AFRIQUE/NIGERIA – Des progrès en direction d’un changement de mentalité concernant le handicap en Afrique

Owerri – En Afrique, la mentalité envers les handicapés change. C’est ce qu’observe, dans le cadre d’un entretien accordé à l’Agence Fides, le Frère Franco Lain, de l’Œuvre de Don Guanella, Congrégation présente au Nigeria au service des handicapés depuis 30 ans. « Nous assistons actuellement à une transformation. Sur le continent, existent encore de gros retards dus à un manque de fonds et à une faible attention des autorités mais l’attitude de la population se transforme lentement ».
Il est difficile de parler d’une attitude « africaine » vis-à-vis du handicap. Chaque pays, chaque région a sa manière d’affronter le sujet. Depuis toujours, explique le Frère Lain, les africains ont vu dans la personne handicapée « quelque chose d’étrange » qui doit être obligatoirement fruit d’une intervention extérieure, attribuant souvent à ce handicap spécifique une signification spirituelle. Le danger est que, très souvent, cette intervention est interprétée de manière négative, comme le fruit du « mauvais œil », de fautes des parents, de magies pratiquées par des amis ou des membres de la famille. Par le passé, on en arrivait même à la suppression des enfants handicapés, une tendance qui se réduit actuellement fortement. A cela s’ajoutait la difficulté à comprendre la différence entre le handicap mental et la maladie mentale. L’enfant affecté par une trisomie 21 ou par un trouble de l’apprentissage était assimilé à un malade psychique. « Toutes ces attitudes sont encore présentes au sein de la société africaine et compliquent grandement la manière d’approcher la maladie et le handicap » remarque le Frère Lain. « A cela, vient s’ajouter le fait que la majeure partie des nations africaines ne sont pas dotées de mesures institutionnelles d’assistance sociale et qu’une vision politique portant à une véritable intégration au sein de la société fait défaut. Ainsi, les handicapés sont-ils encore perçus comme un poids économique et social. De nombreuses familles, bien que ne maltraitant pas les handicapés, les enferment chez elles, sans aucune assistance ».
Au cours de ces dernières années, ont été enregistrés de petits signes de changement encourageants. « Il commence à exister une nouvelle sensibilité au niveau de l’homme de la rue – poursuit le Frère Lain. Au sein de nos communautés, arrivent des personnes qui offrent des aides matérielles : un sac de riz, un petit animal, un peu de farine. Il s’agit de petits gestes qui nous aident grandement. Il existe aussi des donations de la part d’entrepreneurs locaux et étrangers qui travaillent sur place. Les indiens, par exemple, même s’ils ne sont pas catholiques, nous offrent des aides importantes et les entrepreneurs italiens sont, eux aussi, tout aussi sensibles ».
Par-delà les aides, on commence à percevoir également une nouvelle sensibilité. « Au Nigeria – explique le Frère Lain – la mère d’une trisomique a créé une association qui a mis sur pied des centres destinés aux jeunes handicapés et procède à un travail de sensibilisation attentif. L’association est formée par les parents des jeunes handicapés eux-mêmes. Toujours au Nigeria, nous travaillons actuellement dans un certain nombre d’écoles afin de favoriser l’intégration dans les classes. Il s’agit de petites gouttes d’eau qui démontrent une attitude différente. Beaucoup reste à faire mais quelques progrès ont été accomplis ».
La première visite de missionnaires guanéliens au Nigeria a eu lieu en 1989. En 1992, est né le Don Guanella Center Nnebukw, sur le territoire du Diocèse d’Owerri. Le Centre a comme objectifs le soin, l’éducation et la réhabilitation des personnes handicapées ou ayant des besoins particuliers, se trouvant dans des situations telles que l’épilepsie, la trisomie 21, la paralysie cérébrale et l’autisme, en promouvant de la sorte leur dignité humaine et leur développement intégral. En 27 ans, dans ce centre, ont été réhabilitées des centaines de personnes handicapées, dont certaines sont retournées dans leurs familles et à leur tour ont été réintégrées dans la société.

da: www.fides.org
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