vantaggiarsi di stato; sogna chi si affanna dietro a speranze; sogna chi altrui ingiuria ed offende; e in somma nel mondo tutti sognano quello che sono, benché nessuno se ne accorga. Io sogno di essere qui da queste catene aggravato, e sognai di essere in uno stato migliore. Che è mai la vita? una frenesia. Che è mai la vita? un’illusione, un’ombra, una favola; e piccolo è il piú gran bene che ci sia, perché tutta la vita è un sogno e i sogni sono un sogno.»
Questo sentimento della vanità di tutto, questa conscienza dell’ombra, questo raziocinare del sogno è la vita della Spagna nel misero regno di Filippo quarto e nel miserissimo di Carlo secondo. Tutto era deserto oramai nella Spagna; e Filippo secondo che si fabbricò la sfarzosa prigione dell’Escuriale nella solitudine arenosa è l’imagine del popol suo che si fa il suo teatro nel secolo decimosettimo. Il cattolicismo insidioso e freddo de’ gesuiti, piú micidiale ancora che quel violento e sanguinario de’ domenicani, avea fatto il vuoto intorno alla Spagna; ed ella preparavasi alla morte, che sentiva oramai vicina, adagiandosi nel cataletto come Carlo quinto; e come i monaci di S. Giusto salmeggiavano su la bara dell’imperatore vivo, cosí il poeta voleva consolare la patria moribonda col ricantarle su tutti i toni che la vita è un sogno.
E questa poesia di scadimento e di morte i fratelli Schlegel la proponevano per canone all’arte dell’Europa nuova.

