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Victor Hugo – A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin (altro…)

Victor Hugo – A celle qui est restée en France

I

Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange
Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d’ange,
Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.

Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,
Mes angoisses, mon aube, hélas ! de pleurs suivie,
L’ombre et son ouragan, la rose et son pistil,
Ce livre azuré, triste, orageux, d’où sort-il ?
D’où sort le (altro…)

Victor Hugo – A André Chénier

Oui, mon vers croit pouvoir, sans se mésallier,
Prendre à la prose un peu de son air familier.
André, c’est vrai, je ris quelquefois sur la lyre.
Voici pourquoi. Tout jeune encor, tâchant de lire
Dans le livre effrayant des forêts et des eaux,
J’habitais un parc sombre où jasaient des oiseaux,
Où des pleurs souriaient dans l’oeil bleu des pervenches ;
Un jour que je songeais seul au milieu des branches,
Un bouvreuil qui faisait le feuilleton du (altro…)

Victor Hugo – Aymerillot – Audiobook

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie,
Revient d’Espagne ; il a le cœur triste, il s’écrie :
« Roncevaux ! Roncevaux ! ô traître Ganelon ! »
Car son neveu Roland est mort dans ce vallon
Avec les douze pairs et toute son armée.
Le laboureur des monts qui vit sous la ramée
Est rentré chez lui, grave et calme, avec son chien ;
Il a baisé sa femme au front, et dit : « C’est bien. »
Il (altro…)

A Carlos de Soussens – Evaristo Carriego

Caballero de Friburgo, de un castillo de aventuras
cuyas águilas audaces remontaron el Ideal,
soñadoras de los nidos de las líricas futuras,
la pupila al Sol abierta, coronando las alturas,
en el vuelo de armonías de una musa: la orquestal.
Visionario de un ensueño que inspiró un vino divino,
melancólicas vendimias de las uvas de tu Abril
tú también tendrás un Murget, y verá el Barrio Latino
perpetuarse tu bohemia, milagroso peregrino,
compañero de prisiones en la Torre de marfil

Que (altro…)

Jean Tellier – L’anniversaire de Victor Hugo

Avez-vous remarqué dans quel silence, et j’oserai dire dans quelle indifférence on l’a célébré cette année ? La Comédie-Française a donné Ruy Blas et Hernani. On n’a guère fait de réflexions. Ç’a été tout. L’année dernière, nous avions eu du moins un article de M. Jules Lemaître, qui avait fait tapage, et même scandale. Cette année, on n’attaque même plus le vieux poète : on l’oublie ; et M. Lemaître comme (altro…)

Jean Tellier – Le culte de Victor Hugo

Vous savez qu’on a aménagé en musée la maison de Hugo. Et, tous, tant que nous sommes, on nous prie d’apporter ce que nous pourrions avoir de documents propres à établir « la biographie, la bibliographie et l’iconographie du grand écrivain ». O me dit qu’un perruquier a apporté une mèche de cheveux blancs, qu’il avait conservée. Il aura considéré que cet objet pouvait servir à la biographie du poète, en (altro…)

Jean Tellier – Un parodiste de Victor Hugo

Avez-vous, je ne dis pas lu, mais seulement ouvert, le recueil d’articles de défunt M. Caro qu’on vient de publier sous le titre de Poètes et Romanciers ? Si oui, vous y aurez aperçu des pages sur les Contemplations, qui sont bien étranges. Etranges pour moi, du moins, car les jugements n’y diffèrent guère de ceux qui sont de mode à présent, et, normaliens ou décadents, nos jeunes n’en seront nullement (altro…)

Victor Hugo – A un traducteur d’Homère

Les grands poëtes sont comme les grandes montagnes, ils ont beaucoup d’échos. Leurs chants sont répétés dans toutes les langues, parce que leurs noms se trouvent dans toutes les bouches. Homère a dû, plus que tout autre, à son immense renommée le privilège ou le malheur d’une foule d’interprètes. Chez tous les peuples, d’impuissants copistes et d’insipides traducteurs ont défiguré ses poëmes; et depuis Accius Labeo, qui s’écriait:

    Crudum manduces Priamum Priamique (altro…)

Victor Hugo – Sur André Chenier

1819.

