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Tunisie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

الجمهورية التونسية (ar)
(ar)
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République tunisienne (fr)
Drapeau de la Tunisie Armoiries de la Tunisie
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Hurriya, Nidham, 'Adala (Liberté, Ordre, Justice)
Langue officielle Arabe littéral
Capitale Tunis
36°84'N, 10°22'E
Plus grande ville Tunis
Forme de l’État
 - Président
 - Premier ministre
République
Zine el-Abidine Ben Ali
Mohamed Ghannouchi
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 90e
163 610 km²
5%
Population
 - Totale (2006)
 - Densité
Classé 78e
10 126 300[1] hab.
63,80 hab./km²
Indépendance
 - Date
De la France
20 mars 1956
Pays limitrophes Algérie Algérie
drapeau de la Libye Libye
Gentilé Tunisien(ne)
Monnaie Dinar tunisien (TND)
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Hymne national Humat Al-Hima
Domaine internet .tn
Indicatif
téléphonique
+216

La Tunisie (تونس) est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s’ouvre sur l’Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord-est du pays.

Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain.

Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français en 1881. Avec l’avènement de l’indépendance, le 20 mars 1956, le pays prend l’appellation officielle de Royaume de Tunisie sous le règne de Lamine Bey, seul souverain tunisien à porter le titre de roi. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c'est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, au terme de 30 ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer mais poursuit dès lors les principaux objectifs du bourguibisme tout en libéralisant l’économie.

Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.

Sommaire

[modifier] Géographie

Icône de détail Article détaillé : Géographie de la Tunisie.
Topographie de la Tunisie
Topographie de la Tunisie

La Tunisie est le pays le plus au nord du continent africain. Il est séparé de l’Europe par 140 kilomètres au niveau du détroit de Sicile et rattaché au Maghreb dont il est le plus petit État. Disposant d’une superficie de 163 610 km²[2], le pays est limité à l’ouest par l’Algérie (965 kilomètres de frontière commune), au sud-est par la Libye (459 kilomètres) et au nord et à l’est par la mer Méditerranée (1 298 kilomètres de côtes).

Les terres cultivées représentent 4,9 millions d’hectares dont 1,6 consacré à la culture des céréales, 1,6 consacré à la culture de l’olivier et 400 000 hectares consacrés aux cultures irriguées. Le désert occupe une superficie comprise entre 33 % et 40 % du territoire selon qu’on le définisse d’après l’aridité ou selon des caractéristiques paysagères.

La Tunisie possède un relief contrasté entre une partie septentrionale et occidentale montagneuse située dans l’extension du massif montagneux de l’Atlas — son point culminant est le Djebel Chambi (1 544 mètres) — et coupée par la plaine de la Medjerda (seul cours d’eau alimenté de façon continue), une partie orientale plane s’étendant entre Hammamet et Ben Gardane et une partie méridionale désertique divisée entre une succession de chotts (Chott el-Gharsa, Chott el-Jérid et Chott el-Fejaj), des plateaux rocheux et les dunes du Grand Erg Oriental. Le littoral parsemé de tombolos et de lagunes s’étend sur 1 298 kilomètres dont 575 de plages sablonneuses. Quelques îles dont les Kerkennah et Djerba parsèment le littoral.

[modifier] Climat

Le climat de la Tunisie se divise en sept zones bioclimatiques, la grande différence entre le nord et le reste du pays étant due à la chaîne de la dorsale tunisienne qui sépare les zones soumises au climat méditerranéen de celles soumises au climat aride engendré par le Sahara. En raison de sa situation géographique, le climat tunisien est influencé par divers types de vents : la côte nord est exposée aux vents marins soufflant depuis le sud de la France, ce qui provoque une baisse significative des températures et une hausse des précipitations, et le sud du pays aux vents chauds et secs tels le sirocco soufflant sur les grandes étendues désertiques et les plaines. Le pays bénéficie également d’un taux d’ensoleillement important (dépassant 3 000 heures par an). Les températures varient en raison de la latitude, de l’altitude et de la proximité ou de l’éloignement de la mer Méditerranée. S’il peut faire quelques degrés au-dessous de 0°C en hiver dans les montagnes de Kroumirie, la température grimpe parfois en été aux environs de 50°C dans les régions désertiques. La pluviométrie annuelle varie également selon les régions : d’environ 1 000 millimètres au nord à environ 380 millimètres au centre et moins de 300 millimètres au sud.

[modifier] Environnement

Paysage du Sud tunisien
Paysage du Sud tunisien
Banlieue de Tunis
Banlieue de Tunis

La flore varie beaucoup en fonction des régions : celle des régions côtières est semblable à celle de l’Europe méridionale et comprend prairies, garrigue, maquis et forêts de chênes-liège. Plus au sud, la végétation est de type steppique avec une dominance de l’alfa. Dans les régions arides de l’extrême sud, les oasis sont plantées de palmiers-dattiers.

Huit aires naturelles ont été érigées en parcs nationaux. Le parc national de l'Ichkeul, qui s’étend sur 12 600 hectares, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il existe également seize réserves naturelles qui ont pour but d’être un habitat pour des espèces ayant une valeur écologique et économique et en tant qu’écosystèmes vulnérables.

Selon une étude du programme méditerranéen du WWF, la région côtière du nord-ouest figure parmi les treize sites de la Méditerranée qui se distinguent par leur richesse naturelle, leur biodiversité et leurs espèces végétales et animales uniques.

[modifier] Géographie humaine

L’espace tunisien apparaît inégalement peuplé et développé sur le plan socio-économique selon un gradient intérieur-littoral (ouest-est). Les treize gouvernorats côtiers totalisent 65,3 % de la population totale avec une forte densité de population (140 habitants par km²). L’économie y est diversifiée et c'est l’activité industrielle qui se démarque le plus avec la concentration de 85 % des établissements industriels du pays et même de 87,5 % de l’emploi dans ce secteur économique.

La Tunisie est urbanisée à 64,9 % (2005)[3] et connaît un taux d’urbanisation annuelle de 3,6 %. Le réseau urbain se situe sur la bande littorale orientale, entre les régions de Tunis et Gabès en passant par le Sahel et Sfax (centre-est du pays), qui dispose des plus grandes infrastructures économiques et concentre plus de 80 % de la population urbaine. Les principales agglomérations sont :

  • Tunis : 728 453 habitants (2 083 000 en intégrant le Grand Tunis)
  • Sfax : 265 131 habitants (500 000 en intégrant le Grand Sfax)
  • Sousse : 173 047 habitants (400 000 en intégrant le Grand Sousse)
  • Kairouan : 117 903 habitants
  • Gabès : 116 323 habitants (170 000 en intégrant le Grand Gabès)
  • Bizerte : 114 371 habitants (150 000 en intégrant le Grand Bizerte)

[modifier] Géographie administrative

Icône de détail Article détaillé : Gouvernorat.

La Tunisie est divisée en 24 gouvernorats qui portent le nom de leurs chefs-lieux :

Tunis (تونس), Ariana (أريانة), Ben Arous (بن عروس), La Manouba (منوبة), Béja (باجة)
Jendouba (جندوبة), Le Kef (الكاف), Siliana (سليانة), Bizerte (بنزرت), Nabeul (نابل)
Zaghouan (زغوان), Gafsa (قفصة), Kairouan (القيروان), Kasserine (القصرين)
Mahdia (المهدية), Monastir (المنستير), Sfax (صفاقس), Sidi Bouzid (سيدي بوزيد)
Sousse (سوسة), Gabès (قابس), Kébili (قبلي), Médenine (مدنين), Tataouine (تطاوين), Tozeur (توزر)


À leur tête se trouvent des gouverneurs, nommés par le président de la République, qui sont les « dépositaires » de l’autorité de l’État. Trois institutions les aident à accomplir leurs missions :

  • le conseil local de développement
  • le conseil rural
  • le comité de quartier

Aux côtés des gouverneurs se trouvent les Conseils régionaux qui sont chargés d’examiner « toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels. » Ils donnent ainsi leur avis sur les programmes et projets que l’État envisage de réaliser dans leur gouvernorat respectif, arrêtent le budget des gouvernorats et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établissent des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l’intérieur).

[modifier] Histoire

[modifier] Préhistoire

Squelette capsien en position repliée
Squelette capsien en position repliée

De nombreuses traces d’industrie humaine datant du Paléolithique inférieur témoignent de l’ancienneté du peuplement de l’actuelle Tunisie.

À 20 kilomètres à l’est de Gafsa, le site moustérien d’El Guettar (vieux de plus de 40 000 ans) a livré une structure formée par un amas de pierres rondes disposées en un cône d’environ 75 centimètres de haut pour un diamètre de 130 centimètres. Ces pierres rondes, en calcaire ou en silex, sont parfois façonnées. Elle sont associées à des ossements d’animaux, des dents et des objets de silex taillé moustériens ainsi qu’une pointe pédonculée atérienne. M. Gruet, l’archéologue qui l’a découverte, interprète cette structure comme un édifice réalisé en offrande à la source voisine, aujourd’hui asséchée, et traduisant un sentiment religieux ou magique[4],[5]. Elle est connue sous le nom d’Hermaïon d’El Guettar, par référence aux tas de pierre édifiés dans l’Antiquité en relation avec le culte d’Hermès, et se trouve exposée au Musée national du Bardo.

À une civilisation épipaléolithique littorale dite ibéromaurusienne et à une autre dite capsienne succède le Néolithique. À cette période, la présence humaine est conditionnée par la formation du Sahara qui acquiert son climat actuel. De même, c’est à cette époque que le peuplement de l’actuelle Tunisie voit sa population s’enrichir par l’apport des Berbères.

La Tunisie entre dans l’Histoire avec l’expansion des Phéniciens qui, cherchant à développer leur réseau commercial, fondèrent une série de comptoirs dans le bassin occidental de la Méditerranée et au-delà du détroit de Gibraltar. Celui de ces comptoirs qui connaît le développement le plus considérable est Carthage qui est fondé sur la côte tunisienne par des Tyriens en 814 av. J.-C.. D’après la légende, c’est la reine Élyssa (Didon chez les Romains), sœur de Pygmalion, roi de Tyr, qui fonde la cité.