Giosuè Carducci – Don Quixote

La vita e i fatti dell’ingegnoso gentiluomo don Chisciotte della Mancia descritti da Michele Cervantes di Saavedra», fa questo il primo libro ch’io lessi non a pena giunto all’età dell’intendere e imparato che ebbi a rilevare sufficientemente. Mi ricordo ancora benissimo quel dolce tempo. Scappavo la mattina di casa, e correvo al giardino di corte, per leggervi, senza essere disturbato, il Don Chisciotte. Era una bella giornata di maggio: la fiorente primavera posava nella placida luce del mattino sonnecchiando e si lasciava lodare dall’usignolo, il suo dolce adulatore; e questi cantava sí molle e carezzevole e con sí ardente entusiasmo, che le gemme piú pudiche si schiudeano sbocciando e l’erba innamorata e i raggi trepidi del sole si baciavano con desío di tenerezza, e gli alberi e i fiori fremevano di rapimento. Ma io mi sedeva sur una vecchia panca di pietra tutta fiorita di musco, nel viale detto dei sospiri, non lontano a una cascata; e il mio piccolo cuore si rallegrava nelle grandi avventure dell’ardito cavaliere. Nella mia probità infantile io pigliavo tutto sul serio: comunque fosse conciato il povero eroe, io pensavo – Deve esser cosí: oramai all’eroismo non tócca altro che ridicolo e battiture; – e ciò mi affiliggeva, come se lo provassi in me. Io era un fanciullo, e non conoscevo la ironia che Dio mise dentro il mondo, e che il grande poeta aveva imitata nel suo piccolo mondo stampato; e potevo spargere con abondanza di cuore le piú amare lacrime, quando il nobile cavaliere di tutta la sua magnanimità raccoglieva solo ingratitudine e bastonate. E come io poco esercitato nella lettura pronunziavo ogni parola ad alta voce, cosí gli uccelli e gli alberi, il ruscello e i fiori potevano sentire tutto; e quegli esseri innocenti, che, proprio come i fanciulli, non sanno nulla dell’ironia del mondo, pigliavano anch’essi tutto sul serio, e piangevano con me sopra i dolori del povero cavaliere. Un veterano albero di quercia singhiozzava, e la cascata scoteva forte la bianca barba1 e pareva brontolare su la cattiveria del mondo. Noi sentivamo che l’eroismo del cavaliere non meritava meno ammirazione perché il leone svogliato gli voltasse la schiena, e che tanto piú gloriosi erano i suoi fatti, quanto piú fiacco e risecchito il suo corpo, quanto piú intarlata l’armatura che lo proteggeva, e piú rifinito il ronzino che lo trascinava. Noi disprezzavamo la canaglia bassa che prendeva a bastonate l’eroe; ma anche piú la canaglia alta, che, parata di seta e di belle frasi e di titoli ducali, scherniva un uomo tanto al di sopra di lei per nobiltà e forza d’animo e di pensiero. Il cavaliere di Dulcinea saliva sempre piú su nella mia stima e guadagnava del mio amore a mano a mano che io andava innanzi nel leggere il meraviglioso libro: il che facevo tutti i giorni nello stesso giardino, sin che in autunno arrivai al fine della storia. Non dimenticherò mai il giorno che lessi il pietoso abbattimento, nel quale il cavaliere dovè cosí tristamente soggiacere.
Era una giornata fosca: brutti nuvoloni correvano per il cielo grigio, gialle le foglie cadevano dolorosamente dagli alberi, lacrimoni di pioggia pendevan dagli ultimi fiori, che inclinavano mesti e appassiti le testoline morienti: gli usignoli era un pezzo che non cantavano piú, e da tutte le parti la imagine della decadenza di tutto stava rigida e stecchita intorno a me. E il mio cuore fu per rompersi, quando lessi come il nobile cavaliere stordito e pesto e ammaccato giacea su ‘l terreno, e senza alzar la visiera, come se avesse parlato dalla tomba, mandava su verso il vincitore una voce debole e fioca: – Dulcinea è la piú bella donna del mondo, e io sono il piú infelice cavaliere della terra; ma non conviene che la mia debolezza paia rinnegare quella verità. Trapassatemi colla lancia, cavaliere. -
Ah, il luccicante cavaliere dalla luna d’argento, che vinceva il piú animoso e nobile uomo del mondo, era un barbiere mascherato.
Sono oramai otto anni che scrissi per il quarto volume delle Figure di viaggio (Reisebilder) coteste linee, nelle quali descrivevo l’effetto prodottomi molto tempo a dietro dalla lettura del Don Chisciotte. Dio buono! come fuggono rapidi gli anni! Mi par come ieri che io leggeva il libro del Cervantes nel viale dei sospiri del giardino di corte a Düsseldorf e che il cuore mi balzava di ammirazione per i fatti e patimenti del gran cavaliere. Il mio cuore è stato egli fermo tutto questo tempo, o per un ricorso circolare è egli tornato ai sentimenti della fanciullezza? Quest’ultimo è forse il caso, perché mi ricordo di aver letto a ciascun lustro della vita il Don Chisciotte con impressioni a volta a volta diverse. Quand’io sbocciavo in tutto il fiore della giovinezza e mettevo le mani inesperte in tutti i rosai della vita e mi arrampicavo alle piú alte cime per essere piú da presso al sole e la notte non sognavo altro che aquile e vergini, allora il Don Chisciotte era per me un libro tutt’altro che di ricreazione, e, ogni volta che mi capitava tra le mani o tra’ piedi, lo buttavo in là con atto di sdegno. Piú tardi, maturato a uomo, mi riconciliai un tantino col disgraziato campione di Dulcinea e cominciai a riderne: – Il brav’uomo è un matto – io mi diceva. E pure, parrà strano, ma in tutte le vie della vita le due figure del magro cavaliere e del suo scudiere grasso mi perseguitavano sempre; e proprio me le vedevo da canto ogni volta che mi fermavo pensoso ad un bivio. Cosí, mi ricordo, quando venni in Francia, che svegliandomi a un tratto da un assopimento febbrile, vidi nella nebbia del mattino cavalcarmi presso le due ben note figure: l’una, alla diritta, era don Chisciotte della Mancia su l’astratto suo Rossinante, l’altra, alla sinistra, era Sancio Pancia su l’asino suo positivo. Avevamo tócco a punto il confine francese. Il nobile cavaliere della Mancia chinò rispettoso la testa dinanzi la bandiera tricolore che ci sventolava dinanzi d’in cima ai pali del confine; il buon Sancio salutò con un cenno del capo un po’ freddo i primi gendarmi francesi che ci comparvero incontro. Ma poi i due amici cavalcaron via dinanzi a me: io gli perdei d’occhio, e solo di tratto in tratto udivo gli entusiastici nitriti di Rossinante e i positivi hi hon dell’asino.
Allora io era d’avviso che il ridicolo del Donchisciottismo consistesse in questo: che il nobile cavaliere avea voluto tornare in vita un passato da lungo tempo estinto, e le sue povere membra, segnatamente la schiena, s’erano avvenute a dolorose confricazioni con le realtà del presente. Ahimè, io ho poi imparato ch’ell’è una altrettanto ingrata follia voler troppo presto introdurre l’avvenire nel presente, quando nei combattimenti contro i grossi interessi del giorno s’ha da portare soltanto un troppo magro ronzino, una troppo arrugginita armatura e una persona meschina quanto l’armatura e il ronzino. Cosí su questo come su quell’altro Donchisciottismo il saggio crolla compassionevolmente la sua testa piena di giudizio. Ma Dulcinea del Toboso è non pertanto la piú bella donna del mondo, e, per quanto io giaccia miseramente a terra, non ritirerò mai questa parola. Non posso altro. Passatemi pure a parte a parte con le vostre lance, cavalieri dalla luna d’argento, barbieri mascherati!
