AMERIQUE/PARAGUAY – Les Evêques : « L’indépendance de la patrie ne sera ni complète ni possible, sans l’amour entre frères paraguayens »

di | 05/18/2022

Asunción – « L’indépendance de la Patrie ne sera pas complète et ne sera pas possible, sans l’amour entre frères paraguayens semblable à l’exemple de Jésus », écrit Mgr Adalberto Martínez Flores, Archevêque de la Très Sainte Assomption, Président de la Conférence épiscopale paraguayenne, dans un long message publié à l’occasion du 211e anniversaire de l’indépendance nationale vis-à-vis de l’Espagne, le 15 mai 1811.
Rappelant qu’environ 90% de la population se déclare chrétienne, l’archevêque souligne que « la réalité sociale et politique du Paraguay nous interpelle en tant que chrétiens », car le pays est marqué par la violence sous de nombreuses formes, l’émigration, la pauvreté, la corruption et l’impunité. « Les institutions démocratiques sont faibles; la présence et l’action du trafic de drogue et du crime organisé augmentent », poursuit-il, soulignant qu’« un Paraguay comme celui-ci, fait beaucoup de mal, et le soumet à de multiples chaînes qui le maintiennent prisonnier et la Patrie des Rêves peut devenir un cauchemar, ce qui nécessite de nouveaux héros patriotiques pour maintenir et approfondir l’entreprise d’indépendance dont nous nous souvenons aujourd’hui ». Monseigneur Martínez Flores exhorte donc « tous les citoyens et tous les habitants du territoire national, quelle que soit leur nationalité », à ne pas laisser leur joie ou leur espoir se faire voler, et à accepter les défis pour qu’un nouveau Paraguay naisse.
Mgr Adalberto Martínez Flores nous exhorte à proposer « des horizons qui guident notre chemin ensemble, dans la synodalité, vers un pays nouveau, véritablement indépendant, pour le bonheur de notre peuple ». Grâce au dialogue et au consensus, un projet national peut être construit : « le Paraguay que nous voulons et dont nous avons besoin ».
Le Président de la Conférence épiscopale souligne que penser à un avenir différent exige une conversion profonde, des changements structurels « commencent par des changements de mentalité, d’attitudes et de pratiques culturelles qui entravent la réalisation du bien commun ». Il aborde ensuite un certain nombre de thèmes : les jeux de pouvoir économiques et politiques sur la scène mondiale qui affectent profondément le pays ; la corruption, publique et privée, qui nuit à notre confiance et gaspille des ressources destinées à améliorer les conditions de vie des personnes, en particulier des secteurs vulnérables, des paysans et des peuples autochtones; la démocratie doit être renforcée, les autorités sont d’honnêtes serviteurs du bien commun, gouvernant selon les droits fondamentaux ; il y a un besoin de voir l’autre comme un frère, même s’il pense différemment de nous. La société se caractérise par la diversité dans tous les domaines; la diversité enrichit, l’homogénéité appauvrit.
Au Paraguay, plusieurs institutions de la sphère publique se sont déclarées pro-vie et pro-famille, « c’est très bien, mais insuffisant », souligne l’archevêque, invitant « à traduire cette déclaration d’intention en gestes cohérents », à prendre soin de la famille, de nos enfants, de nos adolescents et des personnes vulnérables, en les protégeant de toutes sortes d’abus. « L’éducation et la culture sont les clés du développement des personnes et de la société », poursuit-il, dénonçant la pauvreté d’une grande partie de la population malgré le fait que le pays produise suffisamment de nourriture pour tous.
« Le développement du crime organisé, du trafic de drogue et des groupes radicaux est une profonde préoccupation », poursuit Mgr Martínez Flores, citant l’assassinat brutal du procureur Marcelo Daniel Pecci Albertini : « Ce crime abominable ne doit pas être considéré comme un cas isolé, c’est une blessure mortelle dans le cœur de tous les Paraguayens… L’Église soutient que la priorité ne devrait pas seulement être donnée à l’augmentation des mesures législatives ou d’application de la loi, mais aussi à une attention adéquate à la population et aux conditions de vie, de santé, d’éducation et de travail.
En conclusion, le Président de la Conférence épiscopale souligne : « on ne peut construire la République, la Nation et la Patrie sans citoyens honnêtes ». Le nouveau Paraguay, patrie des rêves, « doit être fondé sur un projet national fondé sur la dignité de la personne humaine et le bien commun, avec une politique nationale de solidarité et de fraternité, au-delà des idéologies et des intérêts des partis et des groupes de pouvoir ».

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