Charles Baudelaire – Conseils aux jeunes littérateurs

Les préceptes qu’on va lire sont le fruit de l’expérience ; l’expérience implique une certaine somme de bévues ; chacun les ayant commises, – toutes ou peu s’en faut, – j’espère que mon expérience sera vérifiée par celle de chacun.

Lesdits préceptes n’ont donc pas d’autre prétention que celle des vade mecum, d’autre utilité que celle de la civilité puérile et honnête. – Utilité énorme ! Supposez le code de la civilité (altro…)

Charles Baudelaire – Choix de Maximes consolantes sur l’amour

Quiconque écrit des maximes aime charger son caractère ; – les jeunes se griment, – les vieux s’adonisent.

Le monde, ce vaste système de contradiction, – ayant toute caducité en grande estime, – vite, charbonnons-nous des rides ; – le sentiment étant généralement bien porté, enrubannons notre coeur comme un frontispice.

À quoi bon ? – Si vous n’êtes des hommes vrais, soyez de vrais animaux. Soyez naïfs, et vous serez nécessairement utiles (altro…)

Charles Baudelaire – Madame Bovary par Flaubert

IEn matière de critique, la situation de l’écrivain qui vient après tout le monde, de l’écrivain retardataire, comporte des avantages que n’avait pas l’écrivain prophète, celui qui annonce le succès, qui le commande, pour ainsi dire, avec l’autorité de l’audace et du dévouement.

M. Gustave Flaubert n’a plus besoin du dévouement, s’il est vrai qu’il en eut jamais besoin. Des artistes nombreux, et quelques-uns des plus fins et des plus accrédités, ont (altro…)

Charles Baudelaire – Morale du joujou

Il y a bien des années, – combien ? je n’en sais rien ; cela remonte aux temps nébuleux de la première enfance, – je fus emmené par ma mère, en visite chez une dame Panckoucke. Était-ce la mère, la femme, la belle-soeur du Panckoucke actuel ? Je l’ignore. Je me souviens que c’était dans un hôtel très calme, un de ces hôtels où l’herbe verdit les coins de la cour, (altro…)

Louise Colet – Yolande

Il est des femmes qui pensent tard, la pensée n’est éveillée en elles que par le sentiment ; elles ne manquent pas d’esprit, mais leur esprit vient du coeur ; avant d’avoir aimé elles n’ont que des idées vagues, leurs désirs sont sans volonté ; l’amour, la passion peut seule leur faire comprendre qu’elles ont un libre arbitre.

Telle était Yolande de Rocmartine, une des plus nobles jeunes filles de la Provence, (altro…)

Catulle Mendès – Madame de Ruremonde

DE toutes les flirteuses qui, dans les salons de Paris, de Pétersbourg et de Londres, abandonnent longtemps leur main, avec un frémissement bien imité, entre les doigts de quelque bon jeune homme ébahi, ou, renversées dans un fauteuil, croisent les jambes sous la jupe étroite qui s’applique et se renfle, ou bien, penchées, au dessert, vers leur voisin de table, avec l’air d’écouter une confidence, lui placent sous les yeux, sous (altro…)

Catulle Mendès – Don Juan au Paradis

I

QUAND il comparut, – après les formalités, très simplifiées pour lui, de l’agonie et de la mort, – devant le Juge qui, choisissant le bon grain de l’ivraie, ouvre aux élus les portes paradisiaques et précipite les damnés à l’éternelle géhenne, Don Juan, selon qu’il est écrit dans le livre de Charles Baudelaire, ne daigna point se montrer ému ; et même, jeune toujours, et si beau, ses lèvres gardaient le (altro…)

Catulle Mendès – La Voix de jadis

C’ÉTAIT dans le sous-sol d’une de ces sales brasseries où la police tolère que l’on boive encore après que tous les cafés et tous les débits de vin sont fermés. A des tables de bois, sous la poussière jaune du gaz, s’accoudaient les lassitudes saoûles des rôdeuses nocturnes qui avaient fini leur besogne et de quelques hommes qui les avaient attendues tout le soir ; elles, fardées, eux, très blêmes et (altro…)

Catulle Mendès – La nouvelle marriée

MONSIEUR, dit la nouvelle mariée, avant que vous preniez place à côté de moi dans ce lit où la loi vous confère le droit d’entrer mais d’où le sentiment de vos intérêts bien entendus devrait vous éloigner à jamais, je me dois à moi-même de vous adresser quelques paroles qui ne seront pas sans influence, peut-être, sur la nature de notre intimité prochaine.

— Hein? dit le marié.