Quale idea prima guidava il gran Cervantes nello scrivere il gran libro? Mirava egli soltanto a battere i romanzi di cavalleria, la cui lettura al suo tempo infuriava nella Spagna a segno che nulla contro potevano ordinanze ecclesiastiche e civili? o voleva egli volgere in ridicolo tutte in generale le manifestazioni dell’entusiasmo umano e, súbito accanto, l’eroismo dei trascinatori di sciabola? Intenzione sua evidente fu la satira dei ricordati romanzi, che egli, mettendone in luce le assurdità, voleva abbandonare alle risa dell’universale. Gli riuscí a meraviglia: ciò che né le ammonizioni dei pulpiti né le minacce delle cancellerie poterono ottenere, tutto ciò fece un povero scrittore con la sua penna: egli demolí i romanzi di cavalleria cosí a fondo, che, dopo l’apparizione del Don Chisciotte, il gusto di quei romanzi si estinse in tutta Spagna e non ne fu stampato piú uno. Ma la penna del genio è sempre piú ardita del genio stesso, ella vola sempre al di là delle intenzioni del momento; o il Cervantes, senza averne la conscienza, scrisse la piú gran satira umana contro l’umano entusiasmo.
Egli non si accorse né presentí mai cotesto, egli, l’eroe, che aveva passato il piú della vita in combattimenti cavallereschi, e ancora da vecchio solea compiacersi di aver combattuto a Lepanto, sebbene quella gloria avesse pagato con la perdita della mano sinistra.
Ei fu un bello e forte uomo don Michele Cervantes de Saavedra. Alta era la sua fronte, e largo il cuore: meravigliosa la magia dell’occhio. Come v’ha gente che vedono attraverso la terra e vi scorgono i tesori e i cadaveri sotterrativi, cosí l’occhio del grande poeta penetrava giú per il petto degli uomini, e discerneva chiaro ciò che v’era sepolto. Ai buoni era il suo sguardo come un raggio di sole che rischiarava allegramente il loro interno; ai cattivi era una spada che tagliava crudelmente a pezzi i mal celati sentimenti. Quello sguardo irrompeva indagatore dentro l’anima, e parlava con lei, e, se non voleva rispondere, la metteva alla tortura; e l’anima giaceva sanguinante sul cavalletto, mentre forse la sua invoglia corporea si dava l’aria degna d’una gentile condiscendenza. Qual meraviglia che tanta gente gli procedesse avversa, e ch’egli trovasse cosí deboli e scarsi appoggi nel córso della vita! Egli non giunse mai a quel che si dice una posizione agiata, e da’ suoi faticosi pellegrinaggi non riportò a casa una perla, sí delle conchiglie vuote. Dicono ch’e’ non sapesse apprezzare il valore dell’oro; ma io v’assicuro che sapeva bene apprezzarlo quando non ne aveva piú; non mai, per altro, lo apprezzò al pari dell’onore. Aveva dei debiti, e nella constituzione che egli fa concedere da Apollo ai poeti il primo articolo stabilisce: – Quando un poeta afferma di non aver denaro, gli si deve credere su la parola e non intimargli il giuramento. – Amava la musica, i fiori e le donne. Ma anche l’amore per le donne gli riuscí cordialmente male, massimamente da giovine. Forse che la conscienza della sua grandezza avvenire poté consolarlo in gioventú, quando le smorfiosette e sguaiate rose lo pungevano delle loro spine? Una volta, per una sera luminosa di estate, passeggiava lungo il Tago con una bella di sedici anni che seguitava a burlarsi delle sue tenerezze. Il sole non era ancora tramontato, e sfolgorava nella sua pompa d’oro: ma in fondo al cielo stava già la luna, gracile e pallida come una nuvolina bianca. – Vedi tu – disse il poeta all’amata – vedi tu laggiú quella piccola pallida sfera? Il fiume qui a canto, nel quale ella si specchia, sembra sopportare per pietà su i flutti orgogliosi la poveretta imagine di lei, e le onde la rigettano increspandosi e motteggiando alla riva. Ma lascia che il vecchio giorno si abbui. Tosto che la tenebra cresca, quella pallida sfera salirà risplendendo nell’alto gloriosa e piú sempre gloriosa, tutto il fiume sarà irraggiato dalla sua luce, e le onde, che poco innanzi la rigettavano arroganti, fremeranno all’aspetto dello splendido astro e si gonfieranno incontro a lui voluttuose.
La storia de’ poeti bisogna cercarla nelle opere loro, nelle quali anche si ritrovano le loro piú secrete confessioni. Che il Cervantes fu, come dissi, lungo tempo soldato, si vede in tutti i suoi scritti, piú ancora nei drammi che nel Don Chisciotte. In lui il detto romano – Vivere è combattere – si effettua nel suo doppio senso. Egli combatté come soldato comune nei piú di que’ feroci spettacoli di guerra che il re Filippo II fece per l’onore di Dio e de’ suoi propri capricci rappresentare in tutti i paesi. Il fatto che Michele Cervantes mise tutta la sua gioventú al servizio del piú gran campione della cattolicità, che gl’interessi della cattolicità egli propugnò con la persona, dà ragione a credere che questi interessi gli stessero forte a cuore, e ribatte l’opinione assai diffusa che solo il timore dell’Inquisizione lo ritenesse dall’accettare nel Don Chisciotte le idee protestanti del tempo suo. No, il Cervantes fu un figlio fedele della Chiesa Romana, e non pure diede il suo sangue nei combattimenti cavallereschi per la bandiera benedetta da lei, ma per lei patí con tutta l’anima il piú crudele martirio in una schiavitú di molti anni tra gl’infedeli.
Noi dobbiamo al caso parecchi particolari su la vita del Cervantes in Algeri, i quali fanno ammirare nel grande poeta un eroe altrettanto grande. La storia della schiavitú da lui sofferta confuta con la piú splendida efficacia le melodiose menzogne di quel morbido e bel vivente, il quale diè ad intendere ad Augusto e a tutti i pedanti tedeschi ch’egli era un poeta e che i poeti sono vigliacchi. No, il vero poeta è anche un eroe, e nel suo petto abita la pazienza, che, come dicono gli Spagnoli, è un secondo coraggio. Non si dà spettacolo piú sublime del vedere questo nobile castigliano schiavo del Bey d’Algeri, constante a pensare la sua liberazione, infaticabile a prepararne gli arditi divisamenti, tranquillo a riguardare in faccia tutti i pericoli, e, quando l’impresa veniva meno, pronto a sofferire tortura e morte, anziché tradire pur con una sillaba i complici. Il sanguinario padrone del suo corpo è disarmato da tanta virtú e magnanimità, la tigre risparmia il leone incatenato e trema dinanzi al terribile monco che ella potrebbe con una parola mandare alla morte. Michele Cervantes è conosciuto per tutto Algeri sotto il nome del monco, e il Bey confessa ch’e’ non può dormire tranquillo e sicuro della città, dell’esercito e degli schiavi, se non quando sa che il monco spagnolo è in buona custodia.