[modifier] De la Carthage punique à la Carthage romaine

Icône de détail Article détaillé : Histoire de Carthage.

Entre le VIe et le Ve siècle, la rivalité avec les Grecs amène Carthage à développer ses ressources propres : contrôlant bientôt tout le nord-est du pays, cette colonie renforce son autorité sur les autres comptoirs phéniciens de la côte d’Afrique. Elle entreprend alors de plus lointaines reconnaissances vers le nord, attirée par le commerce de l’étain, et vers le sud pour bénéficier du commerce de l’or avec le Soudan.

Au début du IIIe siècle av. J.-C., Carthage s’affirme comme une grande puissance maritime et commerciale qui contrôle la totalité du commerce et de la navigation dans les eaux de la Méditerranée occidentale. Elle possède également de nombreux territoires hors d’Afrique : sud de la péninsule Ibérique, îles Baléares, ouest de la Sicile, Corse, Sardaigne et Malte. Mais son incapacité à intégrer les populations berbères dans sa civilisation la rend vulnérable lorsque les Romains supplantent les Grecs comme principaux concurrents. Rivales pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale, les deux puissances entrent en conflit (guerres puniques). La possession de la Sicile est alors au centre des enjeux qui opposent à trois reprises les deux cités à partir de 264 av. J.-C..

Une révolte des Berbères durant la Première Guerre punique contribue à éviter la victoire de Carthage sur Rome. La victoire d’Hannibal Barca à la bataille de Cannes en 216 av. J.-C. donne un moment l’avantage à Carthage mais, à l’issue de la Deuxième Guerre punique, la victoire romaine, encore une fois facilitée par une révolte des Berbères sous la conduite de leur roi Massinissa, se matérialise par la conquête de nombreux territoires carthaginois. Enfin, à l’issue de la Troisième Guerre punique, Rome écrase définitivement Carthage et s’installe sur les décombres de la ville en 146 av. J.-C.. La fin des guerres puniques marque alors l’établissement de la province romaine d’Afrique. Utique en devient la première capitale mais le site de Carthage va s’imposer à nouveau par ses avantages. En 44 avant J.-C., Jules César décide d’y fonder une colonie romaine mais c’est Auguste qui lance véritablement les travaux quelques décennies plus tard.

Elle devient plus tard la capitale de la province. C’est alors une période de prospérité où l’Afrique devient pour Rome un fournisseur essentiel de blé et d’huile, aidé en cela par sa position de plaque tournante du négoce d’esclaves africains. Le fameux port circulaire de Carthage se mue en port d’attache monumental d’une flotte céréalière dont l’arrivée est chaque année impatiemment attendue à Rome. Partie intégrante de la République puis de l’Empire, avec la Numidie, la Tunisie devient pendant six siècles le siège d’une civilisation romano-africaine.

[modifier] Christianisation

En s’implantant en Tunisie, et au Maghreb en général, le christianisme ne se heurte pas seulement aux édits impériaux mais d’abord à une véritable opposition populaire. En effet, en s’implantant parmi ces populations, le christianisme déchire un tissu social très serré. Le paganisme imprégnant la vie quotidienne, les chrétiens sont conduits à vivre à l’écart de la vie domestique et de la vie publique. La cohésion de la famille et de la cité est donc menacée, ce qui entraîne des ripostes comme le saccage de tombes chrétiennes par ces populations. Dès le IIe siècle, Carthage applique également les persécutions impériales : la mise en œuvre de l’édit impérial est conduite avec vigueur. Ceux qui refusent de se rallier au culte officiel sont soumis à la torture pour leur arracher un simulacre de soumission. S’ils s’obstinent dans le refus, leurs biens sont confisqués et ils sont bannis ou même déportés. Mais, malgré cette situation difficile, la nouvelle foi s’implante beaucoup plus rapidement qu’en Europe notamment en raison du rôle social de l’Église qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle. L’Église d’Afrique s’implantant progressivement, Carthage devient, au IVe siècle, l’une des plus grandes capitales spirituelles d’Occident : Tertullien, saint Cyprien ou saint Aurèle en sont originaires et le donatisme, doctrine schismatique puis déclarée hérétique, prend son essor entre le IVe et le Ve siècle.

En 429, menés par leur chef Genséric, les Vandales franchissent le détroit de Gibraltar. Dix ans plus tard, après s’être rendus maîtres d’Hippone, ils entrent dans Carthage où ils installent leur royaume pour près d’un siècle. Ces derniers sont adeptes de l’arianisme, ce qui ne facilite pas les relations entre eux et les notables locaux majoritairement catholiques. Ces derniers sont persécutés dès lors qu’ils tentent de s’opposer au pouvoir vandale : de nombreux hommes d’église sont martyrisés, emprisonnés voire exilés dans des camps au sud de Gafsa. Cependant, la culture latine est largement préservée et le christianisme prospère tant qu’il ne s’oppose pas au souverain en place.

Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de la province romaine la plus riche de l’Empire, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie. Le recrutement de leur armée en souffre à tel point qu’ils préfèrent enrôler des autochtones berbères (romanisés pour la plupart). Toutefois, incapables de contenir les tribus hostiles des Banou Ifren[6] qui s’agitent aux frontières de leur territoire, leur défaite devant ces dernières, en 530, fournit à l’empereur byzantin Justinien l’occasion de s’emparer du territoire (septembre 533). La majeure partie du peuple vandale est déportée vers l’Orient, servant comme esclaves, tandis que d’autres sont enrôlés de gré ou de force dans l’armée byzantine comme soldats auxiliaires. Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d’Afrique. À la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l’Église locale, se détournent de Carthage. De plus, en proie à d’incessantes querelles et luttes religieuses, les Byzantins ne peuvent pas davantage intégrer dans la structure de leur empire les Berbères qui se soulèvent à plusieurs reprises.

[modifier] Arabisation et islamisation de la Tunisie

Dans ce contexte, trois expéditions sont nécessaires pour que les Arabes réussissent à conquérir la Tunisie. De plus, la conversion des tribus ne se déroule pas uniformément et connaît des résistances, des apostasies ponctuelles ou l’adoption de syncrétismes. L’arabisation se fera de manière plus lente encore mais finira par être totale.

La première expédition est lancée en 647. L’exarque Grégoire est battu à Sbeïtla, ce qui démontre l’existence de points faibles chez les Byzantins. En 661, une seconde expédition est lancée et se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafaa est décisive : Ibn Nafaa fonde la ville de Kairouan durant la même année et la ville devient le centre des expéditions lancées contre le nord et l’ouest du Maghreb. L’invasion complète faillit échouer avec l’assassinat d’Ibn Nafaa en 683 et les Maures parviennent à chasser les troupes arabes hors de Kairouan. Ces dernières reviennent en 688 mais sont repoussées en Libye. En 695, elles réussissent à prendre Carthage aux Grecs mais les Byzantins la reprennent en 696. La ville est définitivement conquise en 698.

Mosquée du Barbier à Kairouan
Mosquée du Barbier à Kairouan

Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir une fois de plus vaillamment résisté, les Berbères, après la défaite de la Kahena, se convertissent à la religion de leurs nouveaux conquérants. Toutefois, refusant l’assimilation, ils sont nombreux à rejeter la religion dominante et à adhérer au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de races ni de classes[7]. En 745, les kharidjites berbères s’emparent d’ailleurs de Kairouan. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750.

En 800, le calife Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab qui établit la dynastie des Aghlabides qui y règne durant un siècle. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan. Des vagues importantes et successives d’immigrants arabes, venus de la péninsule arabique et plus généralement du Moyen-Orient, s’installent sur le territoire tunisien et se mélangent souvent aux populations berbères autochtones. Les Aghlabides se dotent d’une importante flotte de combat pour écarter le danger venant de la mer. En décembre 909, Abu Abd Allah al-Husayn al-Shi'i, aidé par les Berbères qui refusent la domination aghlabide, déclare descendre de Fatima Zahra (fille de Mahomet), se proclame chef et imam de Tunisie et fonde la dynastie chiite des Fatimides. Ces derniers déclarent dès lors comme usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme.

En 921, la ville de Mahdia est fondée et proclamée capitale du califat fatimide. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfert la capitale fatimide à Kairouan et s’empare de la Sicile en 948.

Quand les Fatimides déplacent leur base en Égypte en 972, les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis de ceux-ci. Installés à Kairouan puis à Mahdia, la rupture avec les Fatimides intervient en 1048 à l’initiative du souverain qui reçoit alors du calife abbasside le titre de « commandeur des croyants au gouvernement de tout le Maghreb ». En rompant avec son suzerain fatimide, il inaugure ainsi l’ère de l’émancipation des Berbères. En représailles, les Fatimides envoient des tribus nomades d’Égypte, comptant plusieurs centaines de milliers de membres, les Hilaliens, envahir la région. Kairouan, pourtant fortifiée, résiste pendant cinq ans mais finit par être occupée. Les boutiques sont pillées, les édifices publics abattus et les maisons saccagées. Cette « invasion » nomade se caractérise pourtant par une intégration diffuse de familles entières, rompant l’équilibre traditionnel entre Berbères nomades et sédentaires. Il s’ensuit tout naturellement un métissage de la population. Toutefois, l’effritement politique de l’Ifriqiya, conséquence de la disparition des Zirides, plonge le pays dans l’anarchie. Mais, comme Mahdia et les autres villes d’Ifriqiya, Tunis finit par tomber aux mains du sultan almohade Abd al-Mumin lors de son expédition qui appareille du nord du Maroc en 1159. Bien avant l’arrivée des Hilaliens, et à compter de la seconde moitié du VIIe siècle, la région s’ouvre à l’islam mais la langue arabe classique demeure encore l’apanage des élites citadines et des gens de la cour. Avec l’invasion hilalienne et l’établissement supplémentaire de centaines de milliers d’immigrants arabes, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe, du moins devenir plus ou moins marqués par l’arabisation.