Un livre de poésie vient de paraître, et, quoique l’auteur soit mort, les critiques pleuvent. Peu d’ouvrages ont été plus rudement traités par les connaisseurs que ce livre. Il ne s’agit pas cependant de torturer un vivant, de décourager un jeune homme, d’éteindre un talent naissant, de tuer un avenir, de ternir une aurore. Non, cette fois, la critique, chose étrange, s’acharne sur un cercueil! Pourquoi? En voici la raison en (altro…)

Victor Hugo – Satiriques et moralistes

Celui qui, tourmenté du généreux démon de la satire, prétend dire des vérités dures à son siècle, doit, pour mieux terrasser le vice, attaquer en face l’homme vicieux; pour le flétrir, il doit le nommer; mais il ne peut acquérir ce droit qu’en se nommant lui-même. De cette manière il s’assure en quelque sorte la victoire; car, plus son ennemi est puissant, plus il se montre courageux, lui, et la puissance (altro…)

Victor Hugo à ses concitoyens

Mes concitoyens,

Je réponds à l’appel des soixante mille électeurs qui m’ont spontanément honoré de leurs suffrages aux élections de la Seine. Je me présente à votre libre choix.

Dans la situation politique telle qu’elle est, on me demande toute ma pensée. La voici:

Deux républiques sont possibles.

L’une abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge, fera des gros sous avec la colonne, jettera bas la statue de Napoléon et dressera la statue de (altro…)

Victor Hugo – A ma fille

O mon enfant, tu vois, je me soumets.

Fais comme moi: vis du monde éloignée;

Heureuse? non; triomphante? jamais.

–Résignée!–
Sois bonne et douce, et lève un front pieux.

Comme le jour dans les cieux met sa flamme,

Toi, mon enfant, dans l’azur de tes yeux

Mets ton âme!
Nul n’est heureux et nul n’est triomphant.

L’heure est pour tous une chose incomplète;

L’heure est une ombre, et notre vie, enfant,

En est faite.
Oui, de leur sort tous les hommes sont las.

Pour (altro…)

Victor Hugo – Le Pape Pie IX

13 janvier 1848.

Messieurs,

Les années 1846 et 1847 ont vu se produire un événement considérable.

Il y a, à l’heure où nous parlons, sur le trône de saint Pierre un homme, un pape, qui a subitement aboli toutes les haines, toutes les défiances, je dirais presque toutes les hérésies et tous les schismes; qui s’est fait admirer à la fois, j’adopte sur ce point pleinement les paroles de notre noble et éloquent collègue (altro…)

Victor Hugo – La Famille Bonaparte

14 juin 1847.

Messieurs les pairs, en présence d’une pétition comme celle-ci, je le déclare sans hésiter, je suis du parti des exilés et des proscrits. Le gouvernement de mon pays peut compter sur moi, toujours, partout, pour l’aider et pour le servir dans toutes les occasions graves et dans toutes les causes justes. Aujourd’hui même, dans ce moment, je le sers, je crois le servir du moins, en lui conseillant de (altro…)

Victor Hugo – La Pologne

19 mars 1846.

Messieurs,

Je dirai très peu de mots. Je cède à un sentiment irrésistible qui m’appelle à cette tribune.

La question qui se débat en ce moment devant cette noble assemblée n’est pas une question ordinaire, elle dépasse la portée habituelle des questions politiques; elle réunit dans une commune et universelle adhésion les dissidences les plus déclarées, les opinions les plus contraires, et l’on peut dire, sans craindre d’être démenti, que personne (altro…)

Victor Hugo – Le droit et la loi

I

Toute l’éloquence humaine dans toutes les assemblées de tous les peuples et de tous les temps peut se résumer en ceci: la querelle du droit contre la loi. Cette querelle, et c’est là tout le phénomène du progrès, tend de plus en plus à décroître. Le jour où elle cessera, la civilisation touchera à son apogée, la jonction sera faite entre ce qui doit être et ce qui est, la tribune (altro…)