Dissi che il Cervantes fu sempre soldato comune; ma, poiché pur in quel posto subalterno si poté segnalare e farsi particolarmente notare al suo gran generale don Giovanni d’Austria, egli ne ottenne, d’Italia tornando in Ispagna, lettere per il re con attestazioni onorevolissime che lo raccomandavano caldamente per un avanzamento. Ora, quando i corsari d’Algeri, catturandolo nel Mediterraneo, gli videro coteste lettere, lo tennero per un personaggio d’alto affare, e sí alta taglia gli posero a dosso, che la sua famiglia, per sacrifizi che facesse, non poté riscattarlo, e il povero poeta ne ebbe a durare piú lunga e piú crudele schiavitù. Cosí per lui il riconoscimento de’ suoi servigi fu cagione di nuove disgrazie, e cosí la fortuna si burlò di lui sino alla fine; la fortuna che non perdona mai al genio d’essere pervenuto all’onore e alla gloria, anche senza la protezione di lei.
Ma l’infelicità del genio è sempre l’effetto del caso cieco, o non piuttosto rampolla essa necessariamente dalla intima natura di lui e dalla essenza di ciò che lo circonda? È l’anima del poeta che viene alle prese con la realità, od è la rude realità che comincia lei un combattimento ineguale con quella nobile anima?
La società è una repubblica. Quando l’individuo fa degli sforzi per alzarsi, il comune lo ripinge in giú col ridicolo e la diffamazione. Nessuno dee avere piú virtú e spirito degli altri. Che se uno per la inflessibile potenza dell’ingegno si leva della testa sopra la misura comunale, quegli è colpito d’ostracismo dalla società; la quale lo perséguita con sí spietati motteggi e calunnie, che alla fine gli bisogna ritirarsi nella solitudine de’ suoi pensieri.
Sí, la società è, di natura sua, repubblicana; e ogni sovranità le è odiosa, cosí la intellettuale come la materiale, la quale ultima, del resto, si appoggia su la prima men di rado che comunemente si creda. Lo vedemmo noi stessi dopo la rivoluzione di luglio, quando lo spirito del repubblicanismo si manifestò in tutte le relazioni sociali. Il lauro di un gran poeta attirava l’odio dei nostri repubblicani come la porpora di un re. Anche le diseguaglianze spirituali volevano essi sopprimere fra gli uomini: e, da poi che tenevano proprietà del comune i pensieri sbocciati e sboccianti sul territorio dello stato, altro non rimaneva loro che decretare l’eguaglianza dello stile. E di fatti il bello stile fu screditato come aristocratico, e noi udimmo piú volte affermare che il vero democratico scrive come il popolo, di cuore, schietto e sciatto. Ciò era facile ai piú degli uomini del movimento: ma non a tutti è dato di scrivere male, e tanto meno a chi ha già la consuetudine di scriver bene; e allora non si mancava di proclamare – È un aristocratico, un dilettante della forma, un amico dell’arte, un nemico del popolo2. – Lo dicevano e lo pensavano onestamente, come san Girolamo, che si recava a peccato il suo bello stile e se ne flagellava di santa ragione.
E come nulla contro il cattolicismo, cosí nulla troviamo nel Don Chisciotte che suoni avverso all’assolutismo. Quei critici che vi fiutarono dentro qualche cosa di simile errano assai dal vero. Il Cervantes uscía da una scuola che aveva poeticamente idealizzato l’obbedienza incondizionata al sovrano. E questo sovrano era re di Spagna in un tempo che la maestà sua raggiava su tutto il mondo. L’ultimo soldato sentiva sé stesso nell’irraggiamento di questa maestà, e sacrificava volentieri la sua libertà individuale a tale soddisfacimento dell’orgoglio castigliano.
La grandezza politica della Spagna alzava e allargava allora le anime de’ suoi scrittori. Anche nello spirito del poeta spagnolo, come nell’impero di Carlo V, non tramontava mai il sole. Erano finite le feroci contese coi Mori; e come dopo un temporale i fiori odoran piú forte, cosí la poesia fiorisce sempre piú magnifica dopo una guerra civile. Lo stesso vediamo essere avvenuto al tempo della regina Elisabetta in Inghilterra, dove contemporanea a quella di Spagna vien su una scuola di poeti che invita ai piú curiosi paragoni. Là Shakspeare, qui Cervantes, sono i fiori della scuola.
A quel modo che i poeti spagnoli sotto i tre Filippi, anche gl’inglesi sotto Elisabetta hanno tutti una certa aria di famiglia; e né Shakspeare né Cervantes, a mio avviso, possono pretendere all’originalità. Essi non differenziano affatto dai loro contemporanei per una particolar guisa di sentire e pensare e di rappresentare e descrivere, ma solo per intimità, profondità, delicatezza e forza maggiori: l’arte loro è piú ravvolta e penetrata dall’etere della poesia.
Ma questi due poeti non sono soltanto i fiori del loro tempo; furono anche le radici dell’avvenire. Come lo Shakspeare, per l’influsso delle sue opere specialmente su la Germania e su la Francia odierna, è da tenere per il fondatore del dramma moderno, cosí nel Cervantes bisogna onorare il fondatore del moderno romanzo. Mi si permetta qui di passaggio alcune osservazioni.
L’antico romanzo, il romanzo di cavalleria, scaturí dalla poesia del medio evo; né altro fu da prima che una rilavorazione in prosa delle epopee i cui eroi appartenevano al ciclo leggendario di Carlo Magno e del San Graal: l’argomento consisteva sempre di avventure cavalleresche. Era il romanzo della nobiltà, e i personaggi che vi agivano erano o creature favolose della fantasia o cavalieri a speroni d’oro: del popolo mai una traccia. Cotesti romanzi cavallereschi, degenerati fino all’assurdo, il Cervantes li abbattè col Don Chisciotte. Ma, scrivendo la satira che demoliva il vecchio romanzo, forniva egli stesso il modello a una nuova invenzione che è il romanzo moderno. Cosí costumano sempre i grandi poeti: fondano il nuovo, mentre distruggono il vecchio: non negano mai, senza affermare qualcosa. Cervantes fondò il romanzo moderno, introducendo in quello cavalleresco la descrizione fedele delle classi inferiori della società, mescolandovi la vita popolare. Né è solo del Cervantes, ma di tutta la letteratura di quel tempo, l’inclinazione a descrivere la vita del popolo piú basso e della piú scellerata canaglia; e si riscontra, come ne’  poeti, anche ne’  pittori della Spagna d’allora: un Murillo, che rubava al cielo i piú santi colori per dipingere le sue belle Madonne, contraffaceva con lo stesso amore le figure piú ributtanti di questo mondo. L’entusiasmo dell’arte era forse la cagione che quei nobili spagnoli si godessero lo stesso, sí a ritrarre fedelmente un pitocchetto nell’atto di spidocchiarsi, sí a figurare la Vergine benedetta. O era l’attrattiva del contrasto che spingeva nobilissimi gentiluomini, un cortigiano azzimato come il Quevedo e un potente ministro come il Mendoza, a