[modifier] À la croisée des convoitises

À partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l’Italie (Royaume normanno-sicilien). En 1135, le roi normand Roger II s’empare de Djerba. En 1148, c’est Mahdia, Sousse et Sfax qui tombent aux mains des Normands. Toutefois, ils seront progressivement chassés et Mahdia, leur dernière place forte, n’est reprise par les Almohades marocains qu’en janvier 1160. Dans le même temps a lieu l’unification du Maghreb. L’économie devient florissante et des relations commerciales s’établissent avec les principales villes du pourtour méditerranéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d’Espagne). L’essor touche également le domaine culturel avec les œuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun. Les Almohades confient la Tunisie à Abd al-Wâhid ibn Hafs mais son fils Abû Zakariyâ' Yahyâ se sépare d’eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie des Hafsides. Elle règne durant trois siècles et devient totalement indépendante dès 1236. Les XVe et XVIe siècles voient l’arrivée des maures musulmans et juifs andalous chassés d’Espagne par la reconquête (ou Reconquista).

Tunisie barbaresque
Tunisie barbaresque

Au début du XVIe siècle, le Maghreb traverse une crise politique profonde qui permet l’émergence de principautés et de cités portuaires indépendantes qui relancent l’activité des corsaires. Les souverains d’Espagne, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, pour protéger leurs côtes, décident de poursuivre la reconquête jusque sur les côtes maghrébines. En une dizaine d’années, ils conquièrent plusieurs places : Mers el Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l’îlot situé en face d’Alger. Pour s’en libérer, les autorités d’Alger sollicitent l’aide de deux corsaires renommés : les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse. Cette intervention est un événement majeur qui marque le début d’une période de confrontation entre l’Espagne et l’Empire ottoman pour la domination des territoires du Maghreb et celle du bassin occidental de la Méditerranée. En 1534, Khayr ad-Din Barberousse s’empare de Tunis mais est obligé de s’enfuir après la prise de la ville par les Espagnols de Charles Quint. Le gouvernement ottoman décide alors de se doter enfin de la flotte qui lui manque. En 1560, Dragut prend Djerba à la suite de la bataille éponyme et, 35 ans plus tard, Tunis est définitivement reprise par les Ottomans. En 1575, la Tunisie devient une province de l’empire mais les gouverneurs vivent retranchés dans les ports, les Bédouins étant livrés à eux-mêmes. La conquête de l’intérieur n’est vraiment achevée que par Ali I Bey et Hammouda Bey. Tunis, mais également Alger et Tripoli, deviennent dès lors pour les chrétiens les « régences barbaresques ». Le XVIIe siècle voit une émancipation progressive des régences vis-à-vis de la tutelle ottomane car, les Ottomans étant peu nombreux au Maghreb, leur rôle ne cesse de décroître au profit des indigènes.

Au bout de quelques années d’administration turque (1590), les 4 000 janissaires de Tunis s’insurgent et placent à la tête de l’État un dey, et sous ses ordres, un bey chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Rapidement, ce dernier devient le personnage principal de la régence aux côtés du pacha, qui est confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point que qu’une dynastie beylicale est fondée par Mourad Ier en 1612. Durant la même période, les activités des corsaires connaissent leur paroxysme car l’autonomie croissante vis-à-vis du sultan entraîne une baisse de son soutien financier et les régences doivent donc accroître le nombre de leurs prises sur mer afin de survivre.

Le XVIIIe siècle voit s’ériger Tunis et ses voisins en États quasi-indépendants, la dynastie des Husseinites ne reconnaissant plus qu’un vague lien de sujétion vis-à-vis du sultan. Ils ne lui paient plus de tribut mais lui envoient des cadeaux. Dans le même temps, la course, si elle ne disparaît pas, décline largement. De plus, le détournement vers l’Atlantique d’une grande partie du trafic commercial ainsi que la mauvaise gestion beylicale entraînent l’asphyxie financière du territoire qui est de plus en plus convoité par les Européens.

[modifier] Protectorat et lutte nationaliste

Icône de détail Article détaillé : Protectorat français en Tunisie.
La Tunisie et le Maghreb en 1843
La Tunisie et le Maghreb en 1843

En effet, la Tunisie apparaît comme un enjeu stratégique à la charnière des bassins occidental et oriental de la Méditerranée. Elle est donc l’objet des convoitises rivales de la France et de l’Italie, la première entendant assurer la sécurité de ses territoires algériens et éviter que l’Italie ne contrarie ses ambitions en Égypte et au Levant en prenant le contrôle des accès de la Méditerranée orientale. Confrontés à une surpopulation inquiétante, les dirigeants du jeune royaume d’Italie rêvent d’une grande politique coloniale et ce territoire, où la minorité européenne est constituée pour l’essentiel d’Italiens, est un objectif dont la conquête constitue une priorité pour le gouvernement de Rome. Roustan et Maccio, les deux consuls français et italien, se dépensent sans compter pour profiter des difficultés financières du bey. Les incursions des pillards kroumirs en territoire algérien fournissent le prétexte nécessaire et Jules Ferry, soutenu par Léon Gambetta, fait valoir qu’il est nécessaire d’aller s’emparer en Tunisie de la « clé de la maison algérienne ». En avril 1881, les troupes françaises pénétrent dans le pays et Sadok Bey, ne tentant pas de résister, accepte de signer, le 12 mai, le traité du Bardo qui fait de la Tunisie un protectorat français. En 1883, après avoir maté un soulèvement de tribus, les Français confient l’organisation de la conquête au résident général Paul Cambon. Après une période d’administration militaire, des contrôleurs civils venus d’Algérie se substituent aux caïds locaux.

Procès de l’affaire du Djellaz (1911)
Procès de l’affaire du Djellaz (1911)

Le pays est alors marqué par de profondes mutations touchant tous les domaines : il est doté d’une infrastructure ferroviaire, routière et portuaire, l’objectif de la colonisation étant la mainmise sur les ressources du pays. On entame également l’exploitation des ressources minières et d’importants investissements dans une agriculture mécanisée à hauts rendements. Or, la dégradation progressive de la situation économique et sociale suscite la formation d’une bourgeoisie réformiste, l’effervescence nationaliste et la conscientisation de la population autochtone. Le mouvement de libération nationale émerge avec des intellectuels de deux tendances : ceux issus du Collège Sadiki et de l’Université Zitouna dont Béchir Sfar et Ali Bach Hamba et ceux issus du Lycée Carnot dont Abdeljelil Zaouche et Hassen Guellaty. En 1911 et 1912, plusieurs émeutes déclenchées à Tunis au moment de la guerre italo-turque donnent le point de départ d’un mouvement d’opposition organisé mais faisant l’objet d’une répression très dure. Après la Première Guerre mondiale, la création du Destour, en 1920, relance le mouvement nationaliste qui est néanmoins touché par l’arrestation et l’exil, en 1925, des leaders de la Confédération générale des travailleurs tunisiens. La crise des années 1930 et les changements politiques, survenus en France et en Europe, favorisent la naissance de nouvelles organisations politiques, syndicales, philanthropiques, sportives, culturelles et de jeunesse. Cette dynamique nouvelle permet à Habib Bourguiba, aidé par ses camarades Mahmoud Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga, de quitter le Destour et de créer, le 2 mars 1934, le Néo-Destour.

Toutefois, les autorités du protectorat tentent de contenir toute tentative de renversement de l’ordre établi : les chefs du Néo-Destour sont déportés dans le sud du pays puis libérés, en 1936, par le gouvernement de Léon Blum qui ouvre des négociations interrompues en juin 1937. Des incidents sanglants se produisent en juillet et provoquent à nouveau l’arrestation des leaders du Néo-Destour et la proclamation, en 1938, de l’état de siège. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Tunisie devient le théâtre des premières opérations communes entre l’armée américaine et son alliée britannique en 1942-1943. Le corps principal de l’armée britannique commandé par le général Bernard Montgomery avance à partir de la Libye, après sa victoire dans la bataille d’El-Alamein, en direction du sud de la Tunisie (ligne Mareth) tandis que les États-Unis et d’autres alliés approchent par l’ouest à la suite de leur débarquement en Algérie et au Maroc (Opération Torch). L’Allemagne étant alors engagée dans la bataille de Stalingrad, il est facile de considérer la campagne de Tunisie comme un événement mineur mais en réalité elle a un impact important : elle ouvre la route de la Sicile et de l’Italie aux Alliés. Le conflit interrompt à peine l’action des nationalistes : dès la fin des années 1940, le mouvement prend de l’ampleur. Pour avoir tenté de canaliser à son profit les idées nationalistes, Moncef Bey est déposé après la libération qui met fin à l’occupation allemande du pays (novembre 1942-mai 1943). Il est remplacé par son cousin Lamine Bey.

Discours de Bourguiba à Bizerte (15 janvier 1952)
Discours de Bourguiba à Bizerte (15 janvier 1952)

En août 1950, ce dernier forme un gouvernement auquel participe le secrétaire général du Néo-Destour. Cependant, face aux atermoiements de la France, Bourguiba se résout à la confrontation et encourage la résistance armée. Il est à nouveau arrêté en janvier 1952. En 1954, les choses changent brusquement avec l’arrivée de Pierre Mendès France à la tête du gouvernement français : la France consent à négocier avec les nationalistes. Dans un discours prononcé à Carthage, le 31 juillet, Mendès France s’engage à accorder l’autonomie interne qui fait l’objet des conventions signées, le 3 juin 1955, avec Tahar Ben Ammar. Le 20 mars 1956, un protocole abolit le traité du Bardo et reconnaît l’indépendance de la Tunisie[8].

[modifier] Tunisie indépendante

Icône de détail Article détaillé : Tunisie depuis 1956.

