AFRIQUE/NIGERIA – Témoignage du Directeur diocésain des Œuvres pontificales missionnaires sur la reprise de la vie de l’Eglise à Maiduguri après les violences de ces dernières années

Rome – « Nous rendons grâce à Dieu pour la situation actuelle à Maiduguri qui s’est améliorée au cours de ces derniers mois » indique dans un entretien accordé à l’Agence Fides le Père Patrick Solomon Zaku, Directeur diocésain des Œuvres pontificales missionnaires de Maiduguri et Coordinateur national de l’ Œuvre de la Propagation de la Foi au Nigeria, qui participe actuellement au Cours de formation en vue du Mois missionnaire extraordinaire d’octobre prochain au Centre international d’Animation missionnaire de Rome.
Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, dans le nord du Nigeria, a constitué pendant des années l’épicentre des violences de la secte islamiste Boko Haram. Ainsi que l’explique le Père Zaku, « au cours des 9 dernières années, Boko Haram a perpétré différents attentats contre les civils dans notre zone. Le pic a été atteint entre 2014 et 2016 lorsque plus de 22 Paroisses du Diocèse ont été capturées par Boko Haram, devenant de facto des territoires contrôlés par l’organisation terroriste alors que des dizaines de milliers d’autres personnes ont été contraintes à prendre la fuite, allant vivre dans des camps. Grace à l’amélioration des conditions de sécurité, plusieurs familles d’évacués ont pu revenir chez elles ».
« L’Eglise a immédiatement offert un soutien aux personnes évacués notamment parce que, pour nombre d’entre eux, la Paroisse ou une autre structure ecclésiastique est le premier endroit où elles ont cherché refuge » déclare le prêtre. « Dans la ville de Maiduguri, nous avons créé des camps d’accueil temporaires pour les évacués provenant de villages limitrophes même si la majeure partie des évacués des zones plus reculées de notre Diocèse ont été accueillis dans le Diocèse de Yola, grâce à une forte mobilisation et à la disponibilité de l’Evêque du lieu. Au moins 2.000 évacués environ ont ainsi été accueillis dans la Cathédrale de Yola ».
Le Père Zaku souligne que « au cours de ces 9 ou 10 dernières années, au sein du seul Diocèse de Maiduguri Boko Haram a infligé des dommages incalculables à l’Eglise : plus d’une centaine d’églises, de Paroisses et de stations missionnaires ont été incendiées et détruites outre de nombreuses écoles, dispensaires et hôpitaux, sans compter les nombreux prêtres, catéchistes et simples fidèles tués au cours de ces années ».
Les violences n’ont cependant pas entamé l’effort missionnaire de l’Eglise. « Malgré les violences et les menaces, nous avons continué à proclamer l’Evangile » déclare le Père Zaku. « Au mépris des attaques de Boko Haram, les Curés ont continué à administrer les sacrements et à se rendre régulièrement à l’église avec les fidèles pour célébrer la Messe. Même les personnes évacuées se trouvant dans des camps de fortune n’ont pas perdu la foi. Moi-même, en 204, ai été évacué parce que ma Paroisse avait été capturée par Boko Haram et j’ai continué à célébrer la Messe avec les autres évacués qui accouraient en masse pour y participer » conclut le prêtre.

da: www.fides.org
I contenuti del sito sono pubblicati con Licenza Creative Commons Attribuzione 4.0 Internazionale