compor romanzi di truffatori e di straccioni: amavano forse trasportarsi con la fantasia dal loro monotono contorno a condizioni di vita tutte opposte, come press’a poco per un altro verso certi scrittori tedeschi, che riempiono i loro romanzi di descrizioni dell’alta società e fan tutti conti e baroni i loro eroi. Nel Cervantes non troviamo ancora la tendenza esclusiva a descrivere l’ignobile per sé solo: egli mesce l’ideale al comunale, in modo che l’uno adombri o rischiari l’altro; e l’elemento nobile ha nel suo romanzo lo stesso posto e lo stesso svolgimento d’azione che il popolare. Ma questo elemento nobile, cavalleresco, aristocratico, sparí tutto dai romanzi degl’inglesi, che primi imitarono il Cervantes e lo ebbero sempre fino ad oggi dinanzi agli occhi come esemplare. Nature prosaiche quei romanzieri inglesi, dall’avvenimento in poi del Richardson! Lo spirito schifiltoso del loro tempo ripugna a ogni energica pittura della vita popolare; e dall’altra parte della Manica vedemmo uscire quei romanzi nei quali si rispecchia la piccola e digiuna vita della borghesia. Cotesta povera letteratura inondò e sommerse il pubblico d’Inghilterra, finché apparve il grande scozzese a fare nel romanzo una rivoluzione o piú propriamente una restaurazione. Come difatti Michele Cervantes introdusse nel romanzo l’elemento democratico quando solo il cavalleresco vi dominava, cosí Gualtiero Scott gli restituí l’elemento aristocratico che era disparito dinanzi alla invadente prosa degli assettatuzzi cittadinuzzi. Quella bella proporzione che noi ammiriamo nel Don Chisciotte del Cervantes, l’ha resa al romanzo, con opposto procedimento, lo Scott.
Sotto questo rispetto, non è stato ancora, credo, riconosciuto il gran merito del secondo poeta inglese. Le sue inclinazioni tory e la sua predilezione del passato fecer di gran bene alla letteratura e a que’ suoi capolavori, che sollevarono per tutto rumore e gara d’imitazioni, e respinsero ne’ piú oscuri cantucci dei gabinetti di lettura i cinerei fantasmi del romanzo borghese. È un errore il non riconoscere Gualtiero Scott per inventore del romanzo storico e questo voler dedurre dal movimento tedesco. Si scorda che la caratteristica del romanzo storico sta appunto nell’armonia dell’elemento aristocratico e del democratico, che Gualtiero Scott, rendendo al primo elemento la parte sua, ha mirabilmente restaurato quell’armonia, turbata durante l’esclusivo signoreggiare del secondo; mentre invece i nostri romantici tedeschi hanno nei lor romanzi rinnegato del tutto l’elemento democratico, per rientrare farneticando nelle rotaie dei romanzi di cavalleria che erano prima del Cervantes. Il nostro La Motte Fouqué non è altro che uno spedato, sbrancato dalla trista compagnia di quei poeti che misero al mondo l’Amadigi di Gaula e altre simiglianti avventure; e io ammiro non solamente l’ingegno, ma il coraggio che c’è voluto al nobile barone per mettersi a scrivere i suoi libri di cavalleria duecento anni dopo l’apparizione del Don Chisciotte. Furon di curiosi anni in Germania, quando cotesti libri uscirono e la gente ci trovava gusto! Che significava nella letteratura tale predilezione per la cavalleria e per le imagini del vecchio tempo feudale? Il popolo tedesco, lo credo bene, voleva prendere commiato per sempre dal medio evo; ma teneri di cuore, come noi siamo, prendevamo commiato con un bacio. Noi imprimemmo per l’ultima volta le labbra su le vecchie pietre sepolcrali. Qualcuno di noi, a dir vero, fece delle grullerie belle e buone. Ludovico Tieck, il fanciullo terribile della scuola, si mise a dissotterrare gli antenati dalle loro tombe, e dondolava ogni bara come fosse una culla, e con un vaneggiamento d’infantil balbutire ci cantava sopra, Nanna, nonnino, nanna.
Io ho detto lo Scott, il secondo gran poeta dell’Inghilterra, e capolavori i suoi romanzi. Ma la lode va soltanto al genio di lui; i romanzi io non li posso per nessuna guisa comparare al gran romanzo del Cervantes, che molto avanza lo Scott di spirito epico. Il Cervantes fu, già lo dissi, un poeta cattolico; e a ciò dee per avventura quella grande serenità epica, che come un cielo di cristallo cuopre e circonda il mondo varicolore delle sue creature: non mai il crepaccio del dubbio. Aggiungesi la calma nazionale del carattere spagnolo. Ma Gualtiero Scott apparteneva a una Chiesa che sottomette a rigorosa discussione anche le cose divine; come avvocato e scozzese era abituato alla discussione e all’azione; e anche ne’ suoi romanzi, come nel suo spirito e nella vita, prevale il dramma. Le opere di lui quindi non possono mai esser considerate come puri modelli di quella composizione artistica che noi chiamiamo romanzo. Agli Spagnoli la gloria di aver prodotto il miglior romanzo, agl’Inglesi quella di aver toccato la cima nel dramma.
E ai Tedeschi qual palma rimane? Ecco, noi siamo i meglio lirici di questo mondo. Per adesso i popoli han troppe faccende politiche; ma sbrigate che siano un bel giorno, Tedeschi, Britanni, Spagnoli, Francesi, Italiani, uscirem tutti fuori per la verde foresta a cantare, e giudice sarà l’usignolo. Son certo che il premio in questa gara del canto lo vincerà il lied (canzonetta) di Volfango Goethe.
Il Cervantes, lo Shakspeare e il Goethe sono il triumvirato che toccò la cima nelle tre forme della rappresentazione poetica, la epopea, il dramma, la lirica. Chi scrive queste pagine ha per avventura una particolar competenza a lodare il nostro gran nazionale come il piú perfetto poeta di canzoni (nel senso vero della parola). Goethe sta nel mezzo tra le due scuole della degenerazione lirica, l’una che pur troppo è designata col mio nome, l’altra che è la scuola sveva. Tutt’e due hanno il lor merito, e indirettamente fecer del bene alla poesia tedesca. La prima operò in quella una salutare riazione contro l’idealismo esclusivo, ricondusse gli spiriti alla forte realità e sbarbicò quel sentimentale petrarchismo che a me parve sempre una donchisciotteria lirica. La scuola sveva qualche cosa fece anche lei per la salute della poesia tedesca. Se nella Germania settentrionale poterono uscire opere di poesia vigorosamente sane, forse che si dee alla scuola sveva, che tirò a sé tutti gli umori malati clorotici e piamente sentimentali della Musa tedesca. Stuttgart fu come il cauterio della Musa tedesca.