Le Néo-Destour obtient 95 % des suffrages aux élections de mars 1956. Devenu chef du gouvernement, Habib Bourguiba brise l’opposition de Salah Ben Youssef, écarte Lamine Bey et, le 25 juillet 1957, proclame la république dont il devient le premier président. Il met sur pied un régime qui se veut à la fois moderniste (laïcisation de l’enseignement, promulgation du Code du statut personnel, etc.), libéral (reconnaissance des libertés fondamentales) et socialiste (réforme agraire et développement planifié). Les relations avec la France sont tout d’abord difficiles comme le révèle, en 1961, la crise de Bizerte (dernière base militaire française en Tunisie qui est finalement évacuée le 15 octobre 1963).

Néanmoins, passé les premiers temps de l’indépendance, sa politique suscite une montée des mécontentements. Une nouvelle série de nationalisations de terres en 1964 provoque la suspension de l’aide financière française. En septembre, le dinar tunisien doit être fortement dévalué. Réélu président le 8 novembre, Bourguiba est critiqué par les pays arabes pour ses positions modérées envers Israël avec qui il a demandé à ses pairs arabes de négocier pour résoudre la question palestinienne. Les relations diplomatiques avec l’Égypte sont rompues en octobre 1967, puis avec la Syrie en mai 1968. La détérioration des rapports entre le Parti socialiste destourien (PSD) et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) aboutit à l’arrestation et à la condamnation, en janvier 1966, d’Habib Achour (secrétaire général du syndicat). Le projet d’accélération de la réforme agraire provoque un mécontentement généralisé. En novembre 1969, le ministre en charge du dossier, Ahmed Ben Salah, est déchu et exclu du parti. Après la réélection de Bourguiba, le 2 novembre, le premier ministre Bahi Ladgham met fin à la réforme agraire, augmente les salaires des ouvriers et abaisse les prix. Bourguiba confie l’année suivante à Hédi Nouira le soin d’assurer la relance de l’économie tunisienne. La loi qu’il fait adopter en avril 1972 encourage ainsi les investissements étrangers.

Au congrès du PSD (octobre 1971), les libéraux l’emportent mais sont écartés du bureau politique. Leur dirigeant, le ministre de l’intérieur Ahmed Mestiri, est exclu du parti en janvier 1972. En janvier 1974, Bourguiba et le colonel Mouammar Kadhafi décident de fusionner la Tunisie et la Libye. Le projet est annulé en mars et le ministre des affaires étrangères Mohamed Masmoudi est écarté du gouvernement. Élu président à vie du PSD, Bourguiba fait exclure les opposants et adopter le système du parti unique. Réélu le 3 novembre, il est élu, en mars 1975, président à vie. Mais les crises, dès lors, se succèdent. L’UGTT déclenche, le 26 janvier 1978, une grève générale qui dégénère en une émeute brutalement réprimée par l’armée. Les principaux responsables du syndicat sont arrêtés et Habib Achour est condamné à 10 ans de travaux forcés. Face à la menace, les dirigeants de l’UGTT sont amnistiés (à l’exception de Ben Salah) et, lors du congrès du PSD (avril 1981), Bourguiba affirme les droits des syndicats à l’autonomie et l’évolution vers le multipartisme. Toutefois, la hausse du prix des produits de première nécessité provoque, début 1984, de graves émeutes. Bourguiba, malade et affaibli par l’âge, voit autour de lui se multiplier les candidats à sa succession et l’autorité de l’État s’amoindrir. Après l’attaque cérébrale de Nouira, il nomme Mohamed Mzali premier ministre. La politique économique est alors marquée par une crise financière grave marquée notamment par un épuisement des réserves du pays en devises. Bourguiba nomme au mois de juillet 1986 un technocrate, Rachid Sfar, à la tête du gouvernement. Mais sa santé se dégradant de plus en plus, il passe sous l’influence de son entourage et prend des décisions incohérentes alors que la confrontation avec le mouvement islamiste menace la stabilité du pays.

Déclaré « médicalement empêché », le président Bourguiba est destitué le 7 novembre 1987 et remplacé, conformément à la constitution, par le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali. Doté de nouvelles structures, le PSD devient le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et un processus de renouvellement des dirigeants est engagé. La constitution abolit les dispositions relatives à la présidence à vie et des mesures d’amnistie sélectives sont prises. Le 2 avril 1989, Ben Ali, est élu président et le RCD obtient la quasi-totalité des sièges à la Chambre des députés. Pourtant, de graves incidents se produisent, le 8 mai 1991, sur le campus universitaire de Tunis : deux étudiants sont tués. Le 22 mai, un projet de complot de l’organisation islamiste Ennahda, visant à assassiner le président Ben Ali, est découvert. Cinq auteurs de l’attaque sanglante (17 février) contre un local du RCD en plein centre de Tunis sont exécutés le 9 octobre. En juin 1992, la Ligue tunisienne des droits de l’homme est dissoute et 279 islamistes sont jugés au cours de deux procès, en juillet-août, pour le complot de 1991 : les principaux dirigeants d’Ennahda, dont certains sont en fuite, sont condamnés à la prison à perpétuité. Cependant, la libéralisation de l’économie et les efforts en faveur du développement économique se poursuivent.

Reconduit en 1994, le président Ben Ali renforce son emprise sur l’État et continue à répondre à la montée islamiste par une implacable répression. La modification du code électoral permet aux partis d’opposition de siéger à l’Assemblée nationale mais, aux élections municipales de 1995, l’opposition n’obtient, dans l’ensemble du pays, que six sièges sur 4 090. Ben Ali est ensuite reconduit en 1999 puis en 2004 (à la suite d’une modification constitutionnelle).

[modifier] Politique

[modifier] Politique intérieure

Zine el-Abidine Ben Ali
Zine el-Abidine Ben Ali

Le président de la République tunisienne est élu tous les cinq ans au suffrage universel et il peut se présenter aux élections autant de fois qu’il veut pour autant qu’il ait moins de 75 ans. Zine el-Abidine Ben Ali, l’actuel détenteur du poste, est élu le 24 octobre 2004 pour un quatrième mandat. La Tunisie ne connaît que deux présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (25 juillet 1957-7 novembre 1987), avec comme premiers ministres Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine el-Abidine Ben Ali, puis Ben Ali (depuis le 7 novembre 1987) avec comme premiers ministres Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi. Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 189 députés (dont 37 de l’opposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 août 2005) qui comprend 112 membres.

La constitution actuelle est celle qui est proclamée le 1er juin 1959, trois ans après l’indépendance. Elle a subi plusieurs amendements dont celui du 12 juillet 1988 pour limiter le nombre de mandats présidentiels à trois (après que Bourguiba eut été proclamé président à vie) et celui du 1er juin 2002 suite au référendum tenu le 26 mai de la même année, permettant notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, l’allongement de l’âge limite pour déposer une candidature à la présidence, l’instauration d’une immunité judiciaire pour le président (durant et après l’exercice de ses fonctions) et l’instauration d’un parlement bicaméral.

Le RCD, parti au pouvoir, fut durant 25 ans le seul parti politique légal — alors qu’il portait le nom de PSD — et domine toujours la vie politique avec plus de deux millions d’adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement six partis politiques d’opposition légaux, un minimum de 20 % des 189 sièges de la Chambre des députés leur étant garanti par la loi.

Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure (notamment de la presse et de nombreux sites Web) font qu’une situation politique précise de la Tunisie est difficile à déterminer. De nombreuses ONG internationales pointent du doigt les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’expression, les prisonniers politiques et d’opinion, l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture et la situation dans les prisons tunisiennes, ainsi que le harcèlement de toute dissidence politique.

[modifier] Politique extérieure

Habib Ben Yahia, ministre des affaires étrangères, en compagnie de Colin Powell durant sa visite à Washington en avril 2002
Habib Ben Yahia, ministre des affaires étrangères, en compagnie de Colin Powell durant sa visite à Washington en avril 2002

Le premier président, Habib Bourguiba, choisit le non-alignement durant la guerre froide tout en ayant des relations étroites avec l’Europe et les États-Unis. Son successeur, Zine el-Abidine Ben Ali, maintient la tradition tunisienne de bonnes relations avec l’Occident tout en jouant un rôle actif dans les instances régionales arabes et africaines : le pays accueille, en mai 2004, la 16e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe (dont la Tunisie est membre depuis 1958) et envoie régulièrement de l’aide humanitaire aux Palestiniens et aux États arabo-musulmans en crise comme le Liban, en 2006, ou l’Indonésie après le tsunami du 26 décembre 2004. Le pays est également un membre fondateur de l’OUA, dont elle assure la présidence en 1994-1995, avant de participer à la fondation de l’Union africaine en juillet 2002. La Tunisie a également soutenu le développement de l’Union du Maghreb arabe qui inclut l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Libye. Toutefois, ses progrès restent limités en raison de tensions entre l’Algérie et le Maroc à propos du Sahara occidental. En février 2001, la Tunisie adhère à la Communauté des États sahélo-sahariens et accueille le siège de la Banque africaine de développement en 2003. Le pays est depuis longtemps une voix modératrice sur la question du Proche-Orient : Bourguiba est ainsi le premier dirigeant arabe à appeler à la reconnaissance d’Israël par les pays arabes dans un discours prononcé à Jéricho le 3 mars 1965[9]. Le pays abrite le quartier général de la Ligue arabe de 1979 à 1990 ainsi que celui de l’OLP de 1982 à 1993 (jusqu’à ce que son comité exécutif s’installe dans les Territoires occupés bien que son département politique reste à Tunis). Le pays joue également un rôle modérateur dans les négociations de paix au Proche-Orient : la Tunisie est le premier pays arabe à recevoir une délégation israélienne en 1993, dans le cadre du processus de paix, et maintient une représentation en Israël jusqu’au début de la seconde Intifada en 2000.

