AMERIQUE/EL SALVADOR – “Le pays vit un tremblement de terre politique”, les paroles du cardinal Rosa Chávez qui agacent certains politiciens

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San Salvador – L’interview accordée par le Cardinal Gregorio Rosa Chávez, Évêque auxiliaire de San Salvador, à Vatican News continue de faire les gros titres au Salvador. Le dernier en date est le leader du parti Nuevas Ideas, Walter Araujo, qui a menacé le Cardinal d’un “tremblement de terre” politique parce qu’il n’est pas d’accord avec la façon dont ce dernier a décrit la situation du pays.
Araujo, depuis qu’il est membre du parti Arena, à la fois comme dirigeant et comme fonctionnaire, a attaqué les prêtres qui dénoncent l’injustice, comme le Cardinal Rosa Chávez, et a repris les slogans de son ancien dirigeant et fondateur Roberto d’Abuisson, accusant les religieux d’être des “prêtres rouges ” en soutane noire.
A la question “Comment interprétez-vous la situation socio-politique actuelle au Salvador ?”, posée par Vatican News au Cardinal Rosa Chávez, il a répondu :
“C’est une question difficile à l’heure actuelle. Parce que nous sommes dans un moment de tremblement de terre politique, nous pouvons dire, quand nous avons vécu le tremblement de terre de 1986, nous étions en pleine guerre, et l’Archevêque Rivera Damas a utilisé une très belle image, il a dit : ” il y a deux tremblements de terre, un de la nature et un créé par les hommes “. Il faisait référence à la guerre et dans ce contexte, il avait une très belle image, celle d’un endroit qui avait subi un tremblement de terre ou’ chaque dimanche nous célébrons la messe dominicale devant deux poutres en bois d’une maison détruite qui seraient comme une croix, symbole d’un pays qui espère en Christ. Vous devez donner de l’espoir aux gens face à une tragédie aussi grande que la guerre et le tremblement de terre”.
“Quelque chose de similaire se produit aujourd’hui, nous avons le tremblement de terre pandémique”, a poursuivi le Cardinal. ” Combien de douleur elle cause dans le monde et aussi parmi nous. Et comme ça fait mal de voir tous les jours des gens en détresse ou intubés comme on dit ici, attachés à une machine avec de nombreux câbles. Et bien souvent, ces personnes finissent dans un cimetière pour être enterrés selon le strict protocole anti-Covid. Et personne n’est autorisé à s’approcher du défunt. L’autre séisme est politique”, poursuit le Cardinal. “Le pays connaît actuellement un grand bouleversement politique, une crise politique très grave parce que nous n’avons pas d’État de droit qui fonctionne actuellement, nous n’avons pas l’indépendance des pouvoirs, nous n’avons pas de personnalité politique en qui nous pouvons avoir confiance, nous n’avons pas de loi que nous devons respecter, il y a une grande crainte qu’il n’y ait pas de loi ou d’ordre, donc pas de véritable justice” .