Ma, pur assegnando a quel gran triumvirato la supremazia nel dramma nel romanzo nel canto, io sono ben lontano dal diminuire il valore degli altri sovrani poeti. Questione da stupidi, qual poeta sia piú grande d’un altro. La fiamma è fiamma, e non si può pesare a libbra e oncia; e sol la volgar grossolana goffaggine d’un merciaiolo può scappar fuori con la sua logora bilancia da formaggio a voler pesare il genio. Non pur gli antichi ma anche parecchi moderni han fatto poemi nei quali la fiamma della poesia vampeggia splendida come nelle opere maestre di Shakspeare, Cervantes e Goethe. E pure questi nomi si tengono insieme quasi congiunti di misterioso allacciamento. Raggia dalle loro creazioni uno spirito di famiglia: vi respira dentro un’eterna dolcezza, come l’alito di Dio: vi fiorisce la compostezza della natura. Il Goethe ricorda molto spesso, come lo Shakspeare, anche il Cervantes, e al Cervantes somiglia fin nelle particolarità dello stile, in quella gioconda e comoda prosa colorita della piú dolce e innocente ironia. Il Cervantes e il Goethe si rassomigliano pur nei difetti, nella prolissità del discorso, in quei lunghi periodi paragonabili alla tratta di un corteggio reale. Non di rado un solo pensiero siede nella distesa d’uno di tali periodi, che procede con la gravità d’una gran carrozza di corte tutta a oro tirata da sei cavalli impennacchiati. Ma questo unico pensiero è sempre un’altezza, se non pure il sovrano.
Dello spirito del Cervantes e dell’influenza che ebbe il suo libro potei dar solo qualche cenno; e anche meno potrò estendermi sul vero valore artistico, perché occorrerebbero discussioni che mi trasporterebber troppo lontano nel campo dell’estetica: farò qui e solo in generale qualche osservazione su la forma del gran romanzo e su le due figure che ne tengono il centro. La forma è d’una narrazione di viaggio, come la piú naturale per questo genere d’invenzioni poetiche: basti ricordare l’Asino d’oro d’Apuleio, il primo romanzo dell’antichità. Alla uniformità, che è il difetto di sí fatte narrazioni, si volle riparare piú tardi con ciò che oggi chiamiamo la favola del romanzo. Ma i piú dei romanzieri, poveri d’invenzione, presero le favole a prestito gli uni dagli altri, o almeno gli uni si giovarono delle favole degli altri con poche modificazioni; e per cotesto ritorno degli stessi caratteri intrecci e situazioni il pubblico alla fine quasi si svogliò di romanzi, e per iscampar dalla noia delle favole riabburattate si ricorse per qualche tempo all’antica e original forma della descrizione di viaggio: ancora riabbandonata, non a pena apparí un poeta originale con favole nuove e fresche. In letteratura come in politica tutto si muove secondo la legge dell’azione e della riazione.
Le due figure di Don Chisciotte e di Sancio Panza, che nella continua parodia si compiono sí mirabilmente da formare tutt’e due il vero e proprio eroe del romanzo, attestano con egual forza l’arte e la profondità del poeta. Mentre in altri romanzi, nei quali l’eroe gira il mondo solo, per far sapere i pensieri e le impressioni di lui, gli scrittori doverono ricorrere ai monologhi alle lettere a un giornale, Cervantes in quella vece potè introdurre per tutto un dialogo naturalissimo; e dalla continua parodia che l’una figura fa dei discorsi dell’altra piú evidente apparisce la intenzione del poeta. In molte guise fu di poi imitata cotesta doppia figura che dà al libro del Cervantes una cosí artistica naturalezza, e da’ cui caratteri, come da germe unico, cresce e svolgesi e si spiega, come un gigantesco albero dell’India, il romanzo intiero con tutto il suo frondeggiar lussurioso, e i fiori odoranti, e gli splendidi frutti, e le scimmie e gli uccelli che saltano, svolazzano o si cullano su per i rami.
Ma sarebbe ingiustizia mettere a conto dell’imitazion servile la introduzione o ripetizione di quelle due figure. Don Chisciotte e Sancio Panza, che uno corre in cerca di avventure, l’altro, mezzo per affezione mezzo per interesse, gli trotta dietro al sole e alla pioggia, ci sono da presso, piú che non si creda, nella vita, e anche noi gli abbiamo riscontrati piú d’una volta. Per riconoscere da per tutto e sempre, sotto i diversi travestimenti, nell’arte e nella vita, l’inclito paio, bisogna, è vero, aver l’occhio all’essenziale, ai segnali interiori, e non alle accidentalità dell’apparenza. Esempi potrei recarne molti. Non riscontriamo noi Don Chisciotte e Sancio Panza cosí nelle figure di Don Giovanni e Leporello come nelle persone di lord Byron e del suo domestico Fletcher? Non riconosciamo i due tipi e le loro mutue relazioni cosí nella figura del cavaliere di Valdsee e del suo Gaspar Larifari, come nella figura di qualche scrittore e del suo editore? il quale ultimo si accorge bene delle pazzie del suo autore, ma non per tanto, per trarne un profitto reale, lo accompagna fedelmente in tutti i suoi vagabondaggi ideali. E il signore editor Sancio, se anche dall’affare guadagni sol delle bòtte, riman per altro sempre grasso, mentre il nobile cavaliere dimagra ogni giorno piú.
Ma non solo tra gli uomini, sí anche tra le donne ho ritrovato spesso i tipi di Don Chisciotte e del suo scudiere. Mi ricordo specialmente una inglese, una biondina fantastica, scappata con un’amica da un convitto di signorine, che volea correre il mondo in cerca d’un nobile cuore d’uomo, come se l’era sognato nelle dolci notti illuminate dalla luna. L’amica, una brunetta atticciaticcia, sperava di conquistare in tale occasione, se non un che d’ideale a parte, almeno un bel tòcco di marito. Mi par di vederla ancora la snella persona, con gli occhi azzurri assetati d’amore, dalla spiaggia di Brighton mandare languidi sguardi lontano lontano sul mar tempestoso verso la costa francese. L’amica intanto schiacciava nocciòle, mangiava con aria ghiotta la mandorla, e gittava i gusci nell’acqua.
Tuttavia né i capolavori degli altri artisti né essa la natura ci presentano i due tipi cosí compiuti nelle relazioni dell’uno con l’altro come ce li dà il Cervantes. Ciascun tratto nel carattere e nella figura dell’uno risponde a un tratto opposto ma affine nell’altro. Ciascuna particolarità ha un valore di parodia. Anzi, fin tra Rossinante e il grigetto asino di Sancio è lo stesso ironico parallelismo che fra lo scudiero e il cavaliere, e anche le due bestie sono in certa guisa i simbolici portatori delle stesse idee. E come nel pensare cosí nel parlare padrone e servo danno a vedere i piú mirabili contrasti. Il buon Sancio col suo parlare per proverbi rotto e rozzo fa pensare al pazzo del re Salomone, a Marcolfo, che a punto come lui esprime e rappresenta in brevi sentenze la sapienza sperimentale del popolo basso in faccia al patetico idealismo. Don Chisciotte all’incontro parla la lingua culta delle classi superiori, e anche nella grandezza del bene arrotondato periodo rappresenta l’illustre e nobile hidalgo. La costruzione di cotesto periodo è spesse volte troppo distesa, e l’eloquio del cavaliere sembra una superba dama di corte in roba di seta a sgonfi con lunga coda frusciante. Ma le Grazie, travestite da paggi, portano sorridendo il lembo; e i lunghi periodi si compiono con graziosissimi movimenti. Brevemente: Don Chisciotte par che favelli impostato su l’alto suo cavallo: Sancio Panza discorre come adagiato sul suo povero asinello.