Coincée entre l’Algérie et la Libye, la Tunisie a toujours cherché à maintenir de bonnes relations avec ses voisins malgré des tensions occasionnelles. La Tunisie et l’Algérie ont résolu un long litige frontalier en 1993 et ont coopéré dans la construction du gazoduc transméditerranéen menant vers l’Italie. La Tunisie a par ailleurs récemment signé un accord avec l’Algérie pour démarquer la frontière maritime entre les deux pays. Vis-à-vis de son autre voisin, les relations sont plus difficiles à partir de l’annulation par la Tunisie d’un accord visant à la formation d’une union tuniso-libyenne en 1974. Les relations diplomatiques sont rompues entre 1976 et 1977 puis se détériorent à nouveau en 1980 lorsque des rebelles appuyés par la Libye tentent de prendre la ville de Gafsa. En 1982, la Cour internationale de justice tranche le différend relatif à la partition du plateau continental frontalier (riche en pétrole) en faveur de la Libye. L’expulsion par la Libye de nombreux travailleurs tunisiens en 1985 et les menaces militaires américaines conduisent la Tunisie à restreindre leurs relations qui sont à nouveau normalisées dès 1987. Tout en soutenant les sanctions de l’ONU imposées à la Libye, à la suite de bombardements aériens américains, la Tunisie prend soin de maintenir de bonnes relations avec son voisin. Elle soutient ainsi la levée de ces sanctions en 2003, la Libye redevenant ainsi l’un de ses partenaires commerciaux majeurs. Néanmoins, les deux pays ont encore un contentieux maritime sur leur frontière commune.

La Tunisie revendique également sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont elle organise l’édition 2005, et devient le premier pays du bassin méditerranéen à signer, le 17 juillet 1995, un accord d’association avec l’Union européenne dans le but de renforcer son ancrage à l’Europe. Avec son plus proche voisin européen, Malte, la Tunisie discute actuellement de l’exploitation pétrolière du plateau continental qui se trouve entre les deux pays.

L’action politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières régionales. Lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en 1999, le président Ben Ali appelle à la création d’un Fonds mondial de solidarité (en s’inspirant du Fonds de solidarité nationale) visant à contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones les plus déshéritées dans le monde. L’Assemblée générale adopte à l’unanimité, le 20 décembre 2002, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.

[modifier] Justice

Le droit tunisien reste largement inspiré par le droit français, tant dans son contenu que dans ses grandes divisions (public et privé) et ses structures.

Modifiée à plusieurs reprises, la constitution tunisienne garantit les principes fondamentaux suivants :

  • l’indépendance de la justice (art. 65) : selon cette disposition, la justice et le corps des juges devraient jouir d’une pleine indépendance. En réalité, la justice tunisienne demeure influencée par le pouvoir exécutif. Ainsi, en tant que chef du Conseil supérieur de la magistrature, le président nomme par décret les magistrats, les révoque ou les transfère sur proposition dudit conseil.
  • la garantie de certains principes fondamentaux du droit comme le principe de la présomption d’innocence (art. 12), la non-rétroactivité de la loi (art. 13), l’inviolabilité de domicile, la liberté de mouvement et les libertés d’opinion, d’expression, de publication, de réunion et d’association. Ces droits peuvent être toutefois limités par des dispositions légales ou la sécurité d’État (art. 8-10).

Le système juridictionnel est précisé par la loi portant sur l’organisation judiciaire de 1967, les règles de compétence (attribution, compétence territoriale et compétence d’exception) étant établies dans d’autres textes dont le Code de procédure pénale du 24 juillet 1968. Le système judiciaire est composé de deux grands ensembles : les juridictions civiles (ordinaire, pénale et spéciale) placées sous le contrôle du ministère de la justice et les juridictions spéciales : Conseil de Prud’hommes, Tribunal immobilier, Conseil d’État (Tribunal administratif et Cour des comptes), Haute Cour (destinée à juger le crime de trahison commis par un membre du gouvernement) et Tribunal militaire (qui n’est pas une juridiction d’exception selon les autorités tunisiennes). Le domaine de compétence de ce dernier s’étend principalement aux atteintes à la sécurité nationale et à la sûreté intérieure de l’État.

[modifier] Économie

Icône de détail Article détaillé : Économie de la Tunisie.

[modifier] Historique

À la proclamation de l’indépendance en 1956, le pays ne dispose pas des atouts de ses voisins maghrébins : terres agricoles moins productives, infrastructure portuaire moins développée, marché intérieur étriqué, épargne faible et écornée par l’émigration des populations d’origine européenne et relations avec les milieux d’affaires français réduits, chômage élevé et équipement industriel embryonnaire[10]. La priorité établie par le nouveau président Habib Bourguiba est alors de libérer l’économie nationale du contrôle français qui avait favorisé l’agriculture et l’extraction minérale, mais avait, en grande partie, négligé l’industrie[11],[12], la Tunisie étant alors le pays le moins industrialisé du Maghreb[13].

Dans ce contexte, l’importance croissante de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans les choix économiques par l’action de son secrétaire général, Ahmed Ben Salah, mène le pays vers l’adoption de mesures collectivistes dans l’économie[11]. L’expérience coopérative dure jusqu’en septembre 1969 lorsque Bourguiba suspend Ben Salah de ses fonctions suite à la parution d’un rapport confidentiel de la Banque mondiale sur le déficit des entreprises publiques[14] et aux pressions de l’aile pragmatique du parti. Avec l’arrivée d’Hédi Nouira, pragmatique gouverneur de la Banque centrale hostile au collectivisme[15], au ministère de l’économie puis au premier ministère, la Tunisie se réoriente vers l’économie de marché et la propriété privée[11]. Durant la décennie des années 1970, la Tunisie connaît une expansion du secteur privé et un développement rapide de l’emploi manufacturier. Cette timide ouverture permet la création de nouveaux emplois et, par conséquent, le développement d’une meilleure mobilité sociale de la jeunesse nouvellement instruite et la croissance d’une classe moyenne[16].

En 1986, la Tunisie connaît toutefois sa première année de croissance négative depuis son indépendance. Les agitations sociales augmentent de façon dramatique pendant cette période et l’UGTT, qui critique ouvertement la politique économique adoptée par le gouvernement, organise des grèves et des manifestations contre l’augmentation du chômage et la politique salariale[11],[12]. Le gouvernement se met alors d’accord avec le Fonds monétaire international sur la mise en place d’un programme de reprise économique sur 18 mois. L’objectif principal du plan est d’accroître l’efficacité et de promouvoir les mécanismes du marché. En même temps, il est conçu pour surmonter les conséquences sociales et politiques de ses mesures. Les dépenses publiques sont concentrées aux secteurs de la santé, de l’éducation, du logement et des services. Le gouvernement ne lance cependant pas de véritables programmes avant 1987. La privatisation se traduit dans un premier temps par la vente de petites et moyennes entreprises avec un bon historique bancaire à des acheteurs tunisiens présélectionnés. Depuis le lancement du nouveau programme de privatisation en 1987, le gouvernement a totalement ou partiellement privatisé 203 entreprises, dont de grands établissements publics tel Tunisie Télécom, pour une recette globale de 5 557 millions de dinars[17]. De plus, la non préparation de plusieurs secteurs à l’ouverture a conduit au maintien d’un niveau de chômage élevé et variant selon les sources de 13 % à 20 %[18]. Pourtant, le chômage ne touche pas que les populations les plus vulnérables : le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est ainsi en augmentation depuis plusieurs années. Alors qu’il était de 4 % en 1997 et de 0,7 % en 1984[19], il atteint 20 % contre une moyenne nationale de 14 %, voire près de 60 % dans certaines filières selon une enquête de la Banque mondiale[20].

En 1959, le pays prend ses premiers contacts avec la Communauté économique européenne. En juillet 1966, le président Bourguiba effectue une tournée en Europe et aboutit au lancement de négociations qui conduisent à la signature d’un premier accord commercial le 28 juillet 1969 à Tunis[21]. Un accord d’association est finalement signé avec l’Union européenne le 17 juillet 1995 et entre en vigueur le 1er mars 1998 pour engendrer dès 1996 le démantèlement progressif des barrières douanières jusqu’au 1er janvier 2008[22].

[modifier] Secteurs

Données Valeurs
Produit intérieur brut 77,16 Md $ en PPA (est. 2007)
34,54 Md $ au taux de change courant
Produit intérieur brut par habitant 7 500 dollars en PPA (est. 2007)
Main d’œuvre par secteurs agriculture : 11,5 %
industrie : 30,0 %
services : 58,5 % (est. 2007)
Taux de chômage 13,9 % (est. 2007)
Dette extérieure 18,56 milliards de dollars (12/2007)
Indice de développement humain 87e (2006)
Population sous le seuil de pauvreté 7,4 % (est. 2005)
Coefficient de Gini 0,40 (est. 2005)
Sources : CIA World Factbook[23]
Exportations de la Tunisie en 2005 (sources : Banque centrale de Tunisie)
Exportations de la Tunisie en 2005 (sources : Banque centrale de Tunisie[24])

Depuis l’indépendance de la Tunisie, l’agriculture a enregistré des taux de croissance importants et a permis au pays d’atteindre un niveau de sécurité alimentaire suffisant. En dépit du développement des autres secteurs de l’économie nationale, l’agriculture conserve une importance sociale et économique : elle assure environ 12,3 % du PIB et emploie 16,3 % de la main-d’œuvre en 2006. Les principales productions agricoles sont les céréales (blé et orge), les olives (4e producteur mondial et 2e exportateur mondial)[25], les dattes, les agrumes et les produits de la mer. La gestion de l’agriculture appartient encore à des organismes d’État tels les offices des céréales, de la pêche ou de l’huile mais le secteur agricole est de plus en plus pris en charge par des groupes privés souvent présents dans l’industrie agroalimentaire tel le groupe Poulina qui est le premier groupe privé du pays.

En matière industrielle, la Tunisie est le premier exportateur d’Afrique en valeur absolue : elle est ainsi passée devant l’Afrique du Sud en 1999[26]. Les secteurs du textile et de l’agroalimentaire représentent 50 % de la production et 60 % de l’emploi de l’industrie manufacturière. Mais, après avoir cru à un rythme annuel de 2,1 % (entre 2000 et 2005), l’industrie tunisienne fait aujourd’hui face à la concurrence étrangère. Toutefois, les exportations de produits mécaniques et électriques se sont multipliées par cinq entre 1995 et 2005[27]. Quatrième fournisseur de l’Union européenne en produits textiles, elle était jusqu’en 2002 le premier fournisseur de la France avant d’être surclassée par la Chine en 2003. Les ressources naturelles de la Tunisie restent quant à elles modestes, ce qui contraint le pays à importer du pétrole.

