AFRIQUE/ETHIOPIE – “Un abîme que seul l’amour divin peut combler” : la canonisation de Charles de Foucauld vécue par un missionnaire du “dernier kilomètre”

di | 05/18/2022

Gode – “Je regarde Saint Charles de Foucauld, et je suis réconforté et encouragé face à mon manque d’efficacité humaine. Il a insisté sur la vie ordinaire, quotidienne, de vivre avec Jésus sous le regard du Père, et il a laissé sa vie devenir son moyen de mission, de rendre présente la Charité de Jésus.” Ce sont les mots que sœur Joaquin Brown, missionnaire à Gode, dans la région somalienne de l’Ethiopie, a envoyés à l’Agence Fides pour commenter la canonisation de Saint Charles de Foucauld célébrée le dimanche 15 mai 2022 par le Pape François .
“Je me retrouve ici, avec toute ma pauvreté humaine, privée de ressources humaines, face à une mer de besoins. Lire et écouter des articles sur le saint et sa spiritualité, ainsi que sa biographie, ont été l’occasion de revoir sa vie et de découvrir ce que le Seigneur peut nous inviter à vivre dans ce coin du monde qui compte 50 000 kilomètres carrés et un demi-million d’habitants”, insiste le missionnaire.
“La conviction de Charles qu’il était appelé à vivre la vie de Jésus à Nazareth, dans toute la banalité et la monotonie que cela impliquait, est pour moi un grand phare de lumière ici où il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire, si ce n’est permettre à la vie de Jésus de se répandre. La souffrance et la pauvreté des personnes qui nous entourent, en particulier les femmes et leurs enfants, conduiraient au désespoir si la mission devait pouvoir tout changer”, explique sœur Joaquin.
“Les petits signes d’amour que nous essayons de rendre présents dans notre mission, à cent mètres de la limite légale de la préfecture apostolique de Robe, ne changent pas grand-chose à la vie quotidienne de ceux que nous essayons de servir, sauf de manière superficielle. Après tout, souligne la sœur qui vit son charisme missionnaire dans cette région depuis huit ans, les liens fragiles d’amitié que nous essayons de développer avec ceux avec qui nous entrons en contact sont les seules choses qui peuvent durer.
“J’ai attendu ce jour avec appréhension. Devant le portrait de Saint-Charles, que j’avais placé sous l’autel le jour spécial de sa canonisation, j’ai pensé que cette mission, ici à Gode, convient si bien aux femmes, d’accueillir les autres dans leur fragilité et leur situation de besoin, et de les servir avec les pauvres moyens dont je dispose, sachant qu’au-delà du besoin physique se trouve un abîme que seul l’amour divin peut rassasier. J’ai pensé au besoin de Charles de vivre parmi les pauvres, à la façon dont ils le servaient comme il les servait, lui permettant de toucher quelque chose de la présence de Jésus en eux ; à la façon dont Mère Teresa m’avait aidé à voir cette même présence chez les pauvres ; et à l’unité profonde des différentes vies des saints rassemblées dans la simplicité de l’Évangile.”
“Le soir, dans un bref temps d’adoration eucharistique, j’ai remercié Dieu pour le don de ce nouveau saint et pour la manière dont il a voulu vivre en s’identifiant si étroitement au Fils dans son abandon au Père, en permettant que chaque moment de sa vie devienne un espace pour répandre l’amour de Jésus.”
Sœur Joaquin conclut sa réflexion en soulignant combien cette canonisation est pour elle “une invitation de l’Esprit Saint à apprendre de saint Charles à s’abandonner encore et encore au Seigneur, afin qu’il puisse attirer son peuple à lui, par tous les moyens qu’il souhaite, même à travers la “banalité” de chaque jour”.
“Saint Charles de Foucauld, priez pour nous et intercédez pour de nouveaux et fervents missionnaires, prêts à brûler leur vie devant le Seigneur dans les tâches ordinaires d’être frères et sœurs de ceux à qui ils sont envoyés !”.

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