Jose Marti – A Enrique Estrazulas

Téngame amistad mayor
Por no escribirle, que ese
Silencio, aunque a Vd. le pese,
No es silencio, que es pudor.

Y hágole aquí la limosna
De callar: ve que no vengo
Con usura; pero tengo
Mucho que hacer para el «Vosna»

Como ando al vuelo, me excusa
Tanta rima en participio,
Y tanto relleno y ripio,—
¡Los postizos de la Musa!

¡Oh, mi amigo,—esos retoños
De pensamiento en tortura!
¡Ese afeitar la hermosura
Con guirindainas y moños!

Gusto de echar del ardiente
Cerebro lo que en él danza,
Como danza en él:—¡si lanza,
Pues lanza resplandeciente!——

A gusto sólo me hallo
Libre como el indio esbelto:
¡Desnudo como él; resuelto
Como él; desnudo, a caballo!

Pero yo le diré al menos
Cómo fue; fue que creí
Que, como Vd. es bueno, así
Todos los hombres son buenos.

Sabe Vd. que para mí
No hay agua, ni pan, ni sol,
Mientras mande el español
En la tierra en que nací.

Y no por aquel brutal
Odio, que en mi alma no cabe;
Sino porque España sabe
Vivir bien y mandar mal.

Muy puestecitos de un lado
Estaban, y en su buen rollo,
Los cien pesos de mi escollo
Cuando dejé el Consulado:

Muy amenas de mirar,
Muy seguros de vencer,
Muy contentos de irlo a ver,
Muy ganoso de viajar…

Esto que en gorja le charlo,
Lo voy en gorja diciendo;
¡pero se me van saliendo
las lágrimas al contarlo!

Hallé que a poner corría,
So capa de santa guerra,
La libertad de mi tierra
Bajo nueva tiranía.

Hallé —¡oh cállelo!—que aquellos
A quienes todo me di,
So capa de patria, ¡ay mí!
Solo pensaban en ellos;

Y gemí, por la salud
De mi pueblo, y trastorné
Mi vida,—¡mas les negué
El manto de mi virtud!

De mí, a nadie cuenta di:
A nadie en mi ansia llamé,—
¡Siempre la soberbia fue
Defecto muy grande en mí!

El plan que urdí con cuidado
Se me vino a tierra, y miento
En eso del llamamiento:—
¡A un amigo,—sí he llamado!

Púseme a tajo y destajo
A buscar trabajo,—y digo
Que amén de Vd., no hay amigo
Más constante que el trabajo.

¡Hallelo, hallelo, por fin!—
Jamás novio recibió
A su novia, como yo
A este trabajo ruin.—

Por él en paz desafío
A cuanto torpe quisiera
Que al mundo prostituyera
El limpio espíritu mío;

Por él me quedo otra vez
Libre del odioso influjo
De los pueblos donde el lujo
Se compra con la honradez.

Viva yo en modestia oscura ;
Muera en silencio y pobreza;
¡Que ya verán mi cabeza
Por sobre mi sepultura!

¿Que en cuál cárcel mis ideas
Pongo ahora en duro recinto?
¿Que dónde me aprieto el cinto
Para mayores peleas?

No ría, amigo, no ría:
¡Tiene el silencio batallas
Donde suenan más ferrallas
Que en la mayor ferrería!

Y así vivo, y no lo sé:—
Comido de un mal ardiente:
¡Siempre una visión enfrente!
¡Siempre el alemán al pie!

¿Se entra un amor por el alma
Dulce como luz nocturna,
Como el ámbar entra en la urna,
O entra en el cielo una palma?

¿Se alza en el pecho un impulso
Que echa el cuerpo de la silla,
Y enciende en sol la mejilla
Y pone a galope el pulso?

¿Manda una voz singular
Al alma que ame, y se extienda?
—«¡Agradeço a sua encommenda
Pelos ferros d’engommar!
»

¿Salta el acero en la mano
O en los labios la palabra,
O en el alma Jesús?—«¡Abra
Conta ao Snr. Campuzano

¿Qué, si no el grato recuerdo
De su alma noble, pudiera
Calmar un poco esta hoguera
Que me come el lado izquierdo?

Jose Marti – A Emma

No sientas que te falte
el don de hablar que te arrebata el cielo,
no necesita tu belleza esmalte
ni tu alma pura más extenso vuelo.

No mires, niña mía,
en tu mutismo fuente de dolores,
ni llores las palabras que te digan
ni las palabras que te faltan llores.

Si brillan en tu faz tan dulces ojos
que el alma enamorada se va en ellos,
no los nublen jamás tristes enojos,
que todas las mujeres de mis labios,
no son una mirada de tus ojos…

Villaviciosa (Madrid), 10 de julio, 1872

Jose Marti – A Eloy Escobar

No sabe el sol cuando asoma
Cuántas tristezas alumbra;
Ni el amigo cuando pasa
Callado por mi vetusta
Puerta —cuánta devorante
Pena recia mi alma enluta,—
Ni cuánta del mar revuelto
Viene al labio amarga espuma.

No tiene su querellosa
Flautilla cuando modula
Más que quejas de la tierra,
Memorias del cielo augustas,—
Son más tristes que el que mueven
Dentro del ánima turbia
Remembranzas del pasado
Bien que en ruinas se sepulta,
Y la tibia frente orean
Con el aire de las tumbas.