Dans le secteur des services, le développement du tourisme remonte aux années 1960 grâce à l’action conjuguée de l’État et de groupes privés. Le secteur touristique représente 6,5 % du PIB et fournit 340 000 emplois dont 85 000 emplois directs, soit 11,5 % de la population active occupée avec une forte part d’emploi saisonnier. Outre le tourisme balnéaire majoritaire, le tourisme saharien (Douz et Tozeur attirant chaque année plus de 250 000 touristes durant toute l’année) est en fort développement. Plus récemment, le tourisme vert, la thalassothérapie et le tourisme médical sont apparus et croissent très rapidement. Le secteur du commerce et de la distribution, qui emploie plus de 500 000 personnes et participe à 10,7 % du PIB national, se divise en deux catégories[28]. Ainsi, le secteur se caractérise encore par la prédominance du commerce traditionnel avec 88 % (2006) du chiffre d’affaires, l’essentiel des transactions commerciales étant réalisé par de petits commerçants. La distribution moderne, qui compte pour 12 % du chiffre d’affaires global et regroupe des enseignes nationales et internationales, n’est apparue que lorsque le marché s’est libéralisé en 1999[29].

[modifier] Infrastructures

Appareil de Tunisair
Appareil de Tunisair

En matière de transport, la Tunisie compte aujourd’hui sept ports de commerce (Radès, Sfax, Bizerte, Gabès, Sousse, Zarzis et La Goulette) tandis qu’un port en eaux profondes va être réalisé à Enfida. Placés sous la gestion de l’Office de la marine marchande et des ports, ils assurent à eux seuls 96 % du commerce extérieur tunisien[29]. Avec ses 550 000 passagers et ses 415 000 croisiéristes enregistrés en 2004, le port de La Goulette est l’une des destinations les plus appréciées dans l’ouest du bassin méditerranéen[29]. La Compagnie tunisienne de navigation, société publique, est le principal armateur du pays et assure des lignes régulières reliant les deux rives de la mer Méditerranée (vers Marseille, Gênes, Livourne et Barcelone). Le pays compte par ailleurs trente aéroports dont sept aéroports internationaux. Le principal aéroport du pays est celui de Tunis-Carthage, situé à dix kilomètres de la capitale. En 2005, 39,2 % du trafic s’effectue par l’aéroport international de Tunis-Carthage. Plus des deux-tiers du trafic commercial aérien sont destinés à l’Europe.

Le transport ferroviaire assure plus du tiers des déplacements nationaux à travers un réseau national de 2 153 kilomètres de voies ferrées[30]. Le réseau est exploité par la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) ainsi que par la Société du métro léger de Tunis spécialisée dans le transport urbain dans la région de Tunis.

Le réseau routier s’étend sur 19 300 kilomètres dont 12 655 kilomètres de routes goudronnées ainsi que de trois autoroutes reliant Tunis à M’saken au sud (prolongée jusqu’à Sfax fin 2007), Bizerte au nord ou Oued Zarga à l’ouest. Le secteur du transport routier domine les transports terrestres de voyageurs et de marchandises. Il est néanmoins contrôlé par les sociétés étrangères à cause du petit nombre d’entreprises tunisiennes.

Les infrastructures de télécommunications sont largement développées en Tunisie. Le réseau téléphonique comptait environ sept millions d’abonnés en 2006 dont six millions d’abonnés mobiles. Environ 12,5 % de la population avait accès à Internet en février 2007[31]. L’opérateur historique, Tunisie Télécom, est le seul fournisseur de la plupart des services de base[32] et notamment de la téléphonie fixe et deux opérateurs se partagent par ailleurs le marché de la téléphonie mobile : Tunisie Télécom et Orascom Telecom (Tunisiana). L’Agence tunisienne d'Internet gère le réseau web au plan national. On recense douze fournisseurs d’accès (sept publics et cinq privés) et il existe par ailleurs 281 publinets (accès publics à Internet) répartis sur l’ensemble du territoire[32].

[modifier] Démographie

Structure de la population de la Tunisie
Évolution démographique
Population 10 276 158 habitants
Densité de la population 62,2 hab./km²
Taux de croissance de la population 0,989 %
Âge médian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
28,3 ans
27,7 ans
28,8 ans
Structure par âge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus

24 %
69,2 %
6,9 %
Rapport de masculinité (population totale)
 - À la naissance
- Moins de 15 ans
- 15-64 ans
- 65 ans et plus
1,015 homme/femme
1,07 homme/femme
1,066 homme/femme
1,009 homme/femme
0,9 homme/femme
Part de la population urbaine 65,3 %
Sources: CIA World Factbook[33] et ONU[34]

Alors que la vaste majorité des Tunisiens (98 %) s’identifient culturellement aux Arabes, certaines études tendent à indiquer qu’ils seraient ethniquement plus proches des Berbères mais aussi de certains Européens :

«  Comparés avec d’autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l’Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au VIIe ou VIIIe siècle[35]. »

Toutefois, de nombreuses civilisations ont envahi le pays puis ont été assimilées à des degrés divers : Phéniciens[36], Romains, Vandales venant d’Allemagne, Ottomans et enfin Français. De plus, beaucoup de Maures et de Juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVe siècle.

Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l’islamisation de la majeure partie de l’Ifriqiya. À cette occasion se créent quelques villes nouvelles dont Kairouan et Mahdia. C’est à partir du XIe siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes chassées d’Égypte, que l’arabisation linguistique et culturelle devient déterminante[37]. Certains groupes, descendants des Berbères, ont cependant su conserver leur langue et leurs coutumes, souvent en raison de leur enclavement géographique[38]. En effet, de nos jours, ils habitent souvent les régions de montagnes (Matmata, Tataouine, Gafsa ou Sbeïtla). Toutefois, les berbèrophones, qui représentent une minorité ethnique au Maroc et en Algérie, restent peu nombreux en Tunisie[33].

Presque la totalité des Tunisiens (98 % de la population) est de confession musulmane sunnite de rite malékite. De la forte population juive qui a existé durant 2 000 ans, au sud de Djerba, il n’en reste plus aujourd’hui qu’une infime partie, vivant principalement dans la région de Tunis, car la majorité des Juifs tunisiens ont en effet émigré vers Israël ou la France. Il existe également une petite population chrétienne. Les quelques tribus nomades, minoritaires, sont pour la plupart intégrées et sédentarisées.

La Tunisie a dépassé le cap des 10 millions d’habitants en 2005, ce qui correspond à un triplement de sa population depuis 1956 (3 448 000 habitants) et à un doublement depuis le début des années 1970. Néanmoins, la croissance démographique ralentit, le pays accélérant sa transition démographique dans les années 1990. L’indice de fécondité recule graduellement : le nombre d’enfants par femme est passé de près de 6 dans les années 1960 à 3,4 en 1994 et serait de deux en 2006 (niveau le plus faible du monde arabe). Ainsi, l’accroissement annuel est réduit à 1,08[39]. Mais la Tunisie est aussi un pays qui connaît un taux important d’émigration : le nombre de Tunisiens résidant à l’étranger est évalué à 885 000 personnes. 83 % d’entre eux résident en Europe dont 511 000 en France.

[modifier] Culture

Icône de détail Article détaillé : Culture de la Tunisie.

La culture de la Tunisie se diversifie par un héritage de quelques 3 000 ans d’histoire et une position géographique en plein bassin méditerranéen, berceau des civilisations les plus prestigieuses et des principales religions monothéistes. La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture reflète les traces des cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays.

[modifier] Religion

Icône de détail Article détaillé : Religion en Tunisie.

L’islam est la religion principale et officielle de la Tunisie[40] avec un taux qui avoisine les 98 % de la population. 85 % des musulmans tunisiens sont sunnites de rite malékite, le reste étant hanafite[41] et ibadites. Le christianisme et le judaïsme sont très minoritaires en Tunisie mais le pays se caractérise par sa tolérance et son ouverture aux autres cultures qui ont fait son identité.

La constitution tunisienne prévoit ainsi l’exercice libre de la foi tant qu’elle ne porte pas atteinte à l’ordre public[40]. Le gouvernement respecte généralement ce droit. Cependant, il ne permet pas l’établissement de partis politiques basés sur la religion, interdit le prosélytisme, la polygamie[42], et limite le port du hijab (notamment dans les administrations et les écoles publiques)[40]. Les fêtes religieuses musulmanes (Aïd el-Kebir, Aïd el-Fitr, Mawlid, etc.) sont considérées comme des jours fériés.

Les Tunisiens conservent par ailleurs quelques croyances d’origine païenne comme le mauvais œil. Par ailleurs, le pays est parsemé de petites constructions blanches appelées marabouts. Ce sont les tombeaux de sages qui sont censés avoir un certain privilège dans l’au-delà leur permettant d’étre un lien entre l’homme et Dieu. Aujourd’hui, il existe encore des Tunisiens qui continuent à les prier et à leur demander d’intercéder pour eux auprès d’Allah et de faire accepter leur demande. Ces pratiques sont toutefois dénoncées par le sunnisme comme forme d’association religieuse.

[modifier] Langues

Icône de détail Articles détaillés : Tunisien et Français.

La Tunisie est l’État du Maghreb le plus homogène sur le plan linguistique[43] car la quasi-totalité de la population parle le tunisien et l’arabe littéral qui est la langue officielle du pays. Le tunisien est en fait un dialecte — ou plus exactement un ensemble de dialectes[44] — dérivé de l’arabe littéral. Le tunisien est un arabe qui est surtout parlé dans le cadre d’un dialogue quotidien au sein de la famille puisqu’il n’existe aucun organisme officiel qui normalise les divers dialectes[45].

