AMERIQUE/HAITI – Appel de l’Episcopat à un « véritable changement radical » après les scandales de corruption généralisée

Port-au-Prince – Des milliers d’haïtiens sont descendus dans les rues de la capitale hier en demandant la démission du Président, Jovenel Moïse, responsable selon la Cour des Comptes de la mauvaise gestion et de la disparition des fonds de la PetroCaribe. En effet, voici quelques jours, la Cour des Comptes a publié un rapport de plus de 600 pages sur la gestion de PetroCaribe, un programme de développement sponsorisé par le Venezuela, rapport qui a porté à la lumière de nombreux cas de gestion irrégulière des fonds et de corruption portant sur des milliers d’USD.
La Conférence épiscopale d’Haïti a réagi d’une manière énergique face à ce nouveau cas de mauvaise gestion : « Nous avons lu avec prudence et consternation les deux rapports de révision émis par la Cour supérieure des Comptes et par l’Administration du Contentieux concernant la gestion des projets financés par les fonds PetroCaribe » peut-on lire dans la note des Evêques envoyée à Fides.
« Ceux-ci projettent une lumière claire et irrésistible sur l’importance déconcertante et la gravité du mal de la corruption dans ses différents mécanismes politiques et opérationnels. La corruption généralisée devient un mal endémique, un fait dégradant, un vol organisé. Elle est devenue une véritable plaie sociale qui afflige nos institutions et mine par suite sérieusement tant d’un point de vue éthique qu’économique le développement de notre pays ».
« Le peuple haïtien – continue le texte – s’attend à ce que ces deux rapports de contrôle émis par la CSC/CA soient suivis d’effets. Dans sa colère et sa furie suite à ce vaste scandale de corruption qui atteint ou abat les plus hauts sommets de l’Etat, il demande à ce que se tienne le procès PetroCaribe ».
Les Evêques d’Haïti déplorent que « notre pays soit systématiquement appauvri par la déconcertante avidité de certains responsables rapaces et inconscients qui ne tiennent pas compte de la situation difficile des personnes dans le besoin. De tels responsables n’aident ni au progrès ni au développement du pays. La population haïtienne subit les conséquences […] dommageables de ces actes […] parce que l’instabilité politique qui sévit à Haïti et le comportement indigne des hommes politiques sont sur le point d’inaugurer dans le pays « l’ère de l’ivresse homicide sans limites » et nous assistons actuellement – dans presque tous les secteurs de la vie nationale – à une sorte de violence multiformes dont personne n’est exempté ».
Le texte des Evêques rappelle ensuite que « le temps ne sert pas à solder les comptes mais à la responsabilité. Le moment du changement, d’un véritable changement radical est venu… Nous demandons au peuple de distinguer ceux qui cherchent véritablement son bien. Pour que les choses changent, sont nécessaires à tous les niveaux du pouvoir et des offices publics des hommes et des femmes nouveaux dans leur mentalité, leur conscience professionnelle et leur compétence. Ceci est le motif pour lequel notre intervention entend mettre les protagonistes politiques face à leurs responsabilités. Nous les exhortons à porter remède aux injustices sociales, à se présenter à la justice du pays si tel est le prix à payer pour restaurer l’autorité morale de l’Etat et de ses gouvernants ».
La note porte les signatures de S.Exc. Mgr Launay Saturné, Evêque de Jacmel, Président de la CEH, et de tous les Evêques membres de l’organisme.

da: www.fides.org
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