Ni sabe Orestes ingrato
Como a Pílades conturban
De una niña que se queja
Cerca de él, las voces puras,—
Cuando las pálidas manos
De las que amantes las buscan,
—Temerosa de que el vuelo
Al cielo le estorben, hurta!—

Oh! no sabe el excelente
Varón que el solar ilustra
Dónde en el cráter de un mundo
Otro mundo se derrumba,—
Cuánto el que a la falda llega
Del monte verde, en penurias
De alma se aflige, y solloza
Con voces de fiera angustia
Que muerde más, por callada,
Y por sola, más asusta,

No de bellaco injuicioso
El triste Pílades cura;—
Ni de cabos, ni de condes,
Que el hado resuelto encumbra;
Ni de esas aves viajeras
Que con blanda estrofa arrullan
Cuando al casto sol de gloria
O al vivo sol de fortuna—
Cual en torno al mástil suelen
En los mares blancos sulas—
Del glorioso o rico entorno
En corte espesa se juntan,
Para volar con los soles
Donde nuevas albas luzcan.
Mas si de Petrus in cunctis
Y de fascinables turbas,
Y de máximos señores
Vivo en venturosa incuria,
No así de la noble estima
Del varón de ánima justa
Que con alta lengua y hechos
El solar nativo ilustra.—

Llegue el triste, del más triste
A alegrar la casa oscura:
Llegue con su barba luenga
Y su rica fabla culta,
Que va mansa, cual de oro
Arroyo en cuyas espumas
Rozasen las pintadillas
Alas mariposas fúlgidas.

Suelta den al padre hidalgo
El coro alegre de puras
Hijas que con invisibles
Besos, le cercan y escudan,—
Y a su paso atentas vierten
De melancólicas urnas,
Blandas esencias de flores
Que la atmósfera perfuman.

Deje la jaula dorada:
Venga a la de hierro dura:
Entienda las que no salen
A la faz lágrimas turbias:
Bridas tráigase de seda (1)
Con su rica fabla culta,
Que el rebelde tigre embriden
Que en mí clava garra ruda.

Y cuando el zaguán estrecho
Trasponga de la vetusta
Casa que de Dios lo ha sido
Y del Dios que hoy priva y cura,
Y de tristes bardos muertos,
Y bardos, de muerte en busca,
Se abrirán de los naranjos
Del patio añejo en la cúpula
Blancos jazmines, gemelos
De los que adornan mi pluma,
Ora que el alma encamino
Al varón de tierra fúlgida.

Antonio Machado – Yo voy sonando caminos

Yo voy soñando caminos
de la tarde. ¡Las colinas
doradas, los verdes pinos,
las polvorientas encinas!…

¿Adónde el camino irá?
Yo voy cantando, viajero,
a lo largo del sendero…
—La tarde cayendo está—.

En el corazón tenía
la espina de una pasión;
logré arrancármela un día;
ya no siento el corazón
.

Y todo el campo un momento
se queda, mudo y sombrío,
meditando. Suena el viento
en los álamos del río.

La tarde más se oscurece;
y el camino se serpea
y débilmente blanquea,
se enturbia y desaparece.

Mi cantar vuelve a plañir:
Aguda espina dorada,
quién te volviera a sentir
en el corazón clavada
.

Antonio Machado – A la muerte de Rubén Dario

Si era toda en tu verso la armonía del mundo,
¿dónde fuiste, Darío, la armonía a buscar?
Jardinero de Hesperia, ruiseñor de los mares,
corazón asombrado de la música astral,

¿te ha llevado Dionysos de su mano al infierno
y con las nuevas rosas triunfantes volverás?
¿Te han herido buscando la soñada Florida,
la fuente de la eterna juventud, capitán?

Que en esta lengua madre la clara historia quede;
corazones de todas las Españas, llorad.
Rubén Darío ha muerto en sus tierras de Oro,
esta nueva nos vino atravesando el mar.

Pongamos, españoles, en un severo mármol,
su nombre, flauta y lira, y una inscripción no más:
Nadie esta lira pulse, si no es el mismo Apolo,
nadie esta flauta suene, si no es el mismo Pan.

Federico Garcia Lorca – Cancion de jinete

En la luna negra
de los bandoleros,
cantan las espuelas.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?

…Las duras espuelas
del bandido inmóvil
que perdió las riendas.

Caballito frío.
¡Qué perfume de flor de cuchillo!

En la luna negra,
sangraba el costado
de Sierra Morena.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?

La noche espolea
sus negros ijares
clavándose estrellas.

Caballito frío.
¡Qué perfume de flor de cuchillo!

En la luna negra,
¡un grito! y el cuerno
largo de la hoguera.

Caballito negro.
¿Dónde llevas tu jinete muerto?

Federico Garcia Lorca – Amparo

Amparo
¡qué sola estás en tu casa
vestida de blanco!

(Ecuador entre el jazmín
y el nardo).

Oyes los maravillosos
surtidores de tu patio,
y el débil trino amarillo
del canario.

Por la tarde ves temblar
los cipreses con los pájaros,
mientras bordas lentamente
letras sobre el cañamazo.

Amparo,
¡qué sola estás en tu casa,
vestida de blanco!

Amparo,
¡y qué difícil decirte:
yo te amo!

Fernando Pessoa – Entre o sono e o sonho

      Entre o sono e sonho,
      Entre mim e o que em mim
      Corre um rio sem fim.

Passou por outras margens,
Diversas mais além,
Naquelas várias viagens
Que todo o rio tem.

Chegou onde hoje habito
A casa que hoje sou.
Passa, se eu me medito;
Se desperto, passou.

E quem me sinto e morre
No que me liga a mim
Dorme onde o rio corre -
Esse rio sem fim.

 

Fernando Pessoa, 11-9-1933

Fernando Pessoa – Gato que brincas na rua

      Gato que brincas na rua

 

      Como se fosse na cama,

 

      Invejo a sorte que é tua

 

      Porque nem sorte se chama.

Bom servo das leis fatais
Que regem pedras e gentes,
Que tens instintos gerais
E sentes só o que sentes.

És feliz porque és assim,
Todo o nada que és é teu.
Eu vejo-me e estou sem mim,
Conheço-me e não sou eu.

 

Fernando Pessoa, 1-1931

Fernando Pessoa – Sonho. Não sei quem sou neste momento.

Sonho. Não sei quem sou neste momento.
Durmo sentindo-me. Na hora calma
Meu pensamento esquece o pensamento,

      Minha alma não tem alma.

Se existo é um erro eu o saber. Se acordo
Parece que erro. Sinto que não sei.
Nada quero nem tenho nem recordo.

      Não tenho ser nem lei.

Lapso da consciência entre ilusões,
Fantasmas me limitam e me contêm.
Dorme insciente de alheios corações,

      Coração de ninguém.

Fernando Pessoa, 6-1-1923