Durant le protectorat français en Tunisie, le français s’impose à travers les institutions, particulièrement l’éducation, qui deviennent un fort vecteur de diffusion. À partir de l’indépendance, le pays se dirige progressivement vers l’arabisation de l’éducation et des services avec toutes les difficultés occasionnées par ce type de processus. L’administration reste toutefois massivement bilingue[43]. De plus, même si les cours sont totalement en arabe à la maternelle ainsi qu’aux trois premières années du primaire (premier cycle), par la suite, au second cycle du primaire et au secondaire, l’enseignement se fait moitié en arabe et moitié en français[43].

[modifier] Médias

Icône de détail Article détaillé : Presse en Tunisie.

Le paysage audiovisuel tunisien se compose de deux chaînes de télévision publiques (Tunisie 7 et Tunisie 21) ainsi que de deux chaînes de télévision privées (Hannibal TV et Nessma) nées du processus d’ouverture au secteur privé initié en 2003. Il existe également quatre stations de radio nationales (Radio Tunis, Radio Culturelle, Radio Jeunes et RTCI) et cinq régionales de même que trois radios privées (Mosaïque FM, Jawhara FM et Zitouna FM).

La presse écrite compte en 2007 quelques 245 quotidiens et revues en grande partie (90%) détenus par des groupes privés et des indépendants. La liberté de la presse est garantie par la constitution même si la quasi-totalité des journaux suit la ligne gouvernementale et rapporte sans approche critique les activités du président de la République, du gouvernement et du Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir) au travers des dépêches de l’agence Tunis Afrique Presse.

[modifier] Éducation

La première institution scolaire moderne de Tunisie est le Collège Sadiki fondé en 1875 par le grand vizir Kheireddine Pacha afin de former les jeunes Tunisiens aux carrières libérales et administratives[46]. En 1956, au lendemain de l’indépendance de la France, commence une politique de réforme de l’éducation qui se caractérise par l’unification, la nationalisation et l’arabisation du système d’enseignement[47].

En 2001, 19,9 % du budget national est consacré à l’éducation nationale. L’enseignement de base est gratuit et obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans. En 2005, le taux d’alphabétisation est de 76,2 % et le taux de scolarisation des enfants de 12 à 17 ans, égal pour les garçons et les filles, est de 66 %[41]. L’enseignement supérieur concerne alors 27 % de la classe d’âge concernée[41].

La Tunisie compte douze universités : cinq à Tunis, une à Sousse, une à Sfax, une à Kairouan, une à Gabès, une à Gafsa, une à Monastir et une à Jendouba. Elle compte aussi 178 établissements d’enseignement supérieur dont 24 instituts supérieurs d’études technologiques (ISET) et six instituts supérieurs de formation des maîtres (ISFM).

[modifier] Arts

Les productions tunisiennes restent rares et confidentielles même si certaines rencontrent un certain succès hors de Tunisie. Parmi les plus connues, on peut citer Un été à La Goulette (1996) de Férid Boughedir. Cette comédie fait un flash-back sur la petite communauté de La Goulette à une époque révolue où musulmans, juifs et chrétiens cohabitent dans la tolérance et la bonne humeur. Halfaouine, l’enfant des terrasses (1990) du même Boughedir a sans doute été le plus grand succès du cinéma tunisien. Il met en scène un enfant dans le Tunis des années 1960. Nouri Bouzid porte quant à lui sur la réalité tunisienne un regard sans complaisance. Dans L’Homme de cendres (1986), il traite de la pédophilie, de la prostitution et des relations entre les communautés musulmane et juive. Dans Bezness (1991), c’est le tourisme sexuel qui se trouve dans sa ligne de mire. En 2007, le paysage cinématographique tunisien voit la sortie de plusieurs films recevant un certain succès auprès du public tel que Making off de Bouzid ou VHS Kahloucha de Nejib Belkadhi.

La musique tunisienne est le résultat d’un métissage culturel. Principalement influencée par les cultures arabo-andalouse, arabe et occidentale, elle est relativement diversifiée. Son courant musical classique et le plus réputé est le malouf. Toutefois, les chants traditionnels continuent de rencontrer un certain succès. Côté instruments, les régions urbaines et rurales se différencient quelque peu. En milieu urbain, ce sont les instruments à cordes (rebec, oud et qanûn) et les percussions (darbouka) qui dominent alors que, en milieu rural, le chant bédouin, en plus des percussions, est accompagné d’instruments à vent comme le mezoued et la gasba.

Parmi les grands chanteurs tunisiens, on peut citer Saliha, Khemaïs Tarnane, Raoul Journo, Ali Riahi, Hédi Jouini, Sadok Thraya, Mohamed Jamoussi ou encore Habiba Msika. Chez les musiciens, on peut également citer Anouar Brahem, Dhafer Youssef, Fawzi Chekili ou encore Lotfi Bouchnak. Dans le même temps, une majorité de la population est attirée par des musiques d’origine arabe (égyptienne, libanaise ou encore syrienne). La musique occidentale actuelle remporte également un succès important avec l’émergence de nombreux groupes et de festivals de rock, de hip-hop, de reggae et de jazz.

Aly Ben Ayed, l’une des figures du théâtre tunisien
Aly Ben Ayed, l’une des figures du théâtre tunisien

Le théâtre tunisien s’est surtout développé entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle durant le protectorat français[48]. Certains théâtres construits à l’époque en bois ont vu leurs locaux détruits par des incendies alors que d’autres ont tout simplement changé de fonction[48]. Un seul a survécu en gardant ainsi son utilité première : le Théâtre municipal de Tunis[48]. En 1988, Mohamed Driss, nommé à la tête du théâtre national tunisien (TNT) rénove une salle de cinéma laissée à l’abandon, Le Paris, située au cœur de Tunis[49]. Ouverte en 1996, elle alterne entre cycles de représentations théâtrales du TNT et spectacles de ballet, de cirque et de chant[49]. Dans le théâtre tunisien actuel, les spectacles dits de boulevard sont restreints au profit d’un genre de spectacle plus sophistiqué[50].

La naissance d’une peinture tunisienne contemporaine est fortement liée à l’École de Tunis mise en place par un groupe d’artistes de Tunisie unis par la volonté d’incorporer des thèmes proprement tunisiens et rejetant l’influence orientaliste de la peinture coloniale. Après l’indépendance en 1956, le mouvement pictural tunisien entre dans une dynamique d’édification nationale, des artistes se mettant au service de l’État. Un ministère de la culture est fondé et, sous l’impulsion de ministres tels que Habib Boularès, une politique volontariste est mise en place, ce qui ne manque pas d’interroger la relation entre l’artiste et le pouvoir. Des artistes ont ainsi pu accéder à une reconnaissance internationale tels que Hatem El Mekki ou Zoubeir Turki. Par ailleurs, la Tunisie a marqué de nombreux peintres européens. Ainsi, Alexandre Roubtzoff est souvent considéré comme le « peintre de la Tunisie ». Paul Klee et August Macke visitent également la Tunisie en 1914. Macke exécute une série d’aquarelles de style cubiste alors que Klee sera marqué par la lumière et les couleurs des paysages tunisiens.

La littérature tunisienne existe sous deux formes : en langue arabe et en langue française. La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante en volume comme en valeur que la littérature en langue française qui suit l’implantation du protectorat en 1881. Malgré la longue histoire de la littérature tunisienne, la production nationale reste pourtant maigre : environ 120 livres en arabe, tous genres confondus, ont vu le jour en 2000. Parmi les grands auteurs tunisiens, on peut citer Abou el Kacem Chebbi, Moncef Ghachem et Mahmoud Messaadi.

[modifier] Traditions

Icône de détail Articles détaillés : Artisanat tunisien et Proverbes tunisiens.
Poterie djerbienne
Poterie djerbienne

La Tunisie est réputée pour ses nombreux produits artisanaux dont les diverses régions du pays font leur spécificité. La poterie tunisienne est principalement issue de Guellala[51], ville à l’origine de la création d’autres centres potiers sur le littoral tunisien, notamment à Tunis, Nabeul, Moknine, etc. Mais si la poterie poreuse s’identifie à Guellala, celle émaillée (jaune, verte ou brune) est la marque de fabrique de Nabeul[52]. La ferronnerie remonte pour sa part à l’époque andalouse lorsque l’on décorait les portes cloutées, ornement devenu caractéristique du fer forgé tunisien. Bleues par tradition, destinées à embellir les maisons et à préserver l’intimité des habitants, ces grilles rappellent les moucharabiehs de la tradition arabo-andalouse, panneaux de bois sculpté qui permettaient aux femmes de regarder dans la rue sans être vues. La ville de Kairouan constitue quant à elle le centre national de production de tapis. La Tunisie possède enfin une riche tradition de mosaïques remontant à la période antique.

Le costume traditionnel est la tenue par excellence des mariages et autres cérémonies[53]. Au niveau national, c’est la jebba qui s’est imposée comme habit traditionnel[53]. Les babouches masculines sont en général de la couleur naturelle du cuir[54], celles des femmes étant dans leur majorité brodées de fils de soie, de coton, d’or et d’argent avec des motifs floraux ou des croissants[54].

Importé par les Andalous au XVIe siècle, le jasmin est devenu la fleur emblématique de la Tunisie. Dès la tombée de la nuit, les vendeurs confectionnent de petits bouquets et les vendent aux passants dans la rue ou aux automobilistes arrêtés aux carrefours. Par ailleurs, le jasmin fait l’objet d’un langage spécifique. Ainsi, un homme qui en porte à l’oreille gauche indique qu’il est célibataire. Par ailleurs, offrir du jasmin blanc est une preuve d’amour alors qu’offrir du jasmin d'hiver, sans odeur, est signe d’insolence[55].

[modifier] Gastronomie

Icône de détail Article détaillé : Cuisine tunisienne.
Pâtisseries tunisiennes
Pâtisseries tunisiennes

La cuisine tunisienne est essentiellement basée sur les légumes, la viande de mouton et de bœuf (et dans certaines régions celle du chameau), le poisson — surtout le long des côtes — et les pâtes.

