ASIE/EMIRATS ARABES UNIS – Ouverture officielle du site archéologique chrétien de Sir Bani Yas de la part du Ministre de la tolérance

Abou Dhabi – Le site archéologique chrétien de l’ile de Sir Bani Yas, à 200 Km à l’ouest de la ville d’Abou Dhabi, a été rouvert le 13 juin après une période de travaux qui rendront visitables de vastes zones des restes du complexe monastique jusqu’ici fermé au public. La réouverture officielle du site a eu lieu en présence du Sheikh Nahyan bin Mubarak, Ministre de la tolérance des Emirats arabes unis. « L’église et le monastère de Sir Bani Yas – a notamment déclaré le Ministre dans son intervention – jettent une lumière dont nous sommes fiers sur notre histoire culturelle ».
Le site archéologique comprend les vestiges d’un complexe monastique nestorien remontant au VII° siècle où vivait une petite communauté d’une trentaine de moines. « Son existence – a souligné entre autre le Ministre – constitue la confirmation que, sur notre terre, la tolérance et l’acceptation de l’autre constituent des valeurs de longue date ». A Abou Dhabi, le 4 février dernier, le Pape François et le grand imam d’al-Azhar, ont signé le document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune.
Les moines qui construisirent et habitèrent le complexe monastique appartenaient au réseau de communautés chrétiennes présentes depuis la plus lointaine antiquité à l’est des frontières de l’Empire romain, dans les territoires immenses de l’Asie centrale, allant de la Perse jusqu’à l’Inde et à la Chine. « Il s’agit de communautés – a écrit le Père Lorenzo Cappelletti, historien, Professeur à l’Université pontificale Antonianum – qui un peu rapidement sont qualifiées de nestoriennes parce qu’au moment du Concile d’Ephèse , qui condamna le Patriarche de Constantinople Nestor, elles demeurèrent fidèles à la tradition théologique antiochienne, dont provenait Nestor, contre l’extrémisme du courant théologique d’Alexandrie ». En réalité, « dès avant le Concile d’Ephèse, elles avaient entendu prendre les distance de l’Eglise d’Etat romaine. Depuis le début du III° siècle, en effet, ces chrétiens avaient leur propre Patriarche ayant son siège à Seleucia-Ctesifonte sur le Tigre, dont l’autonomie dériva de la nécessité de démontrer l’indépendance de ces chrétiens de l’Empire romain, qui constituait depuis des siècles l’ennemi par excellence du monde perse. Plus qu’un éloignement dogmatique, leur autonomie tendait donc à éviter incompréhensions et persécutions ».
Selon les chercheurs et les archéologues qui ont étudié le site de Sir Bani Yas, le complexe monastique fut actif pendant au moins 150 ans, continuant à représenter une étape pour commerçants et voyageurs bien des décennies après l’avènement de l’islam. « Au début, la tolérance réciproque a dû être notable – a souligné le Vicaire apostolique d’Arabie méridionale, S.Exc. Mgr Paul Hinder, présent à l’inauguration.
Le site archéologique a été découvert en 1992. Quelques années plus tard, la découverte de croix a confirmé qu’il s’agissait des restes d’un complexe ecclésial comprenant une église, un réfectoire, un dortoir et un cimetière. Pour vivre, les moines cuisaient sur place leur pain et du poisson qu’ils pêchaient eux-mêmes attendu que le monastère n’était pas loin de la mer.

da: www.fides.org
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