Et, plein de stupéfaction, les (altro…)

Edmondo De Amicis – Il tamburino sardo

Nella prima giornata della battaglia di Custoza, il 24 luglio del 1848, una sessantina di soldati d’un reggimento di fanteria del nostro esercito, mandati sopra un’altura a occupare una casa solitaria, si trovarono improvvisamente assaliti da due compagnie di soldati austriaci, che tempestandoli di fucilate da varie parti, appena diedero loro il tempo di rifugiarsi nella casa e di sbarrare precipitosamente le porte, dopo aver lasciato alcuni morti e feriti pei (altro…)

Edmondo De Amicis – Il piccolo scrivano fiorentino

Faceva la quarta elementare. Era un grazioso fiorentino di dodici anni, nero di capelli e bianco di viso, figliuolo maggiore d’un impiegato delle strade ferrate, il quale, avendo molta famiglia e poco stipendio, viveva nelle strettezze. Suo padre lo amava ed era assai buono e indulgente con lui: indulgente in tutto fuorché in quello che toccava la scuola: in questo pretendeva molto e si mostrava severo perché il figliuolo doveva mettersi (altro…)

Edmondo De Amicis – La piccola vedetta lombarda

Nel 1859, durante la guerra per la liberazione della Lombardia, pochi giorni dopo la battaglia di Solferino e San Martino, vinta dai Francesi e dagli Italiani contro gli Austriaci, in una bella mattinata del mese di giugno, un piccolo drappello di cavalleggieri di Saluzzo andava di lento passo, per un sentiero solitario, verso il nemico, esplorando attentamente la campagna. Guidavano il drappello un ufficiale e un sergente, e tutti guardavano lontano, (altro…)

Edmondo De Amicis – Il piccolo patriotta padovano

Non sarò un soldato codardo, no; ma ci andrei molto più volentieri alla scuola, se il maestro ci facesse ogni giorno un racconto come quello di questa mattina. Ogni mese, disse, ce ne farà uno, ce lo darà scritto, e sarà sempre il racconto d’un atto bello e vero, compiuto da un ragazzo. Il piccolo patriotta padovano s’intitola questo. Ecco il fatto. Un piroscafo francese partì da Barcellona, città della Spagna, (altro…)

William Shakespeare – When forty winters shall besiege thy brow

When forty winters shall besiege thy brow,
And dig deep trenches in thy beauty’s field,
Thy youth’s proud livery so gazed on now,
Will be a tattered weed of small worth held:
Then being asked, where all thy beauty lies,
Where all the treasure of thy lusty days;
To say within thine own deep sunken eyes,
Were an all-eating shame, and thriftless praise.
How much more praise deserved thy beauty’s use,
If thou couldst answer ‘This fair child of mine
Shall (altro…)

William Shakespeare – From fairest creatures we desire increase

From fairest creatures we desire increase,
That thereby beauty’s rose might never die,
But as the riper should by time decease,
His tender heir might bear his memory:
But thou contracted to thine own bright eyes,
Feed’st thy light’s flame with self-substantial fuel,
Making a famine where abundance lies,
Thy self thy foe, to thy sweet self too cruel:
Thou that art now the world’s fresh ornament,
And only herald to the gaudy spring,
Within thine own bud buriest thy content,
And (altro…)

Rubén Darío – A Colón

¡Desgraciado Almirante! Tu pobre América,
tu india virgen y hermosa de sangre cálida,
la perla de tus sueños, es una histérica
de convulsivos nervios y frente pálida.

Un desastroso espirítu posee tu tierra:
donde la tribu unida blandió sus mazas,
hoy se enciende entre hermanos perpetua guerra,
se hieren y destrozan las mismas razas.

Al ídolo de piedra reemplaza ahora
el ídolo de carne que se entroniza,
y cada día alumbra la blanca aurora
en los campos fraternos sangre y ceniza.

Desdeñando a (altro…)

Rubén Darío – A Amado Nervo

La tortuga de oro camina por la alfombra
y traza por la alfombra un misterioso estigma;
sobre su carapacho hay grabado un enigma
y círculo enigmático se dibuja en su sombra.

Esos signos nos dicen al Dios que no se nombra
y ponen en nosotros su autoritario estigma:
ese círculo encierra la clave del enigma
que a Minotauro mata y a la Medusa asombra.

Ramo de sueños, mazo de ideas florecidas
en explosión (altro…)

Miguel de Unamuno – Castilla

Tú me levantas, tierra de Castilla,
en la rugosa palma de tu mano,
al cielo que te enciende y te refresca,
al cielo, tu amo,

Tierra nervuda, enjuta, despejada,
madre de corazones y de brazos,
toma el presente en ti viejos colores
del noble antaño.

Con la pradera cóncava del cielo
lindan en torno tus desnudos campos,
tiene en ti cuna el sol y en ti sepulcro
y en ti santuario.

Es todo cima tu extensión redonda
y en ti me siento al cielo (altro…)

Miguel de Unamuno – A mi buitre

Este buitre voraz de ceño torvo
que me devora las entrañas fiero
y es mi único constante compañero
labra mis penas con su pico corvo.

El día en que le toque el postrer sorbo
apurar de mi negra sangre, quiero
que me dejéis con él solo y señero
un momento, sin nadie como estorbo.

Pues quiero, triunfo haciendo mi agonía
mientras él mi último despojo traga,
sorprender en sus ojos la sombría

mirada al ver la suerte que le amaga
sin esta presa (altro…)

We are not Charlie and we will never be.