Le plat le plus consommé reste sans doute les pâtes et en particulier les spaghettis et macaronis servis généralement avec de la sauce tomate et de l’harissa, même si le plat traditionnel reste le couscous. Le pain italien (pain blanc avec beaucoup de mie) est également un aliment apprécié de beaucoup de Tunisiens. Le sandwich au thon constitué d’une demi-baguette remplie de miettes de thon, d’harissa avec parfois des olives vertes, des câpres et des rondelles d’œufs durs, est vendus dans toutes les échoppes d’alimentation. Un autre plat fort réputé est le brik à l’œuf ou avec des garnitures à base de viande et de fromage.

La cuisine tunisienne se différencie quelque peu de ses voisines maghrébines. Le tajine tunisien, contrairement à la version marocaine, consiste en une sorte de terrine à base d’œuf, de viande, de pommes de terre et de persil. Le couscous, lui, se caractérise par une combinaison entre les légumes (pommes de terre, céleri, tomate, carottes, courge, etc.), la viande (surtout celle de l’agneau) ou le poisson et la semoule.

[modifier] Sport

Icône de détail Article détaillé : Sport en Tunisie.

Le sport national de la Tunisie est le football avec 27 733 licenciés contre 13 992 pour le taekwondo[56]. Mais d’autres sports sont également populaires comme la pétanque — la Tunisie a été championne du monde senior à plusieurs reprises — et le basket-ball (notamment dans les régions de Radès et Ezzahra au sud de la capitale, La Goulette, Nabeul, Monastir et Kairouan).

L’Espérance sportive de Tunis est le club de football le plus titré du championnat national avec vingt titres à son actif. Le Club africain est le premier club tunisien à avoir remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1992. L’Étoile sportive du Sahel est le premier club tunisien à remporter la Ligue des Champions de la CAF dans sa nouvelle édition le 9 novembre 2007. Le Club sportif sfaxien a aussi remporté des manifestations continentales et régionales. Le derby de la capitale entre le Club africain et l’Espérance sportive de Tunis reste l’évenement footballistique phare de l’année en rassemblant à deux reprises par saison plus de 60 000 spectateurs et donnant lieu à un show (dakhla en tunisien) de la part des supporters des deux équipes.

Mohammed Gammoudi s’illustre en athlétisme, ce qui lui permet de remporter quatre médailles aux Jeux Olympiques, ce qui en fait le sportif tunisien le plus médaillé de l’histoire[57]. La Tunisie a également vu naître des champions dans des sports individuels tels que Anis Lounifi (champion du monde de judo) ou encore Oussama Mellouli (champion du monde de natation).

La première édition de la Coupe du monde de football des moins de 20 ans est organisée en 1977 en Tunisie[58] tout comme les phases finales des coupe d’Afrique des nations 1965[59], 1994[60] et 2004[61] que la sélection tunisienne remporte pour la première fois.

En ce qui concerne les autres sports, la Tunisie a remporté sept championnats d’Afrique de handball masculin, huit championnats d’Afrique de volley-ball masculin et la compétition de basket-ball des Jeux panafricains de 1973.

[modifier] Codes

La Tunisie a pour codes :

[modifier] Notes et références

  1. (fr) Population par gouvernorat (Institut national de la statistique)
  2. Les chiffres ne sont pas convergents : la superficie officielle donnée par l’État tunisien est de 162 155 km² alors que celle mentionnée est la plus fréquemment lue notamment dans les travaux de géographie.
  3. (fr) Résultats du recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
  4. M. Gruet, « Le gisement d’El Guettar suivi d’une notice sur la faune de R. Vaufrey », Karthago, 1954, tome V, pp. 1-79
  5. J. Chavaillon, « El Guettar. Tunisie », Dictionnaire de la Préhistoire, sous la dir. de A. Leroi-Gourhan, PUF, Paris, 1988, p. 354
  6. Lieutenant-colonel Delartigue, Monographie de l’Aurès, Constantine, 1904
  7. Le kharidjisme est une pratique puritaine de l’islam selon laquelle les califes devaient être choisis sans distinction de race et de tribu en raison de l’égalité de tous les hommes. Il condamnait donc les privilèges de l’aristocratie quraychite accentués sous le règne de la dynastie des Omeyyades.
  8. (ar) Texte de la déclaration d’indépendance
  9. (fr) Discours de Jéricho (Le Monde diplomatique)
  10. André Wilmots, De Bourguiba à Ben Ali. L’étonnant parcours économique de la Tunisie (1960-2000), éd. L’Harmattan, Paris, 2003, pp. 11-12
  11. abcd Christian Morrisson et Béchir Talbi, La croissance de l’économie tunisienne en longue période, éd. OCDE, Paris, 1996
  12. ab Emma Murphy, Economic and political change in Tunisia. From Bourguiba to Ben Ali. éd. Macmillan Press, Londres, 1999
  13. André Wilmots, op. cit., p. 94
  14. André Wilmots, op. cit., p. 103
  15. André Wilmots, op. cit., p. 53
  16. Michel Camau et Vincent Geisser, Le syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, éd. Presses de Sciences Po, Paris, 2003
  17. (fr) Bilan global des privatisations (Privatisation en Tunisie)
  18. (fr) Chloé Hoorman, « Le grand bain de la mondialisation », L’Express, 10 janvier 2005
  19. (fr) Les défis de la Tunisie (PNUD)
  20. (fr) Nadia Hachimi Alaoui, « En Tunisie, le malaise de la génération Ben Ali », Libération, 28 avril 2008
  21. Samir Gharbi, « Un mariage de raison », Jeune Afrique, 23 mars 2008, p. 74
  22. Abdelaziz Barrouhi, « Pour 500 millions de consommateurs de plus », Jeune Afrique, 23 mars 2008, pp. 56-58
  23. (en) Statistiques économiques de la Tunisie (CIA World Factbook)
  24. (fr) Commerce extérieur (Banque centrale de Tunisie)
  25. (fr) La Tunisie : 2e exportateur et 4e producteur d’huile d’olive (Audinet Tunisie)
  26. (fr) Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004
  27. (fr) Chloé Hoorman, « Le grand bain de la mondialisation », L’Express, 10 janvier 2005
  28. (fr) Magasin Général : En attendant la privatisation... (Audinet Tunisie)
  29. abc (fr) Organisation des canaux de distribution (La Poste Export Solutions)
  30. (fr) Statistiques ferroviaires (SNCFT)
  31. (fr) Internet : 1,4 million d’utilisateurs (Webmanagercenter)
  32. ab (fr) Télécom et Internet en Tunisie (Medibtikar)
  33. ab (en) Population de la Tunisie (CIA World Factbook)
  34. (en) Répartition de la population mondiale en 2005 (ONU)
  35. A. Hajjej, H. Kâabi, M. H. Sellami, A. Dridi, A. Jeridi, W. El Borgi, G. Cherif, A. Elgaâïed, W. Y. Almawi, K. Boukef et S. Hmida, « The contribution of HLA class I and II alleles and haplotypes to the investigation of the evolutionary history of Tunisians », Tissue Antigens, vol. 68, n°2, août 2006, pp. 153–162
  36. (en) Cassandra Franklin-Barbajosa, « In the Wake of the Phoenicians. DNA study reveals a Phoenician-Maltese link », National Geographic, octobre 2004
  37. Selon Gabriel Camps (Les Berbères. Mémoire et identité, éd. Errance, Paris, 1995, p. 102), « en renforçant par leur présence la part de population nomade, les Arabes arrivés au Xe siècle ont été d’un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur le plan culturel et socio-économique. »
  38. (fr) Marc Côte, « Les montagnes du Maghreb. Un cas de déterminisme géographique ? », Cafés géographiques, 15 novembre 2001
  39. (fr) Indicateurs macro-économiques (Observatoire méditerranéen)
  40. abc (en) Rapport 2007 du Département d’État américain sur la liberté religieuse en Tunisie
  41. abc (fr) Article sur la Tunisie (Encarta)
  42. Carmelle Camilleri, « Famille et modernité en Tunisie », Revue tunisienne de sciences sociales, n°11, 1967
  43. abc (fr) Aménagement linguistique en Tunisie (Université de Laval)
  44. « Travaux de phonologie. Parlers de Djemmal, Gabès, Mahdia (Tunisie) et Tréviso (Italie) », Cahiers du CERES, Tunis, 1969
  45. (fr) Juliette Garmadi-Le Cloirec, « Remarques sur la syntaxe du français de Tunisie », Langue française, vol. 35, 1977, p. 86
  46. (fr) [pdf] Rafik Saïd, La Politique culturelle en Tunisie, éd. Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Paris, 1970, p. 17
  47. Rafik Saïd, op. cit., p. 18
  48. abc (fr) Culture tunisienne, « Théâtre municipal de Tunis », Saisons tunisiennes
  49. ab (fr) Culture tunisienne, « Quatrième art », Saisons tunisiennes
  50. Rafik Saïd, op. cit., p. 47
  51. (fr) Article sur Guellala (Encarta)
  52. (fr) Céramique et poterie (Portail national de l’artisanat tunisien)
  53. ab (fr) Costume traditionnel (Portail national de l’artisanat tunisien)
  54. ab (fr) Cuir et maroquinerie (Portail national de l’artisanat tunisien)
  55. (fr) Jasmin d’hiver (Au jardin)
  56. (fr) Statistiques du sport en Tunisie (Ministère de la jeunesse, des sports et de l’éducation physique)
  57. (en) Mohamed Gammoudi sur le site des héros de l’athlétisme
  58. (fr) Coupe du monde de football des moins de 20 ans 1977 (Fédération internationale de football association)
  59. (en) Coupe d'Afrique des nations de football 1965 (Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation)
  60. (en) Coupe d'Afrique des nations de football 1994 (Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation)
  61. (en) Coupe d'Afrique des nations de football 2004 (Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation)

[modifier